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PGCE : la fin du roller coaster

J’ai fini mon PGCE. Tout est étrangement calme autour de moi ces derniers temps. Plus de leçons à planifier, plus d’essai à écrire, plus de deadlines à boucler. Après une année à vivre à mille à l’heure, c’est un peu déroutant. 

Cette année, j’ai un peu parlé de mes études sur le blog – à travers quelques articles dédiés mais surtout au fil des semaines dans mes chroniques anglaises dominicales.

J’avais beaucoup à dire sur le sujet mais mon emploi du temps ne me permettait pas de faire ce que bon me semblait. Une fois le PGCE terminé, j’ai profité de tout ce temps libre pour faire ce que je n’avais pas forcément le temps de faire cette année. Lire, écrire, peindre. Et surtout, socialiser. Voir les amis, passer du temps avec eux, ça fait un bien fou. Boire des pintes (beaucoup), participer à des quizzes (un peu), partager un café (souvent) – les petites choses qui font que la vie est quand même vraiment sympa.

Aujourd’hui, j’ai du temps devant moi, et je compte bien en profiter pour vous raconter mon PGCE, en complément des deux articles écrits au cours de l’année. Dans cet article, je vais vous parler en gros du PGCE, de ce que j’ai fait cette année. En parallèle, je prépare un autre article, cette fois sur mon ressenti personnel.

Comme d’habitude, je précise que cet article ne concerne que mon expérience personnelle et que le PGCE est différent d’une université à une autre.

Le PGCE en quelques chiffres

  • 28 formulaires
  • 3 essais, 12 928 mots écrits au total
  • 2 semaines en école primaire
  • 2 semaines en école pour du développement professionnel
  • 12 semaines à l’université
  • 125 jours en école
  • 20 meetings professionnels avec mes 2 mentors
  • 3 notes : 58/100, 72/100 et 70/100 – donc 2 distinctions
  • 6 classeurs de leçons et de formulaires
  • 3 entretiens pour le travail

Notez que je n’ai pas ajouté le nombre de pintes – j’ai perdu le compte bien avant Noël. Je n’ai pas non plus inclus le nombre de livres lus pour mes essais.

PGCE : la fin du roller coaster

Côté paperasse : les forms

La liste de formulaires à remplir et à rendre n’a fait que s’étioler au cours de l’année. Ils étaient nommés selon les lettres de l’alphabet, et allaient de A à R. Sans oublier les lettres-bis. Ce qui, à la fin de l’année, nous donnait un total de vingt-huit formulaires. Bien évidemment, autant de deadlines – même si on avait parfois plusieurs formulaires à rendre le même jour.

C’était parfois de simples fiches d’information, mais c’était souvent des formulaires qui demandaient bien plus de temps. Il y avait des rapports aussi, à remplir avec mes mentors. Certains avaient pour but de nous faire réfléchir sur notre progression.

Moi qui me plaignais de l’administration, j’ai trouvé que les Britanniques étaient encore pires à ce niveau-là. Du moins, pour le PGCE.

Les assignments

Nous en avions trois à écrire dans l’année, sur trois sujets bien différents :

  • Ce que je considérais comme effective teaching – qu’est-ce qui constitue un enseignement efficace ? – basé sur mes observations de début d’année scolaire.
  • L’évaluation d’une séquence de leçons que j’avais enseigné : ce qui avait marché, ce qui avait foiré et surtout, ce que je retirais de l’expérience. J’avais choisi une séquence de leçons en espagnol, avec des années 7 (sixièmes).
  • Un projet de recherche sur le sujet de notre choix. J’ai choisi l’utilisation de la langue étudiée en cours (ce qu’on appelle target language dans le milieu).

Sans grande surprise, le dernier est celui pour lequel j’ai fourni le moins d’effort. Je n’avais tout simplement plus la motivation et les résultats de mes deux premiers me permettaient de me foirer un peu. Étonnamment, j’ai eu une très bonne note.

Je n’ai pas trouvé la rédaction de ces essais particulièrement difficile, probablement parce que j’ai toujours été plutôt académique. Par contre, les lectures pour rédiger tout ça étaient fastidieuses. Je n’avais pas forcément le temps, ni l’envie de me plonger dans ces livres. Ça m’a d’ailleurs freinée dans mes lectures personnelles, j’étais souvent trop lessivée le soir pour apprécier un bon roman.

Deux semaines en primaire, deux semaines en professional enrichment

Le gouvernement britannique requiert que les étudiants en PGCE secondaire doivent passer du temps en école primaire, pour mieux comprendre la transition entre primaire et secondaire. La durée de cette période varie d’une université à un autre. J’ai dû faire deux semaines alors que mon amie Sarah a fait à peine une journée.

Toujours est-il que je suis allée à l’école primaire de Stamford (je crois l’avoir mentionné sur le blog d’ailleurs) à la fin de septembre dernier. Deux semaines, c’était long. Les tout-petits, c’est pas trop mon truc, ils nécessitent trop d’énergie de la part des adultes et je suis sortie de ces deux semaines complètement drainée.

A la fin du PGCE, j’ai eu deux semaines dans une école de mon choix, pour faire un peu ce que je voulais tant que je me développais professionnellement parlant. Je suis retournée dans l’école où j’ai fait mon second placement pour créer des ressources pour le département des langues – et pour moi aussi. J’ai passé deux semaines plutôt chouettes à travailler et à rire avec les copains aussi.

Sur les bancs de la fac

Douze semaines à la fac, ça semble peu mais en réalité, c’est beaucoup. Les journées étaient plutôt courtes, de neuf heures à quinze heures en moyenne, mais elles demandaient de l’attention et de l’énergie. Arrivés à la fin de l’année, mes camarades et moi en manquions cruellement. Je crois qu’une fois que nous avions eu nos résultats et que tout était plus ou moins terminé, la pression est retombée et nous a laissés sur le carreau.

En général, le lundi et le vendredi étaient consacrés aux sessions Curriculum Area : les maths étaient entre eux, les sciences entre eux, les MFL (Modern Foreign Languages) entre eux. Parce que bon, enseigner l’histoire, les maths ou les langues, ce sont des processus bien différents et nous devions avoir des cours adaptés.

Le mercredi était réservé aux sessions Whole School Issues. Cette fois, tous les PGCE étaient ensemble pour discuter de sujets qui nous concernent tous. Nous discutions de stratégies pour tenir les enfants à la baguette, de différentes théories. Nous avons appris à comprendre les enfants d’aujourd’hui et à agir en conséquence.

En soi, la majorité de nos cours étaient très intéressants. J’ai juste des doutes sur l’ordre de nos séminaires mais j’ai énormément appris cette année. Je ne connaissais pas le système scolaire britannique aussi bien que je le pensais, et j’ai vraiment apprécié en apprendre davantage.

Devant le tableau

Nos jours à l’école étaient divisés en deux parties : d’octobre à février dans notre premier placement de février à mai dans notre second. Je ne vais pas rentrer dans les détails pour le moment – je réserve ça pour mon article de réflexion. Parce que croyez-moi, j’ai des choses à dire sur le sujet.

En tant que PGCE, on ne peut pas assurer plus de 50% d’un emploi du temps de professeur qualifié. Pendant notre premier placement, l’idée était d’y aller progressivement pour atteindre ces 50%. Par exemple, j’ai commencé avec une classe, puis deux, puis trois, etc. Parce qu’en tant qu’étudiant, c’est plus difficile qu’on peut le croire. Au début, une heure de leçon nécessitait plusieurs heures de préparation. A la fin de l’année, c’était bien plus simple – et heureusement ! Pour chaque leçon, il fallait aussi rédiger un plan de cours – une horreur. Sans oublier les évaluations à remplir systématiquement après chaque leçon enseignée.

En réalité, il y avait tellement d’admin à régler en parallèle de l’enseignement que c’était vraiment time consuming.

Les documents en ligne

La joie de l’admin ne s’arrête pas là. Nous avions également des documents en ligne dont il fallait nous occuper.

  • Un portfolio. Je n’ai pas encore mentionné les Teachers’ Standards mais je ne peux pas y couper. Il s’agit d’une espèce de guideline que tout professeur au Royaume-Uni doit respecter. Nous devions documenter notre portfolio avec des exemples de notre enseignement, des réflexions dérivées de nos sessions à l’université ou de nos lectures personnelles.
  • Le Subject Knowledge Development Document – le document qui montre que nous avions progressé vis-à-vis de la matière que nous enseignons. Etant française, je l’ai remplis avec ma seconde langue, l’espagnol.
  • Le ICT Log, qui est un peu comme le SKDD mais avec l’informatique. Il nous fallait prouver notre évolution en matière de technologies. Un document vraiment superflu pour les jeunes adultes du XXIe siècle que nous sommes.

Ces trois documents étaient absolument abominables à remplir et à tenir à jour au fur et à mesure de l’année. Heureusement, je me suis forcée à le faire et j’étais bien contente à la fin de l’année, quand il a fallu les fignoler pour les remettre. Certains de mes camarades, par exemple, ont dû tout remplir à la fin de l’année et en ont véritablement chié (mais c’est bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à s’y prendre plus tôt !).

Voilà pour le côté pratique des choses. C’est vraiment étrange – et je me répète – de ne plus rien avoir à faire pour le moment. J’essaye de ne pas trop me faire de souci, j’aurai bien des choses à faire quand la rentrée scolaire se rapprochera.

Ce que je peux vous dire, c’est qu’en y repensant, je suis vraiment fière de ce que j’ai accompli cette année. C’est assez pour le noter.

Lecteurs enseignants, les études se passent comment dans votre pays ?

Encore un peu de lecture

Ophélie G.

Expatriée en Angleterre, à Stamford, puis à York, depuis septembre 2014, je partage mon quotidien chez les Anglais, mes (més)aventures ainsi que mes balades et découvertes. Parfois je travaille aussi, comme prof de français dans le secondaire britannique !

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2 comments

  • Marie Paras

    13 juillet 2018 at 13:11

    Que de paperasse… Bonnes vacances en tout cas, tu les mérites !

    1. Ophélie G.

      13 juillet 2018 at 22:11

      Maintenant c’est finiiii ! Du coup, je profite un max de mes vacances ! xx

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