Pourquoi es-tu partie (et restée) ?

Après avoir manqué les deux premiers rendez-vous #HistoireExpatriées, je me lance enfin dans l’aventure ! Ce rendez-vous mensuel a été pensé et mis en place par Lucie, expatriée en Italie. Le thème de ce mois-ci, c’est « Pourquoi es-tu partie ? ». Je vais un peu déborder en expliquant les raisons de mes deux expatriations et de l’aventure qui en a découlé ! C’est une question très délicate que celle-ci. J’en ai déjà un peu parlé, sans rentrer dans les détails, dans mes articles sur Glasgow. Voici l’occasion de vous en dire plus sur le sujet !

Le commencement : Erasmus à Glasgow, en Ecosse

Ma vie était un peu compliquée back then – ou plutôt, je me compliquais la vie à ce moment. C’était au début de l’année 2011, et je n’allais pas forcément très bien moralement parlant. C’est d’ailleurs une époque que je n’aime pas spécialement aborder, que ce soit ici ou ailleurs. Mais dans les grandes lignes, je traversais une mauvaise période, et j’avais l’impression de ne pas avancer.

J’en étais venue à détester l’université et ce que j’y faisais. Les cours m’ennuyaient, et je passais plus de temps plongée dans mes romans favoris que dans mes livres de cours. Je décrochais complètement, sans vraiment comprendre pourquoi.

En ce début d’année, j’ai perdu deux membres de ma famille. Un oncle dont j’étais proche puis mon grand-père. Ça n’a pas facile de gérer tout ça d’un coup. L’addition pseudo-dépression, insomnies, anémie, décès, études ennuyeuses a fait de moi quelqu’un d’encore plus introvertie et renfermée qu’avant.

J’avais reçu un email de la fac disant qu’il restait des places pour partir en Erasmus dans le nord de l’Angleterre et en Ecosse. Au retour des vacances, j’ai récupéré un dossier d’inscription, l’ai complété en une nuit et l’ai rendu le lendemain. En mai j’avais la réponse : je partais pour Glasgow à la rentrée suivante.

Du coup, je partais non pas parce que j’avais envie de découvrir un nouveau pays ou une nouvelle culture mais pour fuir. Fuir la misérable petite vie que j’avais en France (oui, j’étais assez mélo-dramatique à l’époque) et fuir mes problèmes. Parce qu’à ce moment-là, je n’avais ni l’envie, ni la force de les affronter.

Vivre à Glasgow n’a pas effacé tous mes problèmes, loin de là. Néanmoins, ça m’a appris à relativiser et à aimer de nouveaux mes études. Je suis revenue de cette aventure bien plus sereine et prête à avancer.

Un jour d'automne à la Nécropole de Glasgow Le Kelvingrove Park de Glasgow au fil des saisons

La suite : assistante de français à Stamford, en Angleterre

A peine rentrée de Glasgow, je n’avais qu’une idée en tête : repartir. J’avais fait une promesse à quelqu’un : je devais rester en France pendant deux ans après mon retour. J’ai tenu cette promesse dans l’idée de régler mes problèmes pour repartir sereinement. C’est ce que j’ai fait. J’ai commencé un master recherche en civilisation britannique.

J’ai postulé pour être assistante de français en Angleterre. C’est comme ça que j’ai atterri à Stamford, petite ville dans le sud du Lincolnshire anglais. Ce qui ne devait être qu’une parenthèse d’un an est devenu une aventure de trois ans. Je n’ai jamais été aussi heureuse et épanouie qu’à Stamford.

Stamford m’a ouvert plein de portes et d’opportunité. Travailler en école m’a fait réaliser que je voulais enseigner ma langue. Travailler comme prof de français pour adultes m’a beaucoup appris sur ma propre langue. Je me suis fait d’excellents amis, j’ai découvert de nombreux endroits. J’ai aimé, j’ai ri, j’ai vécu. Je suis davantage sortie en quelques mois qu’en quatre ans de licence en France, ce qui en dit long. C’était la belle vie !

Mon aventure à Stamford m’a fait grandir, au-delà de ce que j’imaginais possible. Je suis devenue plus mature, plus adulte en quelques sortes. C’était l’expatriation dont j’avais besoin je crois.

Stamford, tu vas me manquer Stamford, tu vas me manquer

La continuité : étudiante PGCE à York, en Angleterre

Je ne pouvais pas rester assistante toute ma vie. La suite logique s’est imposée d’elle-même : étudier à l’université pour être prof de français au Royaume-Uni. A aucun moment j’ai envisagé de rentrer en France. D’ailleurs, dans la liste de mes projets 2017, c’était soit les études en Angleterre, soit un déménagement en Ecosse. Je vous ai raconté l’épopée que ça a été pour intégrer une université anglaise. Aujourd’hui, je vis à York, presque dans le nord de l’Angleterre, et j’y suis bien.

Venir habiter à York, ça a été l’accomplissement d’un long processus de candidature, certes. Si je n’avais pas obtenu de place en université, je serais partie ailleurs. Ailleurs, oui, mais toujours sur le sol britannique. J’aurais probablement essayé de trouver un job quelconque, dans l’espoir de rester au Royaume-Uni. Parce que je n’arrive pas à imaginer ma vie dans un autre pays que celui-ci (sauf l’Ecosse, le Pays de Galles ou l’Irlande bien sûr).

York M-4 : Préparatifs York vue du haut de York Minster

Pour conclure

Je ne pense pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise raison pour partir vivre à l’étranger. Clairement, ma première expatriation a été une décision spontanée, sans aucune réflexion sous-jacente. Je suis partie parce qu’alors, c’était la seule solution qui me semblait pouvoir fonctionner. Je voulais prendre l’air, changer d’horizon pour ne pas avoir à affronter quoi que ce soit.

Ma deuxième expatriation s’est beaucoup mieux passée. J’étais plus âgée, plus mature mais surtout, j’avais de bonnes raisons de partir et une envie dévorante de découvrir un autre pays. Je n’envisage pas York comme une troisième expatriation en fait, parce que je ne suis pas rentrée en France depuis trois ans et des poussières. C’est simplement un énième nouveau départ, qui va me permettre de rester au Royaume-Uni. Pour de bon cette fois.

Pourquoi es-tu partie (et restée) ?

Ce thème est à l’initiative de Jéromine du blog L’Archi Voyageuse, qui est expatriée en Grèce.

Ophélie G.

Expatriée en Angleterre, à Stamford, puis à York, depuis septembre 2014, je partage mon quotidien chez les Anglais, mes (més)aventures ainsi que mes balades et découvertes. Parfois je travaille aussi, comme prof de français dans le secondaire britannique !

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14 comments

  • prettylittletruth

    16 janvier 2018 at 09:47

    Belle histoire! Et maintenant une nouvelle page: York! 🙂 xx

    1. Ophélie G.

      16 janvier 2018 at 20:46

      C’est ça ! 😀 xx

  • Stephanie

    16 janvier 2018 at 21:00

    Ah elle est belle ton histoire ! Ca m’a touchée !
    York c’est pas trop loin de Liverpool faudrait qu’on essaie de se caler un RDV un de ces jours !

    1. Ophélie G.

      18 janvier 2018 at 17:30

      Ce serait avec grand plaisir ! xx

  • Maëva’s Mapa Mundi

    16 janvier 2018 at 21:38

    Ton aventure raisonne un peu en moi, je dois moi aussi maintenant choisir un master, mais je ne veux pas rentrer en France, même si le poste d’assistante français me convient à court terme je sais que d’autres aventures m’attendent. L’Ecosse m’a subjuguée, j’aimerais tenter…nous verrons bien. Merci pour ton témoignage!
    http://maevasmapamundi.wordpress.com

    1. Ophélie G.

      18 janvier 2018 at 17:31

      Courage pour la sélection ! C’est une étape difficile, mais tellement importante… En tout cas, peu importe ce que tu décides mais bon courage dans tes démarches ! xx

  • Val Edmond

    17 janvier 2018 at 13:39

    Moi je pense que fuir peut être une bonne raison si tu en prends conscience (comme toi). C’est une première étape vers le bonheur. On s’est tous plus ou moins trouvés en vivant à l’étranger, il n’y a pas à dire !

    1. Ophélie G.

      18 janvier 2018 at 17:32

      Avec du recul, je me dis que ce n’était peut-être pas la meilleure chose à faire. Dans tous les cas, j’ai adoré mon année à Glasgow et ne regrette absolument pas l’aventure – c’est ce qui m’a poussée à finir mes études et à repartir ! xx

  • Anaïs – A BUNCH OF FUTILITIES

    17 janvier 2018 at 16:06

    J’ai beaucoup aimé cet article ainsi que le concept! Comme tu le dis, il n’y a pas de bonnes ou mauvaises raisons de partir, je pense que dans tous les cas, ça nous permet de mieux nous connaître, d’apprendre, de se découvrir, de grandir, ça reste toujours une expérience positive quoiqu’il advienne, même si on connaît quelques merdouilles sur le passage j’ai envie de dire que ça fait partie de la vie aussi :)!

    Bisous bisous chaton ♥

    1. Ophélie G.

      18 janvier 2018 at 17:35

      Merci Chaton. ♥ On est d’accord, on garde le côté positif de la chose ! En plus, les aspects négatifs n’arrivent pas à la cheville du reste. 😀 xx

  • Camomille

    21 janvier 2018 at 20:50

    J’ai adoré lire cet article pour en savoir encore un peu plus sur ton parcours! C’est intéressant de voir qu’on est parties en Erasmus pour des raisons un peu différentes, moi c’était un rêve que j’ai eu toute mon adolescence de vivre un an au Royaume-Uni, j’ai adoré mon expérience au Pays de Galles.

    Je ne regrette rien, j’ai un super vie en France, mais je crois que si je n’avais pas rencontré mon copain, je serais certainement repartie après mon année de master, j’ai laissé une partie de moi dans ce pays qui m’a toujours passionnée… et là bas, j’avais le sentiment inverse, mes proches me manquaient trop! C’est pourquoi j’aime aller régulièrement au Royaume-Uni depuis 🙂 Je viendrai te rendre visite un jour peut être, qui sait? 🙂

    1. Ophélie G.

      25 janvier 2018 at 06:47

      Comme quoi, tout dépend de plein de choses ! Merci d’avoir partagé un petit aperçu de ta propre aventure !
      Ce serait avec plaisir ! 😮 xx

  • Circuit Vietnam Cambodge 17 jours

    24 janvier 2018 at 09:19

    Une belle aventure. Tu es très brave. Je te souhaite les meilleures choses en 2018. Bonne continuation et bonne chance !

    1. Ophélie G.

      25 janvier 2018 at 06:48

      Merci ! xx

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