Home Sweet Home

Home Sweet Home

« Ça va, tu arrives encore à te sentir chez toi ici ? ». C’est l’une des premières choses que m’a dit ma Maman quand je suis rentrée en France pour l’été. Si sur le coup ma réponse a été un « oui ! » enthousiaste, quelques semaines après, le ressenti était différent. Il ne s’est pas passé grand chose en réalité, mais en faisant du tri dans ma chambre, la même depuis que je suis bébé, je me suis débarrassée de tout ce qui faisait mon passé en France. J’ai jeté des cartons entiers d’affaires personnelles, accumulées au fil des ans. Souvenirs, trucs inutiles mais qui « pourraient toujours servir un jour », présents divers. Je n’ai même pas fait attention à tout ce dont je me suis débarrassée. Mon armoire s’est littéralement vidée et j’ai pu en voir le fond – j’avais oublié à quel point le papier peint d’origine était moche démodé. Cette armoire ne contient désormais que mes affaires de judo, des chemises de papiers administratifs, une boîte de photos et quelques fringues.

C’est quand même bizarre, puisque avant que je parte en Angleterre, je ne vivais même plus chez mes parents. J’avais déjà un appartement bien à moi, avec mes meubles, mes habitudes, mes trucs à moi. Je ne sais pas si c’est d’avoir eu 25 ans, mais mes humeurs varient entre tristesse d’avoir quitté ce cocon familial et joie de retrouver mon chez-moi anglais. J’imagine que tout expatrié a un jour l’impression de n’appartenir à aucune culture, à aucun pays. En faisant ce tri dans, j’ai eu l’impression d’avoir définitivement tiré un trait sur ma vie dans cette maison familiale, et par extension, dans ce pays. J’ai presque envie de dire, dans cette vie. En plus de tout ça, j’ai repeint le plafond et les meubles attendent que je m’y mette. Le changement matériel est radical.

Après mûres réflexions, j’ai décidé que le choix était mien. Soit je mettais tout à la poubelle, souvenirs et sentiments en vrac, soit je me ré-appropriais cette pièce pour qu’elle ressemble à celle que je suis aujourd’hui. J’ai acheté de jolies boîtes pour trier et ranger les quelques trucs non jetables (comme cette collection monumentale de trucs liés à Tokio Hotel que je ne peux me résoudre à jeter..), j’ai fixé de nombreuses cartes postales avec du joli masking tape sur mon armoire et j’ai monté une nouvelle étagère pour y ranger mes (trop) nombreux livres. Le résultat a été immédiat : tout de suite je me suis sentie mieux. Certes, je n’habite plus chez mes parents, ni même en France. Cependant, ma chambre d’enfant-ado de jeune-adulte est désormais à mon image. Pleine de livres et d’images de voyages. Alors oui, j’ai parfois du mal à me sentir à ma place chez moi. Parce que je suis sujette à quelques angoisses existentielles. Cependant, tout au fond de moi je sais que cette maison familiale sera toujours un endroit prêt à m’accueillir, et même si je jetais absolument chaque chose de cette chambre que j’ai du mal à laisser tomber, rien ne me ferait oublier les éclats de rire prisonniers de ces murs ou les souvenirs partagés avec ma famille. Et ces choses immatérielles sont bien plus importantes qu’une boîte de souvenirs poussiéreux

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