Un long week-end pour découvrir l’Île d’Arran

par Ophélie
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Île d'Arran

En voiture, il faut deux heures de trajet entre Édimbourg, et Ardrossan, où nous prenons le ferry pour Brodick. Deux heures avec les essuie-glaces qui font des aller-retours sur le pare-brise, pour contrer les averses torrentielles qui nous tombent dessus. C’est le week-end : Sarah et moi partons sur l’Île d’Arran, et rien ne peut nous ruiner notre bonheur. Ah si, le ferry qui est annulé. C’est quelque chose que nous n’avions pas du tout pris en compte.

Sarah et moi avons décidé que chaque année, on prendrait trois ou quatre jours off pour explorer une île écossaise, en commençant cette année. Nous avons choisi l’Île d’Arran complément au hasard et franchement, on n’aurait pas pu trouver meilleur endroit pour commencer. Facilement accessible depuis Édimbourg et regorgeant de choses à faire, ça nous semblait parfait pour un long week-end de quatre jours. Nous ne nous étions pas trompées, c’était merveilleux. L’île qu’on appelle « Scotland in miniature » (= L’Ecosse en miniature) m’a enchantée d’un bout à l’autre.


► Si vous cherchez des informations sur l’Île d’Arran, deux articles arrivent : le guide pratique de l’Île d’Arran et un article sur quatre randonnées qui valent le coup.

► Cet article est très long : n’hésitez pas à vous préparer une boisson chaude pour accompagner votre lecture.

► Comme d’habitude, les commentaires sont ouverts : faites-moi part de vos ressentis, mais également de vos souvenirs de voyage si vous êtes déjà allé sur la merveilleuse île d’Arran !


Vendredi 17 juin.

Notre ferry de midi donc, est annulé. Prévoyantes, nous sommes arrivées presqu’une heure en avance : nous n’avons encore jamais pris le ferry avec un véhicule, c’est l’aventure du week-end. En arrivant au terminal, je jette un coup d’œil à mon téléphone. 1 nouveau message, reçu quelques minutes après le départ de la maison, la compagnie ferroviaire qui annonce qu’à cause du mauvais temps, tous les ferrys de la matinée sont annulés. Yey, ça commence bien ! La réceptionniste est très sympa, elle nous rebooke pour le ferry de 18 heures – tous les autres sont complets (c’est le souci quand on voyage avec un véhicule).

Sept heures d’attente dans un terminal, c’est long. Heureusement, nous avons le droit à un café offert par la maison ! Comment s’occupe-t-on dans ces cas-là ? C’est simple : on revoie l’organisation de week-end (on vient de perdre 1/2 journée), on fait des mots croisées (Force 1 et 2, les autres sont trop durs), on pique-nique, on papote. On s’ennuie aussi, beaucoup, et on regarde les voyageurs arriver, se poser, repartir.

Nous finissons quand même par embarquer ma voiture dans le ferry et le trajet est vite réglé. Nous avons à peine le temps d’admirer le paysage que nous débarquons déjà. Nous remettons le GPS : direction, Lamlash, à une poignée de kilomètres du terminal. Pendant quatre jours, le Rose Cottage sera notre point de chute. Kate, l’hôtesse de notre Airbnb, est adorable. Elle a vécu toute sa vie sur Arran et aime cette île de tout son cœur. Elle s’est donné pour mission de nous faire découvrir les richesses de l’île. L’annonce de l’Airbnb était déjà riche de recommandations, mais elle nous précise ses préférées. Nous notons tout religieusement.

La première soirée est de courte durée. Le temps de déposer nos affaires, de papoter avec Kate et de ressortir, il est 20h30 passées. Nous faisons le tour des pubs et restaus du village, chou blanc : les cuisines sont fermées. Nous nous rabattons sur le combo sandwich-chips de la Coop, mangé dans notre chambre (fin de journée + pas de vent + bord de mer = les midges sont sur nous en 30 secondes).

Samedi 17 juin

La distillerie d’Arran

Nous quittons le cottage assez tôt, direction le nord de l’île. Nous avons réservé des places pour la visite de la distillerie de Lochranza, il ne faut pas être en retard. Il n’y a qu’une route pour y aller, elle longe la côte et les plages se succèdent, plus belles les unes que les autres. Rapidement, le décor change et le bord de mer devient vallée. La route serpente entre les montagnes, ça monte et ça descend, et nous sommes seules au monde. C’est très similaire aux paysages de Glen Coe, en plus vert et beaucoup moins sec. On dirait que l’île jouit de son propre microclimat, ça nous plait bien.

A la distillerie, c’est Richard qui nous fait la visite, vêtu de son plus beau kilt. Nous sommes en petit comité, c’est parfait. Richard est super friendly, nous explique le processus de distillation ici, sur l’île. La production de whisky ne change pas d’une distillerie à une autre mais chacune à ses propres variantes, qui permettent la production d’un whisky unique. Ce que je retiens de cette visite, c’est qu’un whisky ne se boit jamais : il se taste, se déguste. La visite se termine bien évidemment par une dégustation justement. Richard est généreux et il nous sert un vrai dram, la mesure officielle. Nous essayons deux whiskies, un récent et un de douze ans d’âge. Bien trop fort pour moi, je glisse mon verre vers Sarah. Le verre suivant me plaît davantage : une crème de whisky, également produite ici. Et c’est très bon ! Nous repartons avec notre petit dram gravé au nom de la distillerie, c’est un chouette souvenir.

Richard, notre guide passionné et passionnant !

Le voyage reprend. Nous nous arrêtons voir les ruines du château de Lochranza. Un groupe de mecs se prépare à faire du kayak, nous les regardons un petit moment avant de reprendre la route, cette fois côté ouest de l’île. Aujourd’hui, nous faisons du repérage pour les jours à venir.

Nous avons quitté la vallée et de nouveau, de magnifiques plages s’étirent le long de la route. Nous nous arrêtons plusieurs fois, enchantée par cette vue aux airs de bout du monde.

Ce soir, nous avons prévu d’essayer les fameux cheddars produits sur l’île : direction Brodick, dans l’est de l’île. Il y a deux boutiques qui valent le détour ici. D’abord Arran Cheese, qui produit ses fromages sur place. Il est trop tard malheureusement et nous ratons ça : l’occasion de se venger en achetant trois cheddars aromatisés : aux herbes, au whisky et à l’ail, ainsi que du chutney d’oignons caramélisés. Verdict ce soir ! Puis, direction Arran Cosmetics, cette fois pour des produits de soin, là encore fabriqués dans l’arrière boutique. Nous ressortons une fois encore avec de jolies choses, cette fois à essayer à la maison.

La soirée franco-écossaise parfaite : manger du fromage et des oatcakes produits sur l’île d’Arran, sur un plaid en tartan, devant la série Kaamelott, un grand classique !

The Isle of Arran Heritage Museum

Puisque nous sommes dans le coin, nous nous arrêtons au musée de Brodick, le seul musée de l’île : le Isle of Arran Heritage Museum. Pour £5 par personne, nous recevons un petit sticker qui nous permet de nous balader dans les salles du musée (il y a un petit café à l’intérieur, accessible même aux gens qui ne visitent pas le musée). Le musée a des airs de village du siècle dernier avec ses maisons blanches comme neige et ses encadrures de portes et de fenêtres rouge vif. Plusieurs salles reconstituent des scènes d’un ancien temps : une forge, une école, une maison, une poste… C’est tout un village qui est reconstitué, avec des objets de la vie de tous les jours. Mais le musée va plus loin que ça et parlé histoire, culture et géologie de l’île. Il ne paie vraiment pas de mine, ça a été la belle découverte de ce week-end.

Scènes de vie au musée de l’île d’Arran.

Il est encore tôt, peut-être un peu trop pour rentrer : nous suivons les recommandations de Kate et allons déjeuner dans un endroit qui, selon elle, est très apprécié des locaux. Little Rock Café, mignon comme tout, hyper dog friendly, et relativement busy. Ça vaut le coup : nos burgers étaient délicieux !

Randonnée à Glen Rosa

Après cette pause, nous nous garons vers la brasserie de l’île, pour rejoindre un sentier de marche, celui de Glen Rosa, dont les photos Google nous font rêver ! Nous suivons le sentier entre les bois, continuons tout droit pour ne pas atterrir au sommet de Goatfell, le plus haut sommet de l’île, et nous continuons. C’est très beau, nous marchons le long d’une gorge, Cnochan Gorge. La cascade tout au monde n’est pas très impressionnante, mais c’est quand même sympa d’avoir un peu de fraîcheur alors qu’il fait une chaleur à crever. Dans les sous-bois, nous avons un peu peur de tomber sur des midges mais au final, il fait vraiment trop chaud pour elles.

A une intersection, nous hésitons un peu : droite ou gauche ? Le chemin n’est plus balisé, nous suivons notre instinct et virons à gauche. Nous croisons trois marcheurs, ils ont l’air aussi perdus que nous. Un signe de tête et un sourire et nous continuons.

Étonnamment, on capte la 4G comme jamais ici !

Pour arriver au point de départ.

Nous nous sommes plantées, ça nous apprendra à prendre la confiance et à suivre notre instinct plutôt qu’une carte. Nous repartons, cette fois avec des indications : se garer sur le petit parking d’un cimetière abandonné, descendre jusqu’au camping Glen Rosa (non, nous n’avons pas fait le lien), continuer le sentier pédestre jusqu’à la fameuse cascade. Easy peasy.

Le sentier suit la rivière, nous passons plein de petites cascades. Entre temps, le soleil a disparu et nous mettons nos veste de pluie juste à temps. Il pleut, mais nous continuons. Au loin, les reliefs disparaissent, dissimulés par le brouillard. Nous sommes bien loin des photos ensoleillées de Google mais qu’importe, c’est quand même magique. Le temps que nous arrivions à la cascade principale, reconnaissable au bloc de roche qui se découpe du paysage, il pleut à torrents. Nous faisons demi tour, retrouvons le parking. Là, il ne pleut plus.

Moralité de la journée : toujours avoir une carte, papier ou numérique, peu importe, mais une carte (celle de Walkhighland c’st pas top pour une fois).

En route pour le camping de Glen Rosa !
Seules au monde !

Dimanche 18 juin : aujourd’hui, c’est randonnée !

#1 Les cercles de pierres de Machrie Moor

Direction la côte est, mais cette fois, nous coupons à travers l’île. Nous commençons par une marche facile : celle qui mène aux pierres levées de Machrie Moor. Il y a déjà quelques voitures garées sur le petit parking, mais nous ne croisons presque personne tout au long de la marche. Le sentier est facile, il traverse des alpages où paissent beaucoup, beaucoup de moutons, continue dans les collines. Derrière nous, la mer semble paisible au loin. Le chemin est parsemé de pierres levées et de cercles de pierres, c’est sympa. Il y a aussi une petite ferme abandonnée depuis un moment, prise d’assaut par les moutons. Les pierre sont impressionnantes, elles datent de plus de 4500 ans. C’est difficile d’imaginer les hommes de l’époque dresser ces immenses roches avec les techniques anciennes.

On a connu pire comme vue !

#2 King’s Cave

La deuxième randonnée n’est pas très loin : nous allons voir des grottes ! Le parking est plein à craquer mais thank gods, une voiture s’en va et nous laisse sa place : parfait ! Nous jetons un œil à la carte sur le parking : la marche est circulaire, impossible de se perdre. A notre gauche, de très hauts pins se dressent. A notre droite, le paysage est impressionnant : les montagnes au loin, la campagne entre les deux, et la mer, toujours la mer. Impossible d’oublier que nous sommes sur une île. Le soleil joue à cache-cache, illumine les champs avant de disparaître derrière les nuages.

Le chemin descend, jusqu’à la plage. Les derniers mètres s’étirent entre les hauts fougères et au bout, la mer apparaît. Nous continuons et les premiers grottes se dessinent. Ces grottes sont le résultat de siècles entiers d’érosion et de fonte de glaciers. Vieilles de 10 000 à 6000 ans, elles se dressent là, immobiles, véritables labyrinthes souterrains. Il est possible de s’y promener, et nous aurions tort de nous en priver : certaines gravures sur les parois témoignent de l’histoire des lieux, visités depuis des siècles. (Note pour une prochaine fois : prendre une lampe torche !).

Au loin, nous apercevons la silhouette particulière de Drumadoon Point, une formation géologique incroyablement belle – mais nous nous contentons de l’observer de loin, il fait trop chaud.

#3 Eas Mòr

La troisième randonnée est dans le sud-est de l’île : nous allons du côté de Eas Mòr, ce nom digne des écrits de Tolkien. J’y ai repéré une cascade et une bibliothèque digne d’un conte de fées dans le guide Wild Scotland, je ne veux pas rater ça. A part une première montée qui fait sérieusement chauffer les mollets, la marche est simple et relativement rapide – parfait pour cette fin de journée de marche. Bâtie après une tempête et enrichie par le passage de centaines de marcheurs, la bibliothèque est étrange et un peu surnaturelle, dans son écrin de verdure. La cascade est moitié-incroyable (elle est très haute !) et moitié-décevante (le filet d’eau qui tombait n’était pas des plus beaux).

Bibliothèque de conte de fée !
Parviendrez-vous à repérer la cascade ? :’)

Clap de fin de journée : la plage de sable blanc de Kildonan

En cherchant les ruines du château de Kildonan, nous repérons un chemin qui descend vers la plage, entre deux buissons. Le coin à l’air joli, nous y allons.

Magique !

Une plage de sable blanc, parsemée de petits coquillages et de cailloux polis, des eaux translucides et turquoises : parfait pour finir la journée tranquillement, les pieds dans l’eau (froide).

Sommes-nous toujours en Ecosse ?
Le château de Kildonan

Lundi 20 juin.

Le château de Brodick

Notre ferry part de début d’aprem, ce qui nous laisse le temps de visiter un dernier endroit : le château de Brodick. Comme nous sommes membres du National Trust for Scotland, nous ne payons pas les £15 de billet et c’est tant mieux ! L’intérieur du château est certes joli, mais ne vaut clairement pas le prix. Les jardins, par contre, c’est une autre histoire. Ils sont gratuits, couvrent un terrain gigantesque et sont divisés en différents espaces : il y a un Fairy Trail trop mignon, des jeux dans les arbres pour 12 ans + et les adultes, une cachette pour observer les écureuils roux (ou à défaut, plein d’oiseaux différents), un jardin clôt. Le genre de visite qui rend le départ très difficile.

#lol
Le château semble familier ? C’est normal, on le voit sur les billets de £20.

C’est sur cette merveilleuse visite que notre week-end sur l’Île d’Arran s’est achevé. Ces quatre premiers jours nous ont follement donné envie de retourner sur l’île : il y a tant de chemins de randonnée ! Et puis, qui dirait non à un nouveau test de fromages…?

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2 commentaires

Itinera Magica 26 septembre 2022 - 12:39

Qu’est ce que j’aime l’Ecosse ! C’est magnifique et tellement tentant… Quand je lis Arran, je repense à un Thorgal qui m’avait fascinée petite, sur les 3 vieillards de « l’île d’Aran » qui y ressemblait étrangement… un monde de magie et de secrets. Ce pays est un sortilège. Merci du partage et à bientôt <3

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Ophélie 26 septembre 2022 - 12:55

Je ne peux que conseiller cette merveilleuse île ! On aurait pu y passer des semaines entières tant il y a à découvrir et à faire, un vrai coup de cœur !
Ce pays est envoûtant, impossible de le nier.. A très vite ! ♥

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