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Je suis NQT – enseignante débutante dans le secondaire anglais

Cette année, mon titre officiel c’est « Newly Qualified Teacher », a.k.a. une NQT. Après avoir passé un  an entre l’université de York et les écoles dans lesquelles j’avais été placée, je viens d’entamer ma première année en tant que professeure titulaire dans un collège à Scarborough.

Si vous débarquez sur le blog, je vous invite à lire les articles sur le PGCE, le Post-Graduate Certificate of Education, pour découvrir mon parcours pour devenir professeur dans le secondaire britannique.

☛ Relire les articles du PGCE pour se mettre à la page :

Entrer à l'université en Angleterre : mon parcours du combattant Postuler pour un PGCE à l'université : Mode d'emploi J'ai survécu à mon premier semestre à l'université !

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Mon ressenti vis-à-vis du PGCE

Disclaimer : Dans les articles concernant mon année de PGCE et et celle de NQT, je ne parle bien évidemment que de mon expérience personnelle. Si le PGCE est différent d’une université à une autre, l’année de NQT l’est aussi, d’une école à une autre. Ces articles n’ont donc aucune valeur de référence. Si vous êtes NQT et que votre expérience diffère de la mienne, je serais en tout cas ravie d’en discuter avec vous.

L’année de NQT

L’année de NQT donc, c’est celle qui vient logiquement après celle du PGCE. Logiquement, parce que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Après avoir terminé son PGCE, on peut très bien attendre plusieurs années avant de se lancer dans son année de NQT. Dans tous les cas, pour être prof en Angleterre, il faut valider cette nouvelle année.

On ne peut pas passer par la case NQT sans avoir au préalable validé son PGCE ou une des autres routes pour obtenir son QTS, c’est-à-dire son Qualified Teacher Status  (en français : son statut de professeur qualifié).  Note: les Britanniques sont quand même particulièrement fan des abréviations, attendez-vous à en voir débarquer à tout bout de champ !

En théorie

Un emploi du temps réduit

Il y a plusieurs choses qui font que l’année d’un NQT est différente de celle d’un professeur expérimenté.

En tant que NQT, je bénéficie d’un emploi du temps réduit. Un professeur expérimenté n’enseigne jamais 100% d’un emploi du temps. 10% sont obligatoirement laisses de côté pour la préparation des cours. Et quand je dis obligatoirement, c’est que c’est le gouvernement qui veut ça. Sur un emploi du temps de 25 leçons par semaine, comme c’est le cas dans mon école, ça correspond à deux heures et demie de libre (arrondies à trois).

D’ailleurs, ces heures sont indiquées sur notre emploi du temps en tant que PPA (Planning, Preparation and Assessment – du temps pour planifier des leçons). Ça veut aussi dire que si un prof est absent et qu’il n’y pas suffisamment de cover/supply teacher pour le/la remplacer, on peut vous demander de vous en charger.

C’est bien beau, mais trois heures de temps libre pour préparer 22 leçons hebdomadaires, c’est quand même un peu léger. Du coup, les NQT ont 10% supplémentaires. Ce qui signifie que je n’enseigne que 80% du temps, soit 20 heures par semaine.

Une formation en continue

La formation ne s’arrête pas avec la cérémonie de graduation. Non, elle continue pendant la première année d’enseignement. Je dois obligatoirement prendre part à des réunions d’information sur différents sujets pour approfondir mes connaissances. A priori, ces réunions doivent avoir lieu régulièrement. Et elles doivent porter sur tout un panel de sujets : la protection de l’enfance, les responsabilités d’un prof à l’école, etc. Ouais, comme pendant le PGCE.

A cela viennent s’ajouter les réunions hebdomadaires avec ma mentor, qui est aussi ma chef de département. Pendant ces meetings qui peuvent durer de vingt minutes à une heure et demie (j’exagère à peine), nous discutons de ma semaine. Ce que j’ai géré, les choses pour lesquelles j’ai galéré, les stratégies à mettre en place pour progresser. Tout est bien sûr noté sur un rapport officiel. Comme le PGCE, encore une fois.

Les observations formelles

Tout dépend de la manière dont nos écoles fonctionnent, mais la mienne me demande deux observations formelles par demi-trimestre. J’ai donc ma première observation cette semaine, et la seconde la semaine prochaine. Le focus de la première sera le progrès de mes élèves de troisièmes, le second sera la manière dont je gère ma classe de quatrièmes.

Un dossier de « preuves »

Les Britanniques et leur paperasse, ça ne fait pas rêver. Je pensais qu’après les sept classeurs produits pour mon PGCE, rien ne pourrait plus m’effrayer. En fait, si. J’ai un portfolio à fournir cette année, le tout dernier si tout se passe comme prévu. Ce portfolio a pour but de montrer que je remplis bien toutes les cases que les profs au Royaume-Uni doivent remplir. Dans le milieu, on appelle ça les Teachers Standards. En gros, c’est une sorte de guide, une ligne de conduite. Parmi ces Standards, on retrouve différentes idées : prendre en compte tous les élèves et leurs besoins personnels, qu’ils soient physiques ou émotionnels, être responsable de leur progrès, etc.

L’idée de cette année de NQT, c’est de prouver qu’on progresse sur l’échelle de ces Standards. Certains sont faciles à valider (notamment la connaissance du sujet d’enseignement, la participation aux différents aspects de la vie scolaire, etc.) alors que d’autres sont plus ardus (prouver que les élèves progressent, par exemple).

En pratique

En plus de toutes ces choses susmentionnées, je dois bien évidemment participer à la vie de l’école en général et avoir d’autres responsabilités. Je suis professeur principale (ou plutôt mentor, comme on nous appelle dans mon école) d’une classe de sixième, des « Year 7s ». Ça c’est vraiment chouette parce que nous avons une très bonne relation et que les gamins sont adorables.

Je dois participer aux événements indiqués sur le calendrier annuel de l’école : les réunions parents-profs bien sûr, mais aussi les journées ou soirées portes-ouvertes, etc.

Il y a aussi les retenues à gérer, ainsi que les différentes activités extra-scolaires, les cahiers à corriger, les tests et devoirs à noter… Bref, tout autant de joyeusetés qui en ce moment ruinent mes weekends.

Voilà qui clôture ce premier article consacré à cette année de NQT comme on dit dans le milieu. J’ai déjà pas mal de choses à vous raconter sur le sujet, mais il me semblait important de faire le point sur ce que cette abréviation signifie en théorie comme en pratique. Je vais également rédiger un billet sur le système scolaire anglais, parce que s’il me semble très logique, je me rends bien compte que ce n’est pas forcément le cas pour vous.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à m’en faire part !

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10 Commentaires

  • Garance

    26 septembre 2018 at 17:03

    J’aime toujours autant lire tes articles parlant d’enseignement, c’est super intéressant de savoir comment ça se passe ailleurs et en tant que jeune prof également, j’aime lire l’expérience des autres 🙂

    1. Ophélie G.

      26 septembre 2018 at 19:35

      Merci Garance ! Je suis contente que tu apprécies lire mon expérience. 🙂 xx

  • Marie

    26 septembre 2018 at 22:38

    Abréviations, paperasse et Teachers standards… De ce que j’ai pu voir pour le moment, cela résume bien le PGCE aussi !
    Donc au final tu as 6h de préparation (moins les éventuels remplacements) ? Ce n’est pas énorme quand même… Bon courage 🙂

    1. Ophélie G.

      27 septembre 2018 at 06:38

      Seulementnt quatre puisque j’ai deux heures d’aide aux années 11. Donc c’est encore moins ! xx

  • Anaïs – A BUNCH OF FUTILITIES

    27 septembre 2018 at 10:37

    J’ai trouvé cet article super intéressant chaton, ça me plais toujours de voir le processus et le behind the scene de la vie de prof! Il y à eu un moment donné dans ma vie où j’ai voulu être prof d’anglais, merci à ma super prof que j’ai eu, qui est maintenant ma copine haha!

    1. Ophélie G.

      27 septembre 2018 at 17:13

      Merci Chaton ! Je crois que tout prof a en mémoire CE prof qui a changé sa vie… On en parlait aujourd’hui en réunion d’ailleurs ! Moi, c’était ma prof de français au collège, en 5e je crois. Une merveille. ♥ xx

  • Mood of april

    29 septembre 2018 at 18:04

    Je trouve qu’on vous demande beaucoup de choses mais ça ressemble un peu à ce qui nous est demandé en France. Beaucoup plus dans la visite en classe et le conseil avec un entretien par un conseiller pédagogique. Trois ans de formation à devoir travailler des points donnés en début d’année. Ton article sur le système scolaire m’intéresse beaucoup !

    1. Ophélie G.

      30 septembre 2018 at 11:05

      Merci de me parler un peu de la manière dont ça se passe en France ! Trois ans, ça me paraît super long quand même ! Ici c’est seulement le PGCE + l’année de NQT.. Si ça t’intéresse, je vais m’y coller alors ! 😀 xx

  • Madame Dree

    29 septembre 2018 at 18:21

    Tu ne risques pas de t’ennuyer ! 😮
    Bon courage miss, et j’espère te dire à bientôt ! 🙂

    1. Ophélie G.

      30 septembre 2018 at 11:06

      C’est clair !
      Vous venez quand vous voulez dans le nord !! xx

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