Conduire au Royaume-Uni

par Ophélie G.
8 commentaires

Conduire en Angleterre, c’est la chose qui me faisait le plus peur en acceptant d’être au pair pendant l’été il y a déjà trois ans. Après trois ans de conduite (je ne sais combien de miles parcourus pendant mes road trips), autant vous dire que je suis au taquet concernant les routes britanniques. Maintenant que j’ai ma (nouvelle) voiture en Angleterre, je peux vous raconter mon expérience.

Conduire, c’est comme faire du vélo, ça ne s’oublie pas. En cinq ans d’expatriation, je n’ai conduit que lors de mes brefs retours en France, mais sans jamais oublier. A peine assis sur le siège conducteur, les automatismes et habitudes reviennent. Régler les rétros et son siège, s’attacher, ce genre de truc.

En montant pour la première fois dans une voiture anglaise, côté conducteur bien évidemment, ces automatismes m’ont rendu la vie dure. J’ai commencé par me tourner à gauche pour attraper la ceinture… qui se trouvait à droite. Je vous en avais parlé ici et .

Maintenant, on ne dirait pas que j’ai passé mon permis en France. Conduire chez les British n’est pas si compliqué que ça, et j’y prends beaucoup de plaisir. Il faut juste se souvenir de rouler du bon côté. Et aussi de deux trois trucs indispensables. 

Rouler à gauche… mais pourquoi ?

Justement, parlons-en du « bon côté » de la route. Vous le savez probablement, au Royaume-Uni, on roule à gauche (ce qui va à l’encontre de tout bon sens, je suis d’accord). Ce que vous ne savez probablement pas, c’est la raison qui se cache derrière tout ça.

Il faut remonter au Moyen-Âge, période incongrue durant laquelle les chevaliers portaient leur épée sur leur gauche, histoire de dégainer rapidement (dans le cas où ils étaient droitiers bien sûr). Lorsqu’ils se déplaçaient à cheval et croisaient un autre chevalier, il fallait rester sur la gauche, pour ne pas que les épées se croisent – sinon, ça fait déclaration de guerre, tout ça tout ça. Bref, au Royaume-Uni, on roule à gauche (et on prend les ronds-points en conséquence).

Vitesse et distances

Guide pratique : conduire au Royaume-Uni

Les Britanniques aiment faire différemment du commun des mortels, c’est bien connu. C’est sûrement pour cette raison que le système métrique est utilisé en même temps que les mesures impériales. Ainsi, la vitesse se compte en miles per hour (mph pour les intimes). En soi, si on conduit une voiture anglaise (Right Hand Drive ou RDH), ça ne change strictement rien puisque le tableau de bord vous indiquera la vitesse en mph.

Avec une voiture normale (avec le volant à gauche donc), c’est un plus compliqué puisqu’il faut faire la conversion (1 mph = 1.609 km/h). C’est marrant d’ailleurs, mais la voiture anglaise que je conduis indique les deux : kilomètres par heure et miles per hour ! En ce qui concerne les limitations, c’est 30 mph en ville ou en zone habitée/construite (± 50 km/h), 60 mph sur les routes générales (± 95 km/h) et 70 mph sur les deux fois deux voix et les autoroutes (qui sont gratuites au Royaume-Uni), soit ± 110 km/h.

Dans la même lignée, les distances ne sont plus indiquées en kilomètres ou mètres, mais en miles et en yards (1 mile = 1.609 km et 1 yard = 0.914 m). Ça demande un court temps d’adaptation, mais rien d’insurmontable.

Directions et indications

Il est utile de savoir si l’on veut se rendre au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest de l’Angleterre, puisque vous trouverez fréquemment ce genre d’indication assez générale.

Ce que j’apprécie par-dessus tout, c’est le marquage au sol. Quand on arrive sur un gros rond-point multivoies et/ou à feux tricolores, toutes les indications dont on peut avoir besoin sont peintes sur la route. Impossible de se tromper donc (ou alors il faut y mettre beaucoup de mauvaise volonté).

Signalisation

Les panneaux sont assez similaires aux nôtres, mis à part celui d’interdiction de doubler (la version UK est inversée, bien évidemment). Il peut parfois arriver que les panneaux se retrouvent de chaque côté de la route (sur la chaussée gauche mais aussi sur la chaussée droite), notamment les panneaux de limitations de vitesse, ce qui les rend impossible à louper.

Quant aux feux tricolores (traffic lights), ils sont bien plus pratiques et bien mieux placés que ceux qu’on retrouve ailleurs en Europe. La première différence, c’est qu’entre le rouge et le vert, le feu passe à l’orange : cela indique que l’on peut passer la première et se préparer à démarrer. Ainsi, quand le feu passe au vert, les premières voitures sont déjà lancées et personne ne traîne. La seconde différence, c’est le fait qu’ils soient doubles : il y a souvent un feu à gauche, avant l’intersection, mais on le retrouve aussi de l’autre côté de l’intersection. Aucune excuse pour éviter les feux donc, même un camion ne peut vous gâcher totalement la vue !

Dernier point sur les « feux », les passages piétons qui ne sont pas régulés par des feux sont délimités à la fois par des zébras au sol et par des poteaux rayés noirs et blancs, surmontés d’une boule jaune qui clignote. Attention à laisser passer les piétons !

Il n’y a pas de priorité à droite au Royaume-Uni (sauf en cas de panneau le signalisant), donc attention.

Se garer

C’est le casse-tête principal quand on conduit au Royaume-Uni : trouver un endroit pour se garer. Il y a beaucoup de parkings, mais ces derniers sont payants et les tarifs sont assez élevés. Des places de parking gratuites peuvent être dénichées dans les villes, mais il faut parfois tourner en rond pendant pas mal de temps avant d’en trouver une.

Pour les grandes villes, le plus facile est d’utiliser les « Park and Ride » : ce sont des parkings situés aux abords de celles-ci. On paye un tarif raisonnable à la journée, et il suffit de prendre une navette pour se rendre dans le centre. On économise ainsi de l’argent, et des emmerdes, parce que conduire en ville, ça peut vite mettre vos nerfs à vif.

Le permis de conduire

Un permis de conduire délivré dans un pays de l’Union Européenne est valable sur l’intégralité du territoire (y compris dans les pays qui ne font pas partie de l’espace Schengen). Un permis de conduire français est donc tout à fait valable au Grande-Bretagne. Si vous avez un permis de conduire délivré hors de l’Union Européenne, vous pourrez conduire légalement en Grande-Bretagne les douze mois suivants votre installation, après quoi il vous faudra obtenir un permis temporaire le temps d’obtenir le permis britannique. Bien évidemment, ceci changera peut-être avec le Brexit. Il est encore trop tôt pour se prononcer.


Voilà, la conduite en Angleterre et plus largement au Royaume-Uni n’a plus de secret pour vous ! Et dites-vous bien que si j’y parviens, tout le monde peut le faire aussi.

Des choses à ajouter sur le sujet ? 🙂

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8 commentaires

Clementine Tangerine 3 octobre 2019 - 19:59

C’est mon endroit préféré où conduire… ! Sérieusement. Après avoir eu mon permis, j’ai fait pas mal de km (enfin miles) avec la voiture française de mon mari. Puis j’ai conduit pour la toute première fois TOUTE SEULE (personne à bord, à part MOI) en Écosse. C’était une voiture de loc, donc j’avais clairement peur pour le deposit mais à part ça, c’était super. Mais c’était ma première fois en voiture seule. Héhé. (je ne l’ai jamais fait en France, par exemple)
J’ai avalé encore pas mal de km lors de mon dernier roadtrip. J’étais la seule à pouvoir conduire. Un vrai plaisir ! (même si ça reste fatiguant)

Par contre, dès que je conduis en France… quelle horreur. Bon, on en a parlé sur Twitter… Mais c’est vraiment pas une partie de plaisir là-bas. UN VRAI CAUCHEMAR.

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Ophélie G. 5 octobre 2019 - 20:43

Je partage ton avis ! Conduire en France, c’est juste l’angoisse comparé à l’expérience en Angleterre. ♥ J’étais pas sereine non plus quand j’ai loué un voiture pour faire Edimbourdg-Leeds mais plus de peur que de mal. Ça reste fatigant, c’est sûr mais c’est quand même bien plus sympa. xx

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Lolli 6 octobre 2019 - 18:05

Ton article est très intéressant 🙂

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Ophélie G. 6 octobre 2019 - 19:41

Merci Lolli ! xx

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Marie P. 6 octobre 2019 - 20:18

Eh oui, pour une fois ce ne sont pas les Anglais qui sont bizarres mais tous les autres pays qui ont changé le coté de circulation ! En soi, ici, on revient au origines… ^^
Quant aux rond-points, c’est amusant, c’est vraiment ce qui m’a demandé le plus long temps d’adaptation: je n’arretais pas de me tromper de voie et donc de sortir au mauvais endroit !
Merci pour ton article !! 😀

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Ophélie G. 6 octobre 2019 - 20:22

Les ronds-points, c’est tellement intuitif au Royaume-Uni pourtant ! Entre les lignes sur le sol, les panneaux, les feux – difficile de se planter. Je me suis plantée une fois, aux alentours de Cambridge, c’était HORRIBLE ahah ! xx

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Fanny - Le jour où 10 octobre 2019 - 21:16

Personnellement, je préfère conduire en France. Dans l’Essex où je vis, les routes sont très chargées. Il y a souvent des bouchons. On est jamais seul sur une route même en pleine campagne. Les routes sont en mauvais état, avec de nombreux nids-de-poule, même sur l’autoroute, où d’ailleurs je n’oserais pas m’arrêter sur les aires de repos sans barrière de protection ni voie d’accélération. Mais c’est peut-être mieux dans d’autres régions plus riches…

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Ophélie G. 12 octobre 2019 - 21:47

Il y a des bouchons aussi dans le Yorkshire, mais rien d’handicapant pour moi. Et les routes sont vraiment loin d’être dégueue (sauf quand tu t’enfonces dans les tréfonds des petits villages ahah). xx

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