Poppy Appeal, l’histoire d’un coquelicot

par Ophélie G.
8 commentaires
Poppy Appeal

Comme tous les ans, sitôt Halloween terminé, les Britanniques mettent leurs costumes au placard et revêtissent leur « Poppy ». Du 1er au 11 novembre, ils arborent ce petit coquelicot près du cœur, épinglé sur leurs vêtements. L’année dernière, je vous avez parlé des festivités du 11 novembre, le Remembrance Day, en l’honneur des soldats tombés au combat. Alors que je viens d’en racheter un (ces trucs en papier sont méga fragiles), j’avais envie de vous parler de ce petit détail coloré qui voit le jour tous les ans.

Poppy Appeal, c’est quoi ?

Il s’agit tout simplement d’un appel aux dons organisé chaque mois de novembre par la Royal British Legion. Vous l’aurez donc compris, c’est une organisation caritative.

Tous les ans donc, une armée de volontaires bénévoles envahissent les rues ou les magasins pour distribuer ces petits coquelicots de papier, contre une donation monétaire. L’idée est de récolter des fonds pour soutenir les Forces Armées, mais surtout les vétérans britanniques et leurs familles.

On peut trouver des Poppy partout : dans les grandes surfaces, dans la rue, au marché. Inutile de les chercher, on les repère assez facilement avec leurs boîtes/stands bleu fluo et leurs touches de couleur rouge.

Pourquoi un coquelicot ?

Le coquelicot n’a pas été choisi pour sa couleur rouge qui rappelle le sang qui a coulé. La raison est beaucoup plus terre-à-terre et beaucoup moins poétique. Quoi que…

Les jolis paysages d’Europe sur lesquels se sont déroulés les batailles se sont vite transformés en marécages boueux à force d’être piétinés. Cependant, le coquelicot est un battant (sans vilain jeu de mot). Les champs de bataille se sont rapidement recouvert de petites fleurs rouges. C’est une jolie histoire je trouve. Imaginez ces terres désolées et chaotiques, sur lesquelles de nombreuses vies ont été perdues, recouvertes de jolies fleurs. Pas étonnant qu’elles soient devenues le symbole des soldats tombés au combat.

Toujours est-il que pendant la Première Guerre Mondiale, un soldat canadien, nommé John McCrae, a été particulièrement affecté par la mort d’un compagnon. Pour les funérailles, il a écrit un poème, intitulé In Flanders Fields. Le coquelicot, mis à l’honneur dans le rondin poétique, est rapidement devenu un symbole de l’après-guerre.

C’est en 1921 que le premier Poppy Appeal a eu lieu en Angleterre, remportant un énorme succès auprès du public anglais, puis auprès du public écossais et gallois. Cette première année, plus de £100.000 ont quand même été récoltés, ce qui n’est pas rien !

In Flanders Fields

Je sais que j’ai déjà mis le poème en question dans l’article de l’année dernière, mais ça ne fait pas de mal de le relire. Parce qu’il est beau ce poème. Du moins, je trouve.

In Flanders fields the poppies blow

Between the crosses, row on row,

That mark our place; and in the sky

The larks, still bravely singing, fly

Scarce heard amid the guns below.

We are the Dead. Short days ago

We lived, felt dawn, saw sunset glow,

Loved and were loved, and now we lie

In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:

To you from failing hands we throw

The torch; be yours to hold it high.

If ye break faith with us who die

We shall not sleep, though poppies grow

In Flanders fields.

Le Poppy aujourd’hui

Jusqu’à présent, la question ne se posait presque pas. Au mois de novembre, on affichait un petit coquelicot sur son manteau. Cette année, avec cette foutue histoire de Brexit, des questions se posent. Les partis politiques tentent de manière désolante de s’approprier la fleur et ses symboles, ce qui me dépite franchement.

Je ne tiens pas à parler de ça dans cet article, parce que le Poppy n’a, à l’origine, rien de politique. Il s’agit simplement de soutenir les victimes de la guerre et leurs familles. Si vous voulez en savoir plus sur le Poppy aujourd’hui vis-à-vis d’une politique qui devient de pire en pire, je vous invite à lire l’article de Pomdepin sur le sujet. Elle explique très bien son choix de ne pas porter le Poppy cette année.

Je conclue en rappelant que le Poppy ne démontre aucun soutien à la guerre, quelle qu’elle soit et qu’elle n’est pas non plus un symbole de patriotisme. Malgré le climat politique actuelle, il s’agit bel et bien d’un symbole caritatif. Si je choisis d’en porter un, cela n’a rien à voir avec un rattachement politique quelconque. Bref, si je trouve un Poppy blanc, j’opterais pour un. En attendant, je garde mon Poppy rouge.

Vous porteriez ce genre de symbole ?

8 commentaires

Vous aimeriez aussi

8 commentaires

prettylittletruth 10 novembre 2016 - 13:26

Je porte aussi mon Poppy, c’est un devoir de memoire selon moi 🙂

Répondre
Ophélie G. 11 novembre 2016 - 20:13

Je suis d’accord. 🙂 xx

Répondre
Tiphaine 10 novembre 2016 - 17:38

Très intéressant comme article. Je ne connaissais pas du tout cette tradition, mais pour ma part, je doute que je porterai ce genre de signe sur mes vêtements. A part, un blanc peut-être : deux symboles en un 😉

Répondre
Ophélie G. 11 novembre 2016 - 20:14

Pourquoi tu n’en porterais pas, si c’est pas indiscret ? 🙂 xx

Répondre
MamzelDree 12 novembre 2016 - 21:10

Ce poème est vraiment très beau effectivement ! 🙂

Répondre
Ophélie G. 14 novembre 2016 - 17:46

Je suis bien d’accord ! xx

Répondre
Anaïs 4 décembre 2016 - 10:41

Article très intéressant chaton, le poème est très beau! 🙂

Répondre
Ophélie G. 5 décembre 2016 - 09:28

Je suis contente qu’il te plaise ! xx

Répondre

Laisser un commentaire

Le blog utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Je pars du principe que vous êtes d'accord mais si ce n'est pas le cas, vous pouvez refuser. Accepter Lire la suite