Être expat pendant le Covid-19 : des blogueurs témoignent (Partie II)

par Ophélie G.
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Être expat pendant le Covid-19 : des blogueurs témoignent (Partie II)

Hier, je vous ai proposé six témoignages de Francophones installés aux quatre coins du globe, pour en savoir davantage sur comment c’est d’être expat pendant le Covid-19. Aujourd’hui, je continue dans ma lancée et je vous propose six nouveaux témoignages. Fany, Patrick, Céline, Emilie, Jennifer et Perrine nous invitent dans leur quotidien pendant cette période du Covid-19 au Afrique du Sud . C’est parti !

Être expat pendant le Covid-19 : des blogueurs témoignent (Partie II)

Au sommaire de cette seconde partie

Pour rappel, les témoignages ont été recueillis la semaine dernière – certaines choses ont probablement changé depuis !

👉 Si vous avez manqué les six premiers témoignages, c’est par ici !

Fany à Cape Town, en Afrique du Sud

1 Une petite présentation s’impose : où habites-tu (ville et pays) et depuis combien de temps y es-tu installée ? Vis-tu seule ?

Je vis en Afrique du Sud, et plus précisément dans la belle ville de Cape Town, célèbre pour abriter la Table Mountain (et le cap de Bonne Espérance un peu plus loin).

Je m’y suis installée avec mon copain, lui-même sud-africain, il y a environ 6 mois après avoir dû quitter notre vie en Thaïlande.

2. Comment le Covid-19 a-t-il bouleversé ton quotidien ?

La Covid-19 a bouleversé notre vie sur de nombreux aspects, et contrairement à beaucoup de personnes, ces changements ont été dans l’ensemble plutôt positifs (on touche du bois).

Tout d’abord sur le plan professionnel. Je suis consultante en voyages de luxe. Quand le virus a percé en Europe, les demandes d’annulation sont arrivées par dizaines et mon quotidien a radicalement changé. A la différence de la plupart des agences de voyages, nous sommes payés au conseil et non à la commission, ce qui a sauvé mon poste et celui de mes collègues (et mon permis de travail par la même occasion). Une grande partie des agents de voyage ou du personnel de l’hôtellerie-restauration n’ont pas eu autant de chance.

De plus, avant la pandémie, j’aimais mon travail, mais je n’ai jamais aimé travailler en open-space. J’ai toujours su que je travaille bien mieux de chez moi au calme. Du coup, la Covid-19 m’a permis de réaliser ce rêve de toujours. Grâce à ça, mon niveau de stress a baissé et mes capacités de concentration se sont multipliées. Ce n’est pas le cas de tous mes collègues, dont certains comptent les jours pour retourner travailler entourés de tout le monde. J’espère que cette crise permettra aux entreprises de considérer le télétravail plus souvent en fonction du profil des employés et du type de poste.

Outre l’aspect professionnel, la Covid-19 fût l’occasion d’arrêter de fumer et de reprendre le sport après un été plutôt festif. On a donc pris cette pandémie comme une opportunité pour atteindre nos objectifs personnels plutôt que comme une contrainte nous empêchant de sortir.

On est bien conscients qu’on fait partie des plus chanceux dans cette histoire. Certes, mon partenaire n’a plus de revenus, mais à part ça, tout a tourné en notre faveur alors que des milliers de personnes ne savent pas comment ils vont nourrir leur famille le mois prochain ou se retrouvent seul chez eux sans contact humain. Au moins, on est ensemble et le frigo est plein.

3. As-tu envisagé un rapatriement ? Pourquoi (pas) ?

J’avoue que si j’avais été seule, je me serais sûrement déjà renseignée sur les possibilités de rapatriement, juste au cas où les choses tournent mal. Mais comme je me suis installée dans ce pays par amour, la question ne se pose pas.

Nous comptions nous marier dans les mois à venir. Pour le moment, notre relation n’a aucune valeur aux yeux de la loi. Je n’ai donc aucun moyen de le faire rapatrier en France avec moi en cas de crise. Du coup, c’est décidé. Il n’y aura pas de retour en France quoi qu’il arrive.

4. Quelles sont les mesures prises par le gouvernement à l’heure actuelle ? Sont-elles appliquées par les locaux ?

Dès le 15 mars, alors que l’Afrique du Sud n’avait qu’une cinquantaine de personnes testés positives à la Covid-19, le président a déclaré l’état d’urgence en fermant les frontières, en interdisant les regroupements de plus de 100 personnes et en conseillant aux gens de rester chez eux autant que possible.

Puis quand les chiffres ont commencé à gonfler malgré tout jusqu’à dépasser les 400 cas, le président a annoncé un confinement strict de 21 jours du 26 mars au 16 avril.

Ce confinement est plus strict qu’en France. Nous n’avons le droit de sortir que pour aller dans le supermarché ou la pharmacie la plus proche. Interdiction de sortir pour courir, promener son chien ou faire prendre l’air à ses enfants.

De plus, la vente d’alcool et de cigarettes a été interdite. C’est cette dernière mesure qui a créé la panique chez beaucoup de gens, créant des files d’attente à n’en plus finir devant les magasins d’alcool avant le confinement.

Entre temps, le 13 avril, nous sommes passé à plus de 2150 personnes testées positives avec 25 décès. Le confinement a donc été étendu jusqu’à fin avril (aux dernières nouvelles).

5. Comment ça se passe pour le ravitaillement ? Vas-tu faire tes courses dans les supermarchés ou les fais-tu en ligne ? Y a-t-il des produits en rupture de stock ?

Sans grande surprise, les pâtes, le gel hydroalcoolique et le papier toilette sont partis en premier après l’annonce du président. Ce qui a aussi eu un grand succès est l’alcool, vendu uniquement dans des magasins spécialisés. Je me rappelle avoir fait des courses la veille du confinement. Il y avait plus de 50 personnes faisant gentiment la queue devant le magasin d’alcool.

Depuis l’annonce de l’extension du confinement, bon nombre de personnes ont paniquées car elles n’avaient prévu que 3 semaines de stock de tabac et d’alcool. Du coup, un nouveau challenge s’est lancé sur les réseaux sociaux. Des personnes se filment en train de braquer des magasins d’alcool, puis les passants de tous âges se ruent et pillent le magasin jusqu’à la dernière goutte.

A titre personnel, on a la chance d’avoir un supermarché au rez-de-chaussée de notre immeuble, ce qui nous évite de sortir. On fait les courses une fois par semaine à tour de rôle en achetant toujours une conserve ou un paquet de riz en plus pour anticiper une éventuelle pénurie dans les prochaines semaines. Le rayon du pain de mie, de la farine ou des pâtes est parfois vide mais il est souvent ravitaillé.

Sinon, quelques producteurs locaux se sont organisés pour proposer la livraison à domicile de paniers de produits frais afin de pouvoir passer leur stock et continuer à payer leurs employés.

6. Est-ce que tu suis l’évolution de la situation dans le pays dans lequel tu vis ? Si oui, par quel biais ? Si non, pourquoi ?

Pendant le confinement, certaines chaines de télé sont devenues gratuites pour permettre à tout le monde d’accéder à l’information. Du coup, on s’est mis à regarder les infos à la télé tous les matins et tous les soirs en cuisinant le diner. On alterne entre les chaînes d’info nationales et les chaînes internationales (Al Jazeera, BBC et Euronews). Sinon, mon copain reçois des informations grâce à son réseau d’amis et moi grâce à mes collègues de travail via notre groupe WhatsApp.

7. Es-tu attentif à ce qu’il se passe dans ton pays natal ? Pourquoi (pas) ?

Oui. Je regarde rapidement les dernières infos en France sur Google Actualités chaque matin en buvant mon café. Twitter est aussi une source d’informations complémentaire. Je trouve ça important pour savoir ce qui se passe et qui pourrait affecter ma famille, mes amis, et aussi certains de mes clients qui vivent en France.

8. Quelle est la chose la plus drôle / folle dont tu aies entendu parler dans ton pays ? Par exemple, au Royaume-Uni, un facteur a décidé d’égayer le voisinage en apportant le courrier, chaque jour avec un costume différent !

Une collègue m’a raconté l’histoire de sa voisine, une dame de 70 ans qui s’est lancée dans la vente d’alcool au marché noir depuis l’interdiction de vente. Sa réputation a rapidement dépassé les frontières du quartier au point que la police a organisé une descente chez la dame en question en pensant trouver un dealeur armé. Manque de chance pour eux, la dame était de sortie pour acheter ses légumes. En revenant, la vieille dame a vu les fourgons garés devant chez elle et est montée dans la première voiture garée au bord de la route, puis elle a attendu patiemment que les policiers repartent avant de rentrer chez elle continuer son petit commerce.

Qui irait imaginer une dame âgée devenir la dealeuse du quartier, un peu comme dans le film Paulette ?

9. Quel(s) point(s) positif(s) vois-tu dans cette situation ? (i.e. prendre davantage de nouvelles de ses proches, trouver un nouveau hobby…)

A part le fait que j’ai enfin pu réaliser mon rêve de télétravail, arrêter de fumer et me remettre au sport (ce qui fait déjà pas mal de points positifs), cette pandémie m’aussi donné du temps.

Depuis que je ne sors plus le weekend, que les restaurants sont fermés et que je n’ai plus besoin d’affronter les embouteillages, je prends enfin le temps de faire toutes ces choses que je n’arrivais pas à faire avant (même si ce blocage n’était que dans ma tête).

Je passe maintenant plus de temps avec mon compagnon à cuisiner, lire, écrire, partager des moments avec mes proches en facetime ou juste à regarder par la fenêtre et apprécier « ne rien faire » de temps en temps. Et la bonne nouvelle dans tout ça, c’est que ça coûte bien moins cher !

10. Comment vas-tu passer ta toute première journée une fois que l’épidémie sera endiguée ?

Difficile à dire car l’hiver arrive ici (la neige et la tartiflette en moins). Je n’arrive pas vraiment à me projeter et à savoir quand et comment le confinement se terminera. Je fais partie de ces personnes qui voient le scénario catastrophe en pensant que cela va durer un ou deux ans.

Je pense quand même que quoi qu’il arrive, la première chose que je ferai sera d’aller marcher sur la plage pour écouter à nouveau le bruit des vagues et respirer l’air iodé.

Jennifer à Sligo, en République d’Irlande

1 Une petite présentation s’impose : où habites-tu (ville et pays) et depuis combien de temps y es-tu installée ? Vis-tu seule ?

J’habite à Sligo, au nord ouest de la république d’Irlande. Je vis seule dans un appartement depuis Janvier 2019.

2. Comment le Covid-19 a-t-il bouleversé ton quotidien ?

Je travaille depuis la maison ce qui est le côté « sympa » de la situation. Mais le fait de ne plus pouvoir sortir avec mes amis dans les pubs ça me manque. Le côté social me manque car je vis seule. Le fait également de ne pas pouvoir me balader et aller faire des randos alors que j’habite dans un pays nature c’est assez dur.

3. As-tu envisagé un rapatriement ? Pourquoi (pas) ?

Non car ma vie est en Irlande. Après j’avoue que ça ne m’aurais pas dérangée d’être bloquée en France chez mes parents car ils habitent à la campagne avec piscine. Je fais des apéros skype avec eux mais les voir sur la terrasse au soleil c’est un peu rageant. Mais bon j’aime trop l’Irlande pour revenir en France !

4. Quelles sont les mesures prises par le gouvernement à l’heure actuelle ? Sont-elles appliquées par les locaux ?

On a été mis en confinement bien plus tard que la France toutefois les commerçants & locaux ont joué le jeu de suite et se sont mis en confinement par eux-mêmes. Aujourd’hui tous les pubs et commerces sont fermés. Il n’y a que les pharmacies et supermarchés qui sont ouverts.

Pour les supermarchés, il y a un nombre limité pour rentrer à l’intérieur et une caisse sur deux est ouverte. Les irlandais sont très respectueux vis-à-vis des règles.

5. Comment ça se passe pour le ravitaillement ? Vas-tu faire tes courses dans les supermarchés ou les fais-tu en ligne ? Y a-t-il des produits en rupture de stock ?

Pour le moment je fais mes courses dans ma petite épicerie à côté de chez moi car il n’y a personne. C’est un peu plus cher que le supermarché mais il y a moins de risque. A la base j’aurais fait mes courses en lignes mais les spots pour se faire livrer sont pris sur tout le mois.

6. Est-ce que tu suis l’évolution de la situation dans le pays dans lequel tu vis ? Si oui, par quel biais ? Si non, pourquoi ?

Je suis l’évolution de mon pays sur Facebook sur le groupe « Français en Irlande », les actualités sont mise à jour régulièrement. Sinon sur le site du gouvernement.

7. Es-tu attentive à ce qu’il se passe dans ton pays natal ? Pourquoi (pas) ?

Je suis un minimum mais moins que dans le pays où je me trouve. Quand je fais Skype avec mes parents ils me font toujours un point donc je suis au courant de ce qu’il se passe.

8. Quelle est la chose la plus drôle / folle dont tu aies entendu parler dans ton pays ? Par exemple, au Royaume-Uni, un facteur a décidé d’égayer le voisinage en apportant le courrier, chaque jour avec un costume différent !

Pour le moment je n’ai rien vu car les gens restent confinés, les seules fois où je sors c’est pour aller faire mes courses et ma ville ressemble à une ville fantôme. Par contre j’aime bien regarder les vidéos qui sont faites en France ça me fait bien rire. J’avais bien aimé celle ou un gars chantent les Disney mais avec un texte sur le virus.

9. Quel(s) point(s) positif(s) vois-tu dans cette situation ? (i.e. prendre davantage de nouvelles de ses proches, trouver un nouveau hobby…)

Les points positifs sont : travailler depuis la maison, je peux faire ce que je veux. Rattraper mon retard dans les livres & séries. Et surtout je m’avance bien sur mon blog, ce que je n’ai pas forcément le temps de faire habituellement (remise à jour d’articles + écriture).

10. Comment vas-tu passer ta toute première journée une fois que l’épidémie sera endiguée ?

Road trip ! Me balader en Irlande, faire des randonnées et voyager !

Patrick à Ljubljana, à Slovénie

1 Une petite présentation s’impose : où habites-tu (ville et pays) et depuis combien de temps y es-tu installé ? Vis-tu seul ?

Je vis en Slovénie, à la campagne près de la frontière italienne (région paradoxalement la moins touchée du pays.. pour l’instant..). Je vivais en coloc à Ljubljana, mais je suis actuellement chez mes parents qui ont des soucis de santé (bien avant le covid… ce nouvel ‘ami’ n’arrange pas les choses !)

2. Comment le Covid-19 a-t-il bouleversé ton quotidien ?

Au niveau de mon travail (développeur web), cela ne change pas grand chose, pour mon blog cela m’empêche de sortir pour voir de nouvelles choses.. j’ai pas mal d’articles en brouillons, mais cette situation sape quand même la motivation…

3. As-tu envisagé un rapatriement ? Pourquoi (pas) ?

Non, le système de santé est très performant ici, et la situation est meilleure qu’en France.

4. Quelles sont les mesures prises par le gouvernement à l’heure actuelle ? Sont-elles appliquées par les locaux ?

Fermeture de tous les commerces hors alimentaire. Port du masque obligatoire dans les lieux accueillant du public. Interdiction de quitter sa ville sans motif valable. Et bien sûr fermeture des écoles, lycées, facs. Suspension de tous les transports en commun (train, bus, taxis très limités). Pas de confinement strict.

5. Comment ça se passe pour le ravitaillement ? Vas-tu faire tes courses dans les supermarchés ou les fais-tu en ligne ? Y a-t-il des produits en rupture de stock ?

Comment avant, je ne fais mes courses qu’une fois par semaine. A part la levure de boulangerie, je n’ai pas remarqué de rupture de stock sur les produits que j’achète régulièrement.

6. Est-ce que tu suis l’évolution de la situation dans le pays dans lequel tu vis ? Si oui, par quel biais ? Si non, pourquoi ?

Oui, je suis les infos régulièrement, plusieurs sites proposent des stats presque en temps réel.

7. Es-tu attentif à ce qu’il se passe dans ton pays natal ? Pourquoi (pas) ?

Oui bien sûr, surtout qu’une partie de ma famille habite dans l’Est de la France 🙁 (mais aucun cas pour l’instant heureusement 🙂 )

8. Quel(s) point(s) positif(s) vois-tu dans cette situation ? (i.e. prendre davantage de nouvelles de ses proches, trouver un nouveau hobby…)

Peut être que le monde se rendra compte qu’on marche sur la tête avec “ce monde”. Cette situation met aussi en valeur les métiers indispensables à notre société.

9. Comment vas-tu passer ta toute première journée une fois que l’épidémie sera endiguée ?

Une grande balade dans ma belle montagne. 🙂

Perrine à Vancouver, au Canada

1 Une petite présentation s’impose : où habites-tu (ville et pays) et depuis combien de temps y es-tu installée ? Vis-tu seule ?

Je suis Perrine, j’habite à Vancouver, dans l’ouest du Canada depuis 4 ans. Je suis arrivée seule mais j’ai un copain maintenant. Je vis avec lui en colocation avec d’autre canadiens et internationaux.

2. Comment le Covid-19 a-t-il bouleversé ton quotidien ?

J’ai été licenciée par mon employeur car je travaille dans le tourisme, dans un hébergement, et nos arrivées ont chuté depuis le mois de mars. Ceci est dû aux restrictions mises en place par le gouvernement canadien pour endiguer la pandémie. Nous avons donc dû fermer temporairement l’auberge de jeunesse. Pour le moment il s’agit d’un licenciement temporaire puisque sur notre lettre de licenciement nous avons une date de ré-évaluation/ré-embauche. Nous gardons aussi notre mutuelle santé du travail. Mais honnêtement je ne sais pas quand et dans quelles conditions nous serons ré-embauchés, dans le sens où nous ne savons pas combien de temps va durer cette pandémie.

3. As-tu envisagé un rapatriement ? Pourquoi (pas) ?

Oui car je savais que j’allais perdre mon emploi. J’aurai pu rentrer chez mes parents pour éviter de dépenser des sous dans un loyer. Mais ici j’ai accès au système de santé qui est avantageux, et j’ai droit au chômage. Enfin, la pandémie n’est pas très répandue dans l’ouest canadien. Nous sommes peu touchés donc je me sens en sécurité.

4. Quelles sont les mesures prises par le gouvernement à l’heure actuelle ? Sont-elles appliquées par les locaux ?

Alors ici nous ne sommes pas officiellement en confinement, mais nous devons respecter des règles de distances sociales : 2 mètres entre les gens, et je crois que ça a même augmenté (mais je ne suis plus trop car c’est difficile de se distancier vu la taille des trottoirs et des rayons de supermarchés).

Les réunions de plus de 10 personnes ne sont pas autorisées, sauf si nous vivons sous le même toit.

Les lieux publics sont tous fermés, saufs ceux nécessaires tels les hôpitaux et cabinets médicaux. En extérieur les parkings publics pour les randos, les parcs, les lacs et presque tous les lieux récréatifs sont fermés. Enfin, les commerces non essentiels sont maintenant obligatoirement fermés s’ils incluent un contact entre les humains facilitant la propagation du virus (restaurants, magasins, etc.). Seule la restauration à emporter est ouverte sous certaines conditions.

Les transports en communs sont gratuits sur Vancouver depuis fin mars, et on entre et sort par l’arrière des bus afin de protéger les conducteurs/rices. D’ailleurs la dernière fois que j’ai pris un bus il sentait très fort les produits ménagers !

En fait le gouvernement compte sur notre bon comportement pour ne pas mettre en place un confinement strict comme en Europe.

Ceci-dit il y a beaucoup de monde à la plage parce qu’il fait beau, et que même si leurs parkings sont fermés, les plages sont énormes et publiques, donc difficiles à maîtriser. Les gens restent apparemment en petits groupes et éloignés les uns des autres, mais je pense que c’est du bullshit et que ces groupes de personnes ne vivent pas forcément ensembles.

Avec mes colocs nous vivons un peu en dehors de Vancouver et nous faisons attention à ne fréquenter que nous-mêmes. Nous marchons pour tout, ou utilisons une voiture ensemble, et évitons les transports en commun. Nous ne sortons que pour faire des courses ou si nous avons des impératifs de travail / santé. Je ne vois plus mes amis et je les skype.

Au final malgré la popularité des plages beaucoup de monde applique les règles de distanciation notamment dans les supermarchés, et les gens restent beaucoup chez eux. Les rues sont très calmes. Ça me rassure car je préfère rester sur la méthode douce que d’aller vers le confinement imposé.

En fait beaucoup de lieux ont fermé avant la propagation du virus en mars à cause des mesures citées plus haut. Et plus d’1 million de personnes se sont retrouvées au chômage. C’est vraiment économiquement que nous sommes touchés pour le moment. Donc le gouvernement a pris des mesures financières en plus de mesures sanitaires : création du CERB, le Canadian Emergency Response Benefit pour tous les chômeurs et entrepreneurs sans activité. En gros nous recevons $2000 par mois pendant 4 mois à partir d’avril pour nous aider à vivre. Ensuite notre chômage sera activé si nous n’avons pas de travail et que nous sommes éligibles. Il y a d’autres aides qui ont été créées par l’état et les provinces (logement, crédit d’impôt, etc). Je tenais à mentionner ces mesures car elles sont importantes et directement liées au Covid-19, puisque nous avons été très impactés. Je trouve d’ailleurs la réaction des gouvernants très impressionnante sur le plan social. Après on va voir combien de temps ça va durer et comment tout cela va se goupiller.

Une dernière chose : beaucoup de gens portent des masques et ceci, depuis janvier. Au début c’était surtout la communauté asiatique mais maintenant c’est la majeure partie des gens. Je fais partie de la minorité des sans-masques et je devrais en recevoir un de ma maman par la poste bientôt. Les masques sont soit réutilisables, soit jetables, et nous assistons aussi à un florilège de stratégies pour se protéger : foulards, écharpes, sacs…

5. Comment ça se passe pour le ravitaillement ? Vas-tu faire tes courses dans les supermarchés ou les fais-tu en ligne ? Y a-t-il des produits en rupture de stock ?

Je vais au supermarché avec mon copain et mes colocs environ 2 fois par semaine (j’essaie de réduire à 1 mais je n’ai pas tant de place dans le frigo). Nous y allons en marchant ou en voiture. Nous avons des marquages au sol à respecter et nous ne pouvons pas ramener nos propres sacs de courses. Les caissiers/ères sont protégés par une vitre et nous n’entrons dans le supermarché que lorsque les agents de sécurité nous y autorisent. Il y a un nombre limité de personnes pouvant être sur les lieux.

6. Est-ce que tu suis l’évolution de la situation dans le pays dans lequel tu vis ? Si oui, par quel biais ? Si non, pourquoi ?

Je suis l’évolution sur Ici Radio Canada, le média numéro 1 sur les données du Covid-19. Je suis aussi les interventions du gouvernement provincial et du premier ministre Justin Trudeau en direct, lorsqu’il y en a.

7. Es-tu attentif à ce qu’il se passe dans ton pays natal ? Pourquoi (pas) ?

Oui je check la France tous les jours : je lis le site web du Monde. En revanche je ne regarde plus les interventions télévisées ou radiophoniques du gouvernement car je trouve que c’est la cacophonie.

8. Quelle est la chose la plus drôle / folle dont tu aies entendu parler dans ton pays ? Par exemple, au Royaume-Uni, un facteur a décidé d’égayer le voisinage en apportant le courrier, chaque jour avec un costume différent !

Les accessoires pour remplacer les masques sont drôles, il y a toute une galerie de photos sur le net. Puis y a des gens qui croient qu’il faut boire du thé bien chaud car le virus n’aime pas le chaud. Je crois que c’est une légende urbaine mais j’adore le thé de toute façon.

9. Quel(s) point(s) positif(s) vois-tu dans cette situation ? (i.e. prendre davantage de nouvelles de ses proches, trouver un nouveau hobby…)

Prendre du temps pour moi et réfléchir à mes projets, renouer le contact avec des amis en France et me reposer.

10. Comment vas-tu passer ta toute première journée une fois que l’épidémie sera endiguée ?

Oula aucune idée, j’espère que ce sera un barbecue à la plage ou une belle rando avec des amis.

Emilie à Petange, au Luxembourg

1 Une petite présentation s’impose : où habites-tu (ville et pays) et depuis combien de temps y es-tu installée ? Vis-tu seule ?

J’habite à Petange au Luxembourg depuis octobre 2019. Je vis seule.

2. Comment le Covid-19 a-t-il bouleversé ton quotidien ?

Je me retrouve au chômage partiel car mes clients ont suspendu mes missions. Je continue à percevoir mon salaire, mais à 80%. Plusieurs voyages et week-ends ont dû être annulés, ainsi que le mariage de ma meilleure amie où j’étais demoiselle d’honneur. Au quotidien, il faut trouver de quoi s’occuper tous les jours (je fais notamment des petits quizz chaque soir sur instagram), mais pour l’instant ca va, je ne m’ennuie pas.

3. As-tu envisagé un rapatriement ? Pourquoi (pas) ?

Non, pas de rapatriement. J’habite en Europe donc pas de problème niveau système de santé / sécurité sociale. Et puis quand on est au Luxembourg, la France n’est pas si loin « au cas où ». 

4. Quelles sont les mesures prises par le gouvernement à l’heure actuelle ? Sont-elles appliquées par les locaux ?

Les mesures sont presque les mêmes qu’en France ici. Nous sommes confinés (c’est plus ou moins bien respecté, quelques personnes se déplacent ; mes voisins invitent chaque soir leurs amis par exemple. Il y a eu des amendes distribuées.) ; les déplacements sont limités (mais pas d’attestation). Les personnes avec symptômes sont testées. Les écoles sont fermées, les chantiers aussi (ils vont reprendre bientôt).

5. Comment ça se passe pour le ravitaillement ? Vas-tu faire tes courses dans les supermarchés ou les fais-tu en ligne ? Y a-t-il des produits en rupture de stock ?

Je vais faire mes courses tous les 10 jours environ, en supermarché. Les rayons sont plutôt complets, sauf les œufs au début et la farine en ce moment.

6. Est-ce que tu suis l’évolution de la situation dans le pays dans lequel tu vis ? Si oui, par quel biais ? Si non, pourquoi ?

Oui, je regarde chaque jour l’évolution. Je regarde les informations sur Twitter ainsi que sur certains journaux en ligne du Luxembourg. On peut suivre aussi les conférences de presse du gouvernement.

7. Es-tu attentive à ce qu’il se passe dans ton pays natal ? Pourquoi (pas) ?

Je regarde à la fois la situation en France et au Luxembourg parce que les pays sont très proches, et un grand nombre de travailleurs du Luxembourg viennent de France. Ma famille est aussi dans le Grand Est, une des régions les plus touchées en France, et une des régions frontalières du Luxembourg, donc je m’intéresse à l’évolution de la situation. D’une manière générale, je regarde la situation de toute l’Europe.

8. Quelle est la chose la plus drôle / folle dont tu aies entendu parler dans ton pays ? Par exemple, au Royaume-Uni, un facteur a décidé d’égayer le voisinage en apportant le courrier, chaque jour avec un costume différent !

Ce n’est pas forcément drôle, mais c’est mignon. La mère de ma voisine est en maison de retraite et avait son anniversaire la semaine dernière. En maison de retraite, les personnes sont confinées dans leur chambre et elles ne peuvent pas sortir. Ma voisine et son fils ont donc fait une banderole avec dessus « Joyeux anniversaire mamie » écrit dessus et ils sont allés chanter à la fenêtre de la grand-mère. Elle était toute contente J

9. Quel(s) point(s) positif(s) vois-tu dans cette situation ? (i.e. prendre davantage de nouvelles de ses proches, trouver un nouveau hobby…)

Je me rends compte que j’arrive à m’occuper seule et que je ne souffre pas trop de la solitude (est-ce un super pouvoir de fille unique ?! ^^) Je prends plus de temps pour moi aussi. Je suis moins stressée.

10. Comment vas-tu passer ta toute première journée une fois que l’épidémie sera endiguée ?

Je pense que je vais aller voir mes parents J

Céline en Finlande

1 Une petite présentation s’impose : où habites-tu (ville et pays) et depuis combien de temps y es-tu installée ? Vis-tu seule ?

Je suis Céline et je vis une partie de l’année en Finlande, tout au nord en Laponie. J’y passe tous mes hivers (et parfois plus notamment cette année) depuis 2016 car j’y ai une de mes activités (une agence de voyage) avec mon compagnon.

2. Comment le Covid-19 a-t-il bouleversé ton quotidien ?

Très franchement comme beaucoup, je ne pensais pas que cela prendrait de telles proportions. On regardait ça un peu de loin. Un premier cas avait été détecté en Laponie dès fin janvier (un touriste chinois) et puis plus rien. La densité de la population est tellement faible ici qu’on ne s’est pas trop inquiété. Nous travaillons dans le tourisme et nous avons terminé notre saison tout juste à temps au moment où le confinement s’est mis en place en France. On a vraiment eu chaud !

3. As-tu envisagé un rapatriement ? Pourquoi (pas) ?

Non à aucun moment car on est mieux ici qu’en France. Pas de confinement, peu de population donc moins de risque. Et puis en France, nous n’avons plus de maison. Il aurait alors fallu vivre chez ma mère, subir le confinement et aussi prendre le risque de choper le virus sur le trajet du retour (aéroport, transport, etc)

4. Quelles sont les mesures prises par le gouvernement à l’heure actuelle ? Sont-elles appliquées par les locaux ?

La Finlande a déclaré l’état d’urgence assez rapidement (à la mi-mars il me semble) mais dans les faits, il n’y a pas grand-chose qui a changé. Ils ont annoncé la fermeture des frontières pour les étrangers mais pas entre les pays nordiques. Beaucoup de choses sont restées ouvertes comme les stations de ski (ce qui m’a rendu dingue d’ailleurs) du coup il n’y avait plus de touristes internationaux mais tous les finlandais se déplaçaient comme ils le voulaient. Résultat : beaucoup sont venus du sud vers le nord (même pratique que les parisiens qui sont allés en province). En Laponie, le système de santé est très limité alors si le nombre de cas explose, tout serait saturé très vite. Il y a peu de temps, une région a été confiné (là où il y a le plus de cas) mais la décision a tellement tardé à être prise que beaucoup sont sortis de la zone avant l’application. Bref, le virus a circulé dans tout le pays.

Aujourd’hui, les personnes de plus de 70 ans ne sont pas censées sortir mais ici, chacun fait un peu comme il veut finalement. Les locaux font attention et vraiment il est facile ici de sortir sans croiser personne (on est chanceux). Ce qui était plus embêtant c’est qu’il y a eu pas mal de touristes qui sont venus pour les vacances de printemps alors qu’il était recommandé de ne pas se déplacer. Les gens ici ne sont donc pas super accueillants avec les gens du sud. Là depuis bien une semaine, les touristes sont repartis, c’est pas mal vide.

5. Comment ça se passe pour le ravitaillement ? Vas-tu faire tes courses dans les supermarchés ou les fais-tu en ligne ? Y a-t-il des produits en rupture de stock ?

J’habite un tout petit village, il n’y a qu’un petit supermarché. On y va le moins possible pour éviter de s’exposer. Il n’y a pas « courses en ligne », obligé de se déplacer. Par contre pour les personnes âgées, à risque, je sais qu’il y a un service de livraison mis en place. Il y a pas mal d’entraide finalement.

De notre côté, on fait super attention, on va en course le moins possible. On a eu comme partout la pénurie de PQ (même ici !) mais là c’est de nouveau OK, on a tout comme d’habitude (bon en temps normal on a parfois des pénuries, ça ne change pas grand-chose au final).

6. Est-ce que tu suis l’évolution de la situation dans le pays dans lequel tu vis ? Si oui, par quel biais ? Si non, pourquoi ?

Oui j’ai beaucoup suivi au départ car nous avions des clients (touristes français) sur place donc il me fallait suivre l’actualité pour agir si nécessaire (les faire rentrer plus tôt par exemple). Du coup il me fallait suivre l’actualité de la Finlande mais aussi de la France. Depuis 1 mois on est plus que tous les deux (plus de clients), je suis l’évolution ici sans trop prise de tête (via des articles de presse, le site de l’ambassade) et je continue de suivre ce qu’il se passe en France. On devait rentrer en France début mai à la base donc là on est un peu bloqué. Si on le voulait vraiment nous pourrions rentrer (quoi qu’il faudrait faire 4h de route pour prendre un vol) mais on est bien mieux ici. On peut encore sortir, la nature est partout alors à choisir avec la région parisienne c’est vite vu.

7. Es-tu attentive à ce qu’il se passe dans ton pays natal ? Pourquoi (pas) ?

Oui je regarde les infos (pas tous les jours), je vois passer des infos sur les réseaux sociaux et puis s’il y a de grosses annonces comme l’allocution du Président, on suit cela en direct.

8. Quelle est la chose la plus drôle / folle dont tu aies entendu parler dans ton pays ? Par exemple, au Royaume-Uni, un facteur a décidé d’égayer le voisinage en apportant le courrier, chaque jour avec un costume différent !

Ah je n’ai pas de bonne anecdote à raconter malheureusement !

9. Quel(s) point(s) positif(s) vois-tu dans cette situation ? (i.e. prendre davantage de nouvelles de ses proches, trouver un nouveau hobby…)

Pour moi ça ne change pas grand-chose à mon quotidien. Je travaille depuis chez moi (je suis freelance) et je continue à le faire du coup pas de gros changement. Juste frustrant de ne pas pouvoir vadrouiller comme je l’aurais souhaité mais on a la chance de pouvoir sortir et la nature est vraiment de partout. Comparé à beaucoup de monde, je suis chanceuse.

10. Comment vas-tu passer ta toute première journée une fois que l’épidémie sera endiguée ?

Je pense que je me ferai plaisir avec un bon resto ! Avant l’épidémie, j’attendais la fin de notre saison pour pouvoir y aller (car pas de resto dans mon village) du coup c’est vraiment le truc qui me fera plaisir je pense. 🙂

J’espère que ces témoignages vous en aura appris davantage sur la situation dans le monde, du point de vue de Français installés un peu partout ! Si vous aussi vous avez envie de partager votre expérience, les commentaires sont là pour ça !

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4 commentaires

Marie 22 avril 2020 - 15:03

Merci pour ces 2 articles, c’est intéressant de voir ce qui se passe dans les autres pays aussi, et d’un autre point de vue que celui des infos ! 🙂

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Ophélie G. 23 avril 2020 - 13:11

Merci Marie ! xx

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3 kleine grenouilles 1 mai 2020 - 22:30

C’était vraiment passionnant et j’ai découvert de nouveaux blogs ! Merci Ophélie pour cette initiative et bon courage !

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Ophélie G. 2 mai 2020 - 12:02

Je suis d’accord avec toi, les témoignages sont hyper intéressants ! Ravie que tu aies pu découvrir de nouveaux blogs. 🙂 xx

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