Liberté, j’écris ton nom.

par Ophélie G.
12 commentaires
Liberté, j'écris ton nom

Le mot du jour, c’est « liberté ». Et aujourd’hui plus que jamais, j’hésite à me mettre derrière mon clavier et à discuter de ce thème. Je ne sais pas vraiment quels pensées balancer sur ce simple mot, dont les syllabes semblent encore un peu confuses à mes yeux. Aujourd’hui plus que jamais, je ne suis pas certaine de ce que ce mot signifie. « Liberté », c’est pourtant un si joli terme. 

La liberté d’avant

Si vous m’aviez demandé il y a six mois ce que représentait pour moi la liberté, je vous aurais probablement donné une date : le 17 juillet. Dans un mois et un jour, c’est le jour officiel des vacances d’été. Celui qui marque la fin de ma (brève) carrière de prof, celui qui marque le début d’une nouvelle vie. Mais avec la situation actuelle qui pèse sur mon quotidien, je ne suis plus si sûre.

J’ai passé beaucoup de temps à râler ces derniers temps, à rant comme on dit en anglais. Parce que je n’avais le temps de rien, parce que le boulot me prenait chaque minute de mon temps libre, occupait chaque cellule de mon cerveau. Je n’avais pas l’impression de manquer de liberté, mais j’avais l’impression d’étouffer, d’être entravée.

La liberté, il y a quelques mois, c’était l’idée de pouvoir rentrer du travail, de me poser, et de ne rien faire. Ou encore, celle de planifier des voyages, des escapades à travers le pays. L’idée de prendre le volant sur un coup de tête, et d’aller passer quelques jours ailleurs, loin. 

La liberté d’aujourd’hui

En Angleterre, le lockdown n’est officiellement pas levé. Nous sommes toujours confinés. Ça hurle de tous les côtés, beaucoup font n’importe quoi mais à priori, le Covid est toujours bien présent et avec lui, les règles incompréhensibles du gouvernement.

Je peux aller chercher un McDo et aller chercher acheter des pyjamas à Primark, mais je n’ai pas le droit d’aller chez mes amis. Je peux apprécier un pique-nique au parc ou sur la plage, mais je dois rester à deux mètres des gens. Je peux aller traîner au centre-commercial, mais je ne peux pas partir en vacances. Je n’ai pas le droit de m’approcher de mes proches, mais je peux rester coincée des heures dans une salle de classe avec des enfants. Incompréhensible, vous ai-je dit.

La liberté aujourd’hui n’a pas la même saveur qu’avant. L’idée m’est presque inconnue. Je suis libre dans mon appartement, j’ai l’impression de vivre une version complètement pétée de Raiponce. Les seules différences : je ne sais pas jouer de guitare et je ne peux pas peindre sur les murs. Et en plus ? Il pleut depuis deux semaines.

Je crois que la liberté, c’est comme internet tout : c’est seulement une fois qu’on en est privé qu’on se rend compte à quel point on y est accro.

La liberté d’après

Je crois que je suis un peu fatiguée aujourd’hui, et que mes mots sonnent un peu mélancoliques – c’est pas grave, ça dépeint parfaitement mon mood du moment. Je semble un peu pessimiste / fataliste mais j’ai du mal à discerner les contours de ce à quoi va ressembler la liberté après tout ce bordel de crise sanitaire à la con.

Alors voilà un échantillon de ce à quoi j’aimerais que ma liberté ressemble dans quelques mois :

  • faire mes courses sans la moindre appréhension
  • pouvoir prendre mes amis dans mes bras
  • m’installer en terrasse, café et livre à la main
  • errer dans les allées de librairies, pour trouver de nouveaux mondes
  • me promener sans avoir à me décaler quand je croise quelqu’un
  • ne plus avoir à demander « you alright? » à tout bout de champs avec la réelle curiosité de savoir si les gens vont bien
  • to be continued.

Sur une note plus positive, le Covid m’a appris quelque chose de fondamental : la vie est trop courte pour se retenir de faire quoi que soit. J’étais déjà relativement sûre et certaine de mon choix de tout plaquer pour partir vivre à Édimbourg. Mais là, plus une once de doute : j’ai pris la meilleure décision du monde.

Pourquoi es-tu partie (et restée) ?

Le rendez-vous mensuel #HistoiresExpatriées a été mis en place par Lucie, expatriée à Venise et auteure du blog L’Occhio di Lucie.

👉 Découvrez les autres participations :

Lucie, en Italie

Amélie et Laura, en Italie

Karine et Nicolas, à Hong Kong

Pauline, en Corée 

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12 commentaires

Coralie 16 juin 2020 - 23:34

J’avoue que le lockdown à l’anglaise me dépasse et déroute.
Félicitations pour ce nouveau projet. Edimbourg, génial ! Hâte de suivre tes aventures écossaises. xx

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Ophélie G. 17 juin 2020 - 10:39

On est d’accord !
Merci beaucoup ! Tellement hâte de bouger en Ecosse ! 😀 xx

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Nicolas & Agnès 17 juin 2020 - 06:07

Le liberté….d’aller a Edimburg pour y trouver la liberté 🙂

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Ophélie G. 17 juin 2020 - 10:39

Exactement ! 😀 xx

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Jennifer 17 juin 2020 - 08:33

Tu as raison ce n’est que quand on est privé de quelque chose qu’on se rend compte de son importance.
Le COVID nous a frustré, démoralisé mais au moins il nous auras appris quelque chose : ce que l’on veut vraiment ! Et que la vie est trop courte pour ne pas s’écouter.
C’est marrant comment on a tous approché la liberté sous un angle différent 😉

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Ophélie G. 17 juin 2020 - 10:39

Sentiment bien partagé ! 😀
J’ai adoré lire les différentes visions des participants, c’est super intéressant ! xx

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3 kleine grenouilles 19 juin 2020 - 11:17

Bon nouveau départ à Edimbourg ! J’espère que tu trouveras rapidement une voie professionnelle qui te plaise et te permette de te sentir libre !

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Ophélie G. 19 juin 2020 - 11:21

Mille mercis ! 😀 J’ai TELLEMENT hâte ! xx

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Camille 24 juin 2020 - 15:21

100% d’accord avec toi. Je me suis dit début juin, lorsque nous avons récupéré l’essentiel de nos libertés (notamment celle d’aller partout dans le pays et d’aller au café) qu’une petite privation de liberté (toute relative) était une excellente expérience : cela m’a permis de savourer (et c’est toujours le cas) d’autant plus le retour à la « normalité ». Et comme toi, ça me conforte dans ma décision de partir en Ecosse : hors de question de passer à côté de ce rêve !

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Ophélie G. 24 juin 2020 - 15:29

On va tous se retrouver en Ecosse ! 😀 😀 xx

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Aurélie 28 juillet 2020 - 12:37

C’est vraiment une période très étrange que nous sommes en train de traverser… Courage à toi, et je te rejoins sur le fait que cette période de lockdown, ou de confinement, nous a rappelé où était l’essentiel…

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Ophélie G. 28 juillet 2020 - 21:36

C’est ça ! xx

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