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La vie professionnelle en Angleterre

Le thème #HistoiresExpatriées, « la vie professionnelle dans votre pays », arrive à point puisque je m’apprête à débuter un nouvel emploi en septembre, en tant que professeur de français dans le secondaire. Je suis en Angleterre depuis 2014 – et j’ai travaillé pendant trois ans avant de reprendre mes études. Mon expérience en temps qu’employée en Angleterre est un peu différente puisque, jusqu’à aujourd’hui encore, j’ai bénéficié de statuts particuliers. C’est parti pour les explications !

La vie professionnelle : mise en contexte

Je suis arrivée en Angleterre en septembre 2014 dans le cadre d’un échange universitaire. Le CIEP propose chaque année des contrats d’assistant de français pour ceux inscrits à l’université. Il suffit de remplir un dossier et d’être accepté(e). J’en profite d’ailleurs pour répondre à une question que l’on me pose fréquemment sur l’assistanat via le CIEP : non, je ne connais pas les critères de sélection du CIEP. Je ne sais pas comment ils font la différence entre un bon et un mauvais dossier.

Bref toujours est-il que mon dossier devait être bon puisque j’ai atterri à Stamford, dans l’extrême sud du Lincolnshire, pour y être assistante. Après trois ans d’assistanat, de professorat pour adultes et de cours particuliers (au black, bien sûr), j’ai un peu d’expérience dans le monde du travail en Angleterre.

Mon parcours dans le domaine professionnel est donc un peu particulier, puisqu’à l’heure actuelle, je n’ai pas réellement été employée en tant que tel. Ça va bientôt changer, mais en attendant je vous parle de la vie professionnelle telle que je l’ai vécue.

Visa de travail ?

En tant que ressortissante de l’Union Européenne, je n’ai jamais eu besoin de visa de travail pour travailler en Angleterre.

Être assistante de langue

En étant assistante, je jouissais d’un statut un peu particulier. Je travaillais sous contrat entre le CIEP et le British Council. Un contrat d’heures fixes (douze heures en général) et un salaire fixe lui-aussi (£886 par mois). Ce qui n’était pas plus mal d’ailleurs, puisque je terminais en parallèle mon Master 2 recherches.

L’avantage de ce statut particulier, c’est que j’étais soumise aux taxes françaises. Pas d’Income Tax (l’impôt sur le revenu) à payer en Angleterre. Je devais simplement déclarer en France les revenus touchés en Angleterre. Le total n’était jamais assez élevé pour payer quoi que ce soit. Je ne payais pas non la Council Tax (la taxe d’habitation) car j’étais considérée comme étudiante à temps plein sur le sol britannique – et les étudiants full time sont exemptés de payer cette taxe. Je payais seulement deux choses : les cotisations National Insurance (environ £25 par mois) et je cotisais pour la retraite (par choix).

J’ai déjà longuement parlé de mon job d’assistante dans deux articles. Le premier pour comparer l’Erasmus et l’assistanat, le second pour expliquer en quoi c’était un job en or.

Travailler comme professeur de français pour adultes

Au cours de mes deuxième et troisième années d’assistanat, j’ai également décroché un emploi dans une école de langue pour travailler comme prof de FLE pour un public plus mature. C’était un peu différent puisque mon contrat ne stipulait pas d’heures fixes. Le nombre d’heures travaillé dépendait de la demande. J’avais entre deux et six heures de cours par semaine, payées par heure enseignée – à raison de £15 par heure enseignée. J’insiste sur le ‘enseignée’ parce que cela n’incluait pas le nombre d’heures passées à la maison à préparer les cours et les ressources qui allaient avec.

Pour cet emploi, je devais être enregistrée comme self-employed. Histoire que l’école de langue pour laquelle je bossais n’ait pas à s’embêter avec les taxes. Cette fois donc, j’étais soumise à la Income Tax en Angleterre. J’ai dû m’enregistrer en tant que freelance pour pouvoir déclarer mes revenus. Bien évidemment, je ne touchais pas assez pour payer quoi que ce soit – les démarches étaient juste un peu chiantes, malgré la rapidité pour tout faire.

Reprendre ses études

En septembre 2017, j’ai repris mes études pour devenir professeur de français et espagnol dans le secondaire anglais. Le PGCE se fait en alternance : du temps en université et du temps en « stage » en école, où j’enseignais vraiment. Je viens tout juste de le terminer et profite actuellement de mes dernières vacances en tant qu’étudiante.

Même si j’ai techniquement travaillé, c’était encore une fois assez différent puisque je suis considérée comme étudiante à plein temps. Je n’ai ni Income Tax, ni Council Tax à payer. Niveau salaire, j’ai bénéficié d’une bourse gouvernementale non-taxable. C’est plutôt sympa.

Et après ?

Du coup, à partir de septembre 2018, je serai employée pour de vrai, avec un vrai salaire et des taxes à payer (hashtag « les joies de la vie d’adulte »). Fini le PGCE, finie la vie d’étudiante avec ses privilèges et ses bonus. Ce sera probablement l’occasion pour moi de revenir sur la vie professionnelle en Angleterre dans un cadre plus traditionnel.

Et le salaire alors ?

Mes salaires ont toujours varié. Quand j’étais assistante, j’étais sous contrat via le British Council. C’est un contrat fixe : je gagnais £896 par mois pour 12h de travail par semaine (soit à peu près £18 de l’heure). En tant que prof de français pour adulte, j’étais payée £15 par heure enseignée. Mon contrat ne stipulait pas de nombre d’heures mensuel, nombre qui dépendait de la demande (deux à six heures par semaine en général).

En ce qui concerne les études, j’ai mentionné une bourse gouvernementale. Il faut savoir que le Royaume-Uni connaît un shortage de professeurs, notamment en langues, sciences et maths. Ce qui fait que les trainee teachers de ces domaines peuvent bénéficier d’une bourse de £25 000 par an (£26 000 pour l’année scolaire 2018/2019), non taxable. Oui, oui, 25 000 balles. Certes, les frais scolaires s’élèvent à £9000 pour une année, mais ça laisse de quoi très bien vivre.

Pourquoi es-tu partie (et restée) ?

Cet article a été rédigé dans le cadre des #HistoiresExpatriées, organisées par Lucie. Le thème de ce mois-ci a été pensé par Hélène de A French in Mexico. Allez faire un tour sur son blog pour découvrir plus de récits d’expatriés.

Encore un peu de lecture

14 Commentaires

  • Mon Expérience Voyage

    17 juillet 2018 at 10:04

    Pas facile la vie de prof en Angleterre. Tu bénéficies d’une bourse ou d’un prêt étudiant que tu dois rembourser quand ton salaire est supérieur à £21,000?

    1. Ophélie G.

      17 juillet 2018 at 10:12

      Alors je bénéficie de la bourse de £25K et j’ai fait un prêt étudiant pour payer mes £9K de frais d’inscription, que je suis censée rembourser une fois que mon salaire est supérieur à £21K (donc dès l’année pro=. SAUF QUE, en ayant trouvé du travail dans le North Yorkshire, je vais être remboursée de mon remboursement car c’est une des régions où les profs manquent le plus, if that makes sense. xx

  • Lucie

    17 juillet 2018 at 11:16

    C’est fou cette bourse de 25K ! Mais les frais scolaires dont tu parles, c’est quoi exactement ? Je ne savais pas que les enseignants devaient payer des frais. Ton article est très instructif :O Nous avons un parcours un peu similaire.

    1. Ophélie G.

      17 juillet 2018 at 11:30

      Oui, cette bourse est complètement dingue ! Les frais scolaires, c’est simplement ce que tu dois payer pour suivre les cours à la fac… Ils varient d’un diplôme à un autre mais pour le PGCE, c’est en général £9000-£9250 ! Du coup, la plupart des trainee teachers passent par un prêt étudiant (c’est ce que j’ai fait). Sinon, c’est beaucoup à débourser d’un coup ! xx

  • Marie

    17 juillet 2018 at 12:27

    Et bientôt tu pourras commenter les différences entre ce que tu as observé en tant qu assistante, que « stagiaire » et que « vraie prof »!

    1. Ophélie G.

      17 juillet 2018 at 12:44

      C’est exactement ça ! 😀 xx

  • Hélène

    17 juillet 2018 at 16:06

    C’est comme toujours un plaisir de te lire Ophélie. Je crois bien que je suis en train de devenir accro à ton blog et tu me fais rêver d’Angleterre!

    1. Ophélie G.

      17 juillet 2018 at 17:43

      Ça me touche beaucoup Hélène, mille mercis ! Tu es la bienvenue quand tu veux (même si pour l’instant ça fait un peu loin…) ! xx

  • ferdy pain d’épice

    18 juillet 2018 at 17:12

    C’est un avantage non negligeable cette bourse, c’est bien que tu en profites !! Et bon courage pour ta nouvelle carrière 🙂

    1. Ophélie G.

      18 juillet 2018 at 23:04

      Ça facilite bien des choses en effet ! Merci beaucoup. 🙂 xx

  • Stephanie

    18 juillet 2018 at 20:57

    Très intéressante ton expérience ! Je me rends compte qu’il y a beaucoup de profs parmi les expats 🙂

    1. Ophélie G.

      18 juillet 2018 at 23:05

      C’est vrai qu’on est beaucoup.. xx

  • Maëva’s Mapa Mundi

    23 juillet 2018 at 13:52

    Je commence à être un peu plus familière avec ton parcours avec tes précédents articles 😉 Comme d’habitude, super clair et explicatif! Ce qui m’intéressait d’en savoir un peu plus sur ton master recherche, en anglais j’imagine? J’en commence un à la rentrée.
    Xx

    1. Ophélie G.

      23 juillet 2018 at 19:52

      Ravie de t’éclaircir sur le sujet. J’ai fait un master recherche qui s’intitulait « Cultures et sociétés étrangères, Europe et Amérique ». C’était très contemporain, mais j’ai fait mes mémoires sur la civilisation celte et les légendes arthuriennes.. C’était à moitié en français, à moitié en anglais. 🙂 xx

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