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Humeurs d'expat'

Rester en contact avec ses amis

Rester en contact avec ses amis

Il n’y a pas si longtemps que ça, je parlais de ces petits moments de vie qui me manquent depuis que je vis en Angleterre. Aujourd’hui, j’avais envie de parler de quelque chose qui s’en rapporte : rester en contact avec ses proches quand on vit à l’étranger.

Rester en contact avec sa famille quand on est loin, ce n’est pas si difficile. Les nouvelles technologies et Internet en général sont nos meilleurs amis. Je skype mes parents quasiment toutes les semaines pour les derniers potins familiaux, je participe à des appels groupés entre mon frère et ses amis (impossible de l’avoir tout seul celui-là, il y a toujours ses meilleurs amis avec lui, en pleine session de jeux en ligne ahah), j’appelle ma sœur via la messagerie Facebook, j’échange de longs emails avec ma tante ou ma grand-mère. Je ne me sens pas à l’écart de la vie familiale car, même de loin, je sais qu’ils pensent tous à moi, autant que je pense à eux. C’est comme quand j’avais mon appartement et que je rentrais tous les weekends (les bons repas de ma maman en moins).

Skype

Pour les amis, les choses sont plus délicates. J’admets que s’expatrier, c’est prendre le risque que les relations amicales s’étiolent et disparaissent du jour au lendemain. Je ne vais pas vous mentir, j’ai perdu des amis de vue depuis que je suis partie. A croire que, puisque c’est moi qui ai bougé, c’est à moi de prendre des nouvelles et d’en donner – faute de quoi, on est oublié. C’est ce qui m’est arrivé, et je ne blâme personne – je ne pense pas qu’il y ait un unique fautif dans cette histoire. La vie est faite de changements, et si elle continue pour moi d’un côté de la Manche, je ne vois pas pourquoi la leur resterait suspendue dans le temps de l’autre côté.

Bien évidemment, cette aventure anglaise m’a été bénéfique dans le sens où les amitiés qui ont tenu le coup se sont affirmées, consolidées même. Je suis bien plus proches de certains de mes amis, tout en étant beaucoup plus loin. Par exemple, il y a cette amie de fac avec qui je passais beaucoup de temps en France – aujourd’hui, on ne se parle pas tous les jours, mais à chacun de mes retours, on passe beaucoup de temps ensemble à être médisante en se racontant des potins ahah. Il y a aussi ma meilleure amie, qui n’a jamais habité près de chez moi, et avec qui je suis habituée à cette relation à distance – nous sommes toujours aussi proches l’une de l’autre. Il y a aussi cette autre amie, avec qui je passe énormément de temps quand je rentre – sans que l’on ne se parle vraiment quand je suis en Angleterre. Ces amis, ils ont leur vie à vivre, autant que j’ai la mienne, mais ça ne nous empêche pas de pouvoir compter les uns sur les autres, ce qui me rend très heureuse.

S’éloigner physiquement, c’est aussi se rapprocher mentalement. Une de mes meilleures amies vit à Londres (poke Sandra ;-)), par exemple, et lorsqu’on habitait en France, dans le même village, à 5 minutes à pied l’une de l’autre, on se voyait beaucoup, beaucoup moins que maintenant. Et Sarah, qui habite désormais à Edimbourg, et bien, on se voit dès que l’occasion se présente, tout en s’appelant régulièrement.

Bien que l’éloignement puisse parfois être un poids, je pense qu’il faut savoir prendre le large de temps en temps, ne serait-ce que pour faire du tri dans sa vie. Renoncer à partir par peur de voir son quotidien et ses relations voler en éclats, c’est prendre le risque de ne pas profiter de la vie à fond, et des opportunités qu’elle a à offrir. Aujourd’hui, j’ai beaucoup moins d’amis – de vrais amis j’entends, ces personnes sur qui je peux compter. Mais ces amis qui me restent sont les personnes les plus importantes de ma vie, et c’est tout ce que je retiens.

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Ceci étant dit, m’expatrier m’a fait sortir de ma zone de confort et m’a poussée à aller vers les autres, histoire de ne pas moisir toute seule dans mon coin. Alors certes, certains « amis » ont disparu de ma vie, mais les nouvelles rencontres que j’ai pu faire en pays anglais m’ont permis d’avancer, et de ne plus tellement m’en faire pour ces amitiés qui ont fini par se perdre. J’ai rencontré des personnes formidables ici, et c’est bien tout ce qui compte. Je sais que la plupart d’entre eux, je ne les reverrais plus si jamais je me décide à quitter Stamford un jour, mais pour le moment, ça me suffit. J’ai ce groupe de potes avec qui je peux aller au badminton, cet autre avec qui je peux aller boire un café ou un verre, cet autre avec qui je peux me balader. Rien ne pourrait être plus simple et chouette, je crois.

Amis expats, comment vous gérez la distance avec vos amis ?

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12 Commentaires

  • Reply Charly

    En fait, je pense que mon expatriation a chamboulé énormément de chose dans mon cercle d’amis. J’ai été un peu déçu par certains, et surpris par d’autres. Et comme tu dis, alors que l’éloignement à détériorer certaines relations, d’autres en sont sorties plus fortes. Finalement, ça m’a fait un bien fou et ça m’a permis de me recentrer sur l’essentiel.

    10 avril 2016 at 14:42
    • Reply Ophélie G.

      Se recentrer sur l’essentiel, je crois que c’est l’idée clé dans tout ça ! xx

      11 avril 2016 at 13:03
  • Reply Estelle

    C’est vrai qu’avec les amis, toutes sortes de situations peuvent se produire quand on est loin. Avec ma meilleure pote, on est jamais sur le même continent, ça ne nous empêche pas de s’appeler pendant des heures (même si ça demande un peu d’organisation) et de s’envoyer des textos. Il y a des gens qui vivent dans le même pays, la même ville avec qui je suis moins en contact ! Et puis avec certains, comme tu l’expliques, les retrouvailles ne sont que d’avant plus sympa, même si on se perd un peu de vue lorsqu’on est séparés 🙂

    10 avril 2016 at 14:54
    • Reply Ophélie G.

      Je pense que l’effort doit venir des deux côtés. Ce n’est pas forcément à celui qui part de donner de ses nouvelles, de tout faire pour garder le contact. Perso, je vois l’amitié comme une relation à deux, où chacun doit y mettre du sien. xx

      11 avril 2016 at 13:04
  • Reply Anaïs

    Je suis tout à fait d’accord avec toi, la distance peut éloigner mais aussi rapprocher des amis. D’un côté ça permet aussi de voir qui sont nos vrais amis, ceux qui pensent toujours à nous et inversement :)!

    10 avril 2016 at 18:06
    • Reply Ophélie G.

      Entièrement d’accord ! C’est une bonne manière de faire du tri ! xx

      11 avril 2016 at 13:04
  • Reply Elodie

    Cet article est très vrai. Je pense que le pire c’est aussi ceux que tu perds un peu de vue, qui ne font pas d’effort pour prendre de tes nouvelles, mais lorsqu’ils décident de faire un voyage par chez toi, tout à coup tu redeviens un super pote. Les profiteurs sont vite repérés, et ça déçoit beaucoup 🙁

    11 avril 2016 at 15:23
    • Reply Ophélie G.

      Les profiteurs, je crois que ce sont les pires.. En général, je ne les garde pas longtemps dans mes contacts ! xx

      12 avril 2016 at 10:17
  • Reply Frenchie au Canada

    En presque 10 ans d’expatriation (!!!) tu imagines bien que j’ai perdu le contact avec certains. Mais il me reste des amis que je revois a chaque fois avec plaisir ainsi que ma meilleure amie avec qui on se skype regulierement. J’ai aussi forme des amities fortes ici et en Ecosse 🙂

    11 avril 2016 at 18:32
    • Reply Ophélie G.

      Wahou, dix ans déjà ! En effet, j’imagine que tu as dû en perdre des « amis ».. Mais créer de nouvelles amitiés là où l’on s’expatrie, c’est tellement cool aussi ! xx

      12 avril 2016 at 10:18
  • Reply Cindy

    On perd des  »amis », on en gagne d’autres… Les vrais restent, même si loin, et personnellement, ça me suffit 🙂

    13 avril 2016 at 11:36
    • Reply Ophélie G.

      Ça me suffit largement aussi. Surtout qu’on rencontre toujours de nouvelles personnes dans nos pays d’accueil, et que de jolies amitiés se créent !

      16 avril 2016 at 11:55

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