Je déteste les au-revoir

par Ophélie G.
10 commentaires
Je déteste les au-revoir

Je déteste les au-revoir. Il y a quelques mois, l’aventure d’au-pair d’une de mes amies s’est achevée, et elle est rentrée chez elle, en Allemagne. Bien évidemment, elle est venue passer un bout d’après-midi à Stamford pour boire un café avec ma colocataire et moi-même, avant d’aller chercher les enfants qu’elle garde pour la toute dernière fois. L’ambiance était super triste, et en plus, il pleuvait, ce qui n’arrangeait en rien la situation. On se serait cru dans un mauvais film américain, il ne manquait plus que les violons en arrière-plan. Je ne sais pas pourquoi mais dans ma tête, dire au-revoir sous un soleil écrasant, ça doit quand même être vachement moins déprimant (ou pas ?). Toujours est-il que voilà, soleil ou non, on a dû se dire au-revoir. Et Dieu seul sait que je déteste ça. Surtout que cet au-revoir là n’a fait que marquer le début d’une longue série. Ma coloc et très bonne amie autrichienne est partie, tout comme une autre amie allemande… Il y a aussi mon autre coloc, mais elle revient en septembre alors ça ne compte pas vraiment.

Être expatrié, c’est rencontrer des gens au quotidien et ça, c’est souvent super chouette. Ce qu’on dit rarement, c’est le nombre de fois où on doit dire au-revoir. Il y a les au-revoir déchirants quand on quitte son pays pour la première fois, les au-revoir un peu moins douloureux d’après vacances. Les au-revoir alcoolisés avec sa bande d’amis. Mais aussi, et surtout, les au-revoir définitifs, qui sonnent presque toujours comme des adieux. Parce qu’aussi fortes qu’elles puissent être, les amitiés que l’on tisse en tant qu’expatrié ont souvent une date de péremption, que ce soit de quelques semaines ou quelques mois. On a beau se faire la promesse de se revoir un jour ou l’autre, ça n’arrive quasiment jamais. Du moins, ça ne m’arrive jamais. Mes colocs et amis à Glasgow, par exemple, j’ai gardé un très bon contact avec eux. On papote de temps en temps sur réseaux sociaux, mais jamais il n’a été question de se revoir. Chacun est retourné dans son pays, ou s’est encore plus éloigné. Je sais que dans peu de temps, ma coloc autrichienne repartira chez elle, et que je ne la verrais probablement pas, malgré les plans de voyage qu’on a pu imaginer. C’est quand même triste, tout ça.

Quand j’avais seize ans, dire au-revoir m’était complètement égal. Je n’étais pas du tout du genre à m’attacher aux gens et qu’ils partent ou qu’ils restent, je m’en foutais un peu. J’avais ce caractère un peu merdique qui me rendait forte (ou complètement insensible, je ne sais pas) face à l’éloignement. A partir du moment où mes amis sortaient de ma vie, il n’existaient même plus à mes yeux. J’étais totalement indifférente. Aujourd’hui, tout est bien différent, et dire au-revoir m’est très douloureux. Je ne parle pas des au-revoir temporaires, quand je sais que je vais revoir les personnes dans un futur proche. Non, je parle des au-revoir un peu plus délicats, où la question n’est pas de savoir quand je vais revoir ces gens, mais si je vais les revoir un jour ou l’autre.

Mon dieu, c’est que je suis devenue sensible.

10 commentaires

Vous aimeriez aussi

10 commentaires

Tiphaine 7 juin 2016 - 17:04

Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis. Adolescente, j’étais pas mal insensible, je devais l’être (raisons personnelles), je pleurais assez peu voire pas du tout. Mais un jour, vers 17 ans, la bulle a explosée et maintenant, je pleure pour un rien. Quand c’est triste, quand c’est gai, quand je vois des gens pleurer… Alors tu imagines les au-revoir qui pourraient être des adieux… Je mets des semaines ou même des mois parfois à m’en remettre.

Répondre
Ophélie G. 7 juin 2016 - 22:13

Il m’est arrivé un peu la même chose. Une insensibilité très forte causée par des raisons personnelles aussi, mais qui au fil des années s’est fissurée un peu partout. Aujourd’hui, il m’arrive de l’être encore, mais pour les au-revoir comme ça, c’est difficile.. xx

Répondre
Frenchie au Canada 7 juin 2016 - 17:32

Comme je te comprends… Je suis encore en contact avec quelques amies d’ecosse sur les resaux sociaux mais sans plus. Et ici je me suis fait des amies tres proches qui sont parties et finalement on se perd quand meme de vue 🙁

Répondre
Ophélie G. 7 juin 2016 - 22:15

C’est dommage je trouve, surtout quand on a fini par s’attacher ne serait-ce qu’un minimum.. A croire que l’être humain aime se faire du mal.. 😉 xx

Répondre
Anaïs 13 juin 2016 - 12:13

Les au revoir sont toujours très dure et peu importe le temps (parole de scout). Pour ma part c’est différent car ils sont tous encore en Irlande sauf mon amie Japonaise mais je sais pas c’est bizarre, on sait qu’on se reverra tous, bien que les au revoir nous aient fait pleurer, je sais que dès que je pose un pied à Dublin, ils seront là.
En tout cas je te souhaite de les revoir tous un jour <3.

Répondre
Ophélie G. 13 juin 2016 - 20:35

Merci mon Chaton <3. J'espère que tu reverras tes amis aussi ! xx

Répondre
Amandine 23 juillet 2016 - 15:51

Article très vrai et touchant… c’est exactement ce que je ressens au gré de nos déménagements. Parfois je trouve ça même pesant, passer du temps à créer de nouvelles relations pour au final se dire au revoir. A chaque fois ça me fait verser une larme, et je trouve que c’est de plus en plus dur… disons que pour moi, c’est clairement le point noir de l’expatriation !

Répondre
Ophélie G. 24 juillet 2016 - 17:15

Je pense également que c’est LE point noir de l’expatriation. Et c’est difficile de s’y habituer.. xx

Répondre
Aurélie 31 mai 2017 - 17:48

Je suis d’accord avec vous, c’est le point noir des expat/voyages longue durée… avec aussi, en ce qui me concerne, le fait de ne pas pouvoir être présent comme on le voudrait pour ses proches restés en France.

Répondre
Ophélie G. 5 juin 2017 - 14:19

Malheureusement, c’est une des conséquences du choix de s’expatrier. Je ne regrette jamais ma décision, même si manquer ce genre de choses me rend parfois un peu triste.. xx

Répondre

Laisser un commentaire

Le blog utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Je pars du principe que vous êtes d'accord mais si ce n'est pas le cas, vous pouvez refuser. Accepter Lire la suite