Prof de FLE : Un an après (ou presque)

par Ophélie G.
12 commentaires
Prof de FLE : Un an après (ou presque)

Je triche un peu, mais en avril, ça fera un an que j’ai commencé à travailler comme prof de FLE (Français Langue Etrangère) dans un centre de langue à Stamford. J’y enseigne à des adultes anglophones. À l’issue de mes premières douze semaines de cours, j’avais rédigé un petit bilan. Aujourd’hui, j’ai un peu plus d’expérience dans le domaine et j’avais envie de vous raconter ce qui a changé. Vous me suivez ?

Prof de FLE : Un an après

Un nouveau challenge

J’ai commencé par douze semaines, à raison de deux heures par semaine pour un groupe Complete Beginners. Des adultes motivés à apprendre le français de zéro. Au trimestre suivant, j’ai eu un autre groupe de débutants, puis un groupe d’Intermerdiates.

Dès le départ, l’écart entre les deux groupes s’est posé comme un véritable challenge. D’un côté, j’étais face à un niveau dont je maîtrisais plus ou moins l’enseignement pour avoir déjà tenté l’expérience. De l’autre, j’e découvrais un nouveau niveau, bien plus élevé mais également bien plus hétéroclite. J’ai eu des élèves qui frôlaient le niveau Advanced tandis que d’autres frôlaient le niveau intermédiaire. Tout ça au sein d’un même groupe.

Les premières leçons avec ce groupe étaient assez difficiles à appréhender, à cause de cette sacré différence de niveau. J’avais ce groupe le mardi, alors autant vous dire que le cours des débutants du mercredi me paraissait plus facile que jamais.

Aujourd’hui, j’ai un cours pour Improvers (les débutants qui continuent) et un pour Intermédiaires/Avancés. La transition s’est fait bien plus rapidement qu’au début. Ça aide beaucoup de connaître les élèves et leur niveau au préalable.

Du relâchement pour une meilleure maîtrise

Je suis du genre control freak quand il s’agit du boulot. J’aime que tout soit calculé à la minute près car je ne suis pas très l’aise avec l’improvisation. Sauf que voilà. Il m’est arrivé plusieurs fois d’arriver dans les locaux pour me rendre compte que l’ordinateur ou l’imprimante ne marchaient pas. Ça m’a mise dans une rage folle à chaque fois, puisque ça allait à l’encontre de mes plans et de mon programme tout chronométré.

Folle de rage, mais aussi au bord de la crise de panique. Ce moment où tu réalises que tu dois changer à la dernière minute pour un cours de deux heures, de manière à ce que tes élèves ne se rendent pas compte de la supercherie, c’est vraiment pas mon truc. Je sais, je ne devrais pas autant compter sur les nouvelles technologies. Sauf que je suis une enfant du XXIe siècle et que sans elles, je suis perdue.

Au bout de la troisième fois, j’ai réalisé que ça ne servait à rien de s’affoler. Pour les intermédiaires, il me suffit de poser une question sur l’actualité pour déboucher sur de très longues conversations en français. Idéal pour travailler la prononciation et l’expression orale en générale. Pour les débutants, désormais j’ai constamment des exercices de révision sous la main. Juste au cas où.

Le point positif donc, c’est que j’ai appris à gérer ce genre de crises. Mes leçons sont toujours  bien préparées, mais dans l’éventualité d’un problème technique, je ne panique plus. Mais ça m’énerve quand même quand quelque chose ne fonctionne pas comme il le devrait. Rome ne s’est pas faite en une fois.

Une meilleure organisation

Comme quoi le diction « c’est en forgeant qu’on devient forgeron » est vrai. À force d’avoir plusieurs cours à préparer pour chaque semaine, je suis devenue de plus en plus efficace. Pour quelqu’un comme moi, qui n’a aucune formation dans l’enseignement, c’est très difficile d’apprendre à préparer un cours. Comment prépare-t-on un « Scheme of Work » ? Et les leçons alors, ça se planifie comment ? On utilise quel support ?

Quand j’ai débuté, j’ai eu l’aide de deux profs de FLE que j’apprécie beaucoup, Kenza (Cups of English Tea) et Marion (Voyages de Prof) – si vous passez par là les filles, encore merci ! C’était très agréable de pouvoir demander conseil à des gens expérimentés.

Aujourd’hui, je suis plutôt efficace quand il s’agit de préparer mes cours. Mon Scheme of Work, la colonne vertébrale des dix leçons à venir est prête depuis longtemps et me permet d’être plus rapide. Les plans de leçons sont préparés d’une semaine sur l’autre, mais beaucoup plus rapidement qu’avant. Avant, je stressais toujours quant au contenu hebdomadaire de mes leçons. Avec le Scheme of Work, c’est vraiment plus simple.

Plus d’aisance

C’est un point non-négligeable que d’être à l’aise devant sa classe. Grande timide de base, c’était un point que je tenais vraiment à améliorer. C’est d’ailleurs pour cette raison que je me mettais beaucoup de pression quant à la préparation de mes cours. Maintenant, je suis à l’aise, et prête à faire face à n’importe quel désagrément. Mes cours se passent toujours au mieux, pour mon plus grand plaisir.


Le bilan s’avère une fois encore très positif. Cette expérience en tant que prof de FLE est vraiment enrichissante. Même si j’ai décidé de mettre l’enseignement pour adultes entre parenthèses au profit d’un public du secondaire, je ne dis pas que je n’y reviendrai pas ! Il y a une sacrée différence entre des adolescents qui rechignent face à l’apprentissage des langues et des adultes qui désirent apprendre beaucoup (en très peu de temps).

Une expérience similaire à me raconter ?

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12 commentaires

Alex 6 mars 2017 - 09:07

Un an déjà! En tout cas, félicitations, je ne pourrais jamais faire ce que tu fais. Je te souhaite encore beaucoup de succès pour les années à venir et plein de belles expériences <3

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Ophélie G. 6 mars 2017 - 15:27

Oui, déjà un an ! Le temps passe à une de ces vitesses, c’est un truc de malade.. Merci beaucoup Alex. ♥ xx

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Maëva's Mapa Mundi 6 mars 2017 - 09:12

Ton article me donne envie! Je me pose une question, tu as fait un master/une formation FLE pour avoir accès à ce poste après ton expérience de FLA? Car les masters à ce sujet en France ne me tente pas trop…

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Ophélie G. 6 mars 2017 - 15:29

Absolument pas ! Si tu veux tout savoir, j’ai une Licence LLCE (anglais) et un Master Recherches en civilisation et littérature médiévale (anglais aussi). Je travaille comme assistante de langue dans un établissement privé en Angleterre, et l’école de langue m’a appelée simplement parce qu’un prof de français était recherché. En vrai, donc, je n’ai aucun diplôme en rapport avec l’enseignement, seulement de l’expérience. xx

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Maëva's Mapa Mundi 6 mars 2017 - 20:05

mmh, ça c’est intéressant merci beaucoup! j’essayerai de chercher dans ça alors… 😉

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Ophélie G. 7 mars 2017 - 08:25

Tu me tiendras au courant ! xx

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tania 6 mars 2017 - 19:45

j ai une toute petite expérience comme bénévole pdt 2 ans de Fle à Paris
première fois que j en faisais
on était 2 avec des élèves aussi adultes
belle expérience et enrichissante
mais c est vrai que pas évident qd c est la 1ere fois

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Ophélie G. 7 mars 2017 - 08:22

La première fois, c’est même une horreur ! Je me souviens à quel point j’étais stressée.. Aujourd’hui ça va beaucoup mieux. 😀 xx

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Marion 7 mars 2017 - 01:10

Et beh il est vachement cool ce bilan!!! et merci pour la mention 😉 je suis vraiment contente que mes conseils t’aient aidé!

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Ophélie G. 7 mars 2017 - 08:25

Mais de rien, tes conseils m’ont beaucoup aidée ! xx

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Mamzeldree 17 mars 2017 - 10:57

Bravo ! Une année ça passe super vite !
Je suis la formation du DAEFLE, du coup les articles concernant le FLE m’intéressent beaucoup !
J’te souhaite de belles années de prof de FLE 🙂

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Ophélie G. 17 mars 2017 - 20:01

Elle est dure cette formation ? J’en ai beaucoup entendu parler !
Merci, je te souhaite la même chose ! xx

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