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Les lectures de décembre 2017

En décembre, j’ai eu le temps de lire/découvrir pas mal de nouvelles choses. C’est pour ça que j’apprécie de rentrer en France chez mes parents : j’y retrouve ma bibliothèque personnelle (a.k.a. ma chambre). Sans surprise, j’ai relu plusieurs de mes livres préférés. J’ai sûrement parlé de certains dans d’autres articles, mais certains sont neufs, c’est sûr et certain ! C’est parti pour les lectures de décembre 2017 !

Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo (1829)

Résumé : « Adieu l’espoir, adieu les roses, adieu la nature et le vent ; tout cela n’est plus a moi ; Et Marie, ma pauvre petite fille qui t’aimera désormais ? Mon cour saigne toute ma rage… » Qui parle ? Un homme semblable à tous les autres dans l’attente de la mort. Dehors dans la lumière pâle du petit matin, la guillotine projette son ombre sur le pavé. Dans quelques heures, cet homme sera exécuté. Son crime ? Il n’en dit rien. Le temps presse. Sur le papier qui lui reste, il jette encore ses terreurs et ses angoisses, se souvient du bonheur enfui… Qu’espère-t-il ? Conserver la force de se tenir debout.

Ce que j’en ai pensé : J’ai découvert ce livre quand j’étais au lycée – à moins que ça n’ait été au collège ? Toujours est-il que j’avais adoré cet ouvrage à l’époque. Du coup, c’est avec un peu d’appréhension que j’ai rouvert ce livre pour le découvrir à nouveau.

Je l’ai lu d’une traite. Comment faire autrement avec une telle histoire ? Du condamnée, le lecteur ne sait absolument rien. Ni son identité, ni son crime. Et dans le fond, on s’en fout complètement. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est le résultat de son crime, cette mise à mort abominable, ce destin auquel on ne peut échapper.

Au fil du récit, on a un peu d’espoir qui refuse de mourir. L’espoir qu’à la fin, le condamné sera gracié, qu’il pourra marcher en homme libre une fois encore, vivant. Sauf que ça ne se passe pas comme ça et que la réalité est bien plus terrible.

Je crois que j’ai encore plus apprécié ce livre que la première fois que je l’ai lu, parce que c’est un superbe message d’humanité. Ou de manque d’humanité, je ne sais pas.

Note : 4.5/5

Lectures

Médée de Jean Anouilh (1953)

Résumé : Médée, terrible Médée ! Femme révoltée qui trahit son père, tua son frère pour l’amour de Jason et la conquête de la Toison d’or. Dix ans après, Jason se déprend de Médée et s’apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe. Refusant la fuite et le ‘bonheur, le pauvre bonheur’, Médée va continuer à semer le feu…

Ce que j’en ai pensé : Je ne suis pas sûre d’être tout à fait objective pour ce livre. Je suis une fan incontestable de Jean Anouilh et plus précisément de son Antigone. J’avais déjà lu Médée il y a quelques années, après l’avoir déniché à Emmaüs, et je l’avais immédiatement adoré. Qu’en a-t-il été de cette relecture ?

Sans surprise, je l’ai autant aimé, voire même peut-être davantage. J’aime les tragédies, ce n’est pas un secret. Ajoutez à cela un personnage principale au bord de la folie, qui aime quelqu’un si passionnément qu’elle en vient à le haïr, de la trahison, des sentiments mal exprimés – LE cocktail magique pour moi. Médée est un personnage que je trouve fascinant, parce qu’elle aime sans complexe, d’une manière pure et violente qui la torture et la pousse à commettre le pire. Mais c’est probablement ça que j’aime. Cette profusion de sentiments poussés à leur paroxysme.

Note : 4.5/5

Lectures

L’étranger d’Albert Camus (1942)

Résumé : Condamné à mort, Meursault. Sur une plage algérienne, il a tué un Arabe. À cause du soleil, dira-t-il, parce qu’il faisait chaud. On n’en tirera rien d’autre. Rien ne le fera plus réagir : ni l’annonce de sa condamnation, ni la mort de sa mère, ni les paroles du prêtre avant la fin.

Comme si, sur cette plage, il avait soudain eu la révélation de l’universelle équivalence du tout et du rien.

La conscience de n’être sur la terre qu’en sursis, d’une mort qui, quoi qu’il arrive, arrivera, sans espoir de salut. Et comment être autre chose qu’indifférent à tout après ça ?

Ce que j’en ai pensé : Après avoir entendu parlé de ce livre pendant deux ans par mes années 13 à Stamford, j’ai enfin décidé de me plonger dans ce roman. Je connaissais bien évidemment l’histoire et les personnages, mais l’analyse faite par mes terminales n’a rendu hommage ni à l’une, ni aux autres. J’ai beaucoup adoré ce court roman.

Il y a un instant, je vous disais à quel point j’aimais les sentiments poussés à leur paroxysme. Ce qui m’a plu dans L’Etranger, c’est justement l’absence de sentiment flagrante du personnage principal, Meursault. Parce que c’est probablement ce qui caractérise le plus ce personnage central : il ne ressent rien (ou du moins, ne laisse rien paraître). Rien ne parvient à l’émouvoir et son indiscutable je-m’en-foutisme en fait un personnage tout à fait singulier. Que ce soit la mort de sa mère ou la demande en mariage de sa copine, il hausse les épaules et accepte son sort, sans donner l’impression d’en penser quelque chose.

C’est justement ce qui pose problème. Tout le monde semble ce heurter à cette absence de sentiment qui le rend forcément coupable de tout aux yeux des autres. Lorsqu’il est condamné à mort à la fin du livre pour avoir tué quelqu’un, ce ne sont pas les bonnes raisons qui sont évoquées. Simplement son manque de sentiment, qui passe facilement pour un manque de compassion.

Au fond, je le comprends un peu.

Note : 3/5

Lectures

Dans l’enfer des tournantes de Samira Bellil (2003)

Résumé : 13 ans, Samira a été violée et battue à plusieurs reprises dans une cité de la banlieue parisienne. Sous le joug d’un caïd local, elle a eu peur, des années durant, de témoigner. Peur des conséquences, peur de la répression, peur du qu’en-dira-t-on.

Sans fausse pudeur et sans rien cacher de ce qu’elle a subi et qu’elle nomme « la loi des cités », Samira Bellil confesse le souvenir des violences qu’elle a subies et la perte progressive des repères que cela a entraîné dans son comportement. De la « fille fleur bleue » qu’elle était, elle a été vite considérée comme une « fille facile », puis une « fille à cave ». Vite marginalisée, Samira raconte comment elle a été rejetée par sa famille et même par certaines de ses amies. Placée en centre, elle est devenue fugueuse et très vite a tourné autour de la petite délinquance, livrée à la rue et à ses tentations.

Ce que j’en ai pensé : Je déteste les récits non-fictifs, c’est un fait. Je me suis plongée dans cette autobiographie parce que j’étais chez ma sœur et qu’il n’y avait rien d’autre qui m’attirait.

Je ne nie pas le fait que ce qu’a subi cette jeune adolescente est d’une abomination sans nom. Les violences faites aux femmes (et aux hommes !) sont un sujet sensible qui ne doit pas être minimisé. La question n’est pas là. Seulement, ce récit est beaucoup trop répétitif à mon goût. Résultat, je ne l’ai pas terminé. La lecture était bien trop ennuyeuse pour moi.

Note : 1/5

Lectures

Sobibor de Jean Molla (2003)

Résumé : Dix-sept ans, un bel âge ? Pour Emma, c’est tout le contraire: en quelques mois, elle perd sa grand-mère, quitte son amoureux, vole au supermarché. Elle maigrit beaucoup. Volontairement. Pourquoi ? Elle-même ne le sait pas vraiment. Tout bascule le jour où elle découvre un vieux journal intime dont la lecture l’entraîne dans une douloureuse enquête sur le rôle de ses grands-parents pendant la Seconde Guerre Mondiale..

Ce que j’en ai pensé : Un autre de mes livres favoris, avec Le Petit Prince et Antigone. Découvert au collège, j’avais rencontré l’auteur qui m’avait dédicacé mon roman. C’est à ce jour une de mes possessions les plus précieuses. Mais revenons à nos moutons.

Dans ce livre, Jean Molla met en parallèle deux tabous de notre société : les camps de concentration et l’anorexie. Au fil des pages, on fait la connaissance Emma, dix-sept ans et à peine quarante kilos pour son mètre soixante. On apprend à découvrir comment elle est en arrivée à se faire vomir pour maigrir, pour disparaître. Parce que la réalité est trop laide pour être affrontée.

Si j’aime ce livre, c’est pour le point de vue qu’il propose. Ce n’est pas tous les jours qu’en tant que lecteur, on est plongé au cœur du journal intime tenu par un nazi français d’origine allemande. Ce qu’il y raconte dépasse tout entendement rationnel. Il raconte son petit quotidien tranquille, au cœur d’un camp de concentration polonais. Pendant que lui converse joyeusement, dîne, vit sa vie, d’autres sont assassinés par milliers dans le bâtiment d’à côté. Et il ne fait que déplorer la lenteur de l’entreprise. Les extraits de son journal sont horribles à lire, bien plus que les pensées d’Emma vis à vis de son anorexie. Je me demande ce qu’il en a coûté à Jean Molla pour trouver les mots justes et raconter la vie de ce monstre nazi.

Je ne peux pas trop entrer dans les détails, sous peine de vous spoiler si jamais vous ne l’avez pas lu. Mais je vous recommande grandement ce merveilleux livre.

Note : 5/5

Lectures

13 Reasons Why de Jay Asher (2002)

Résumé : Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Ce que j’en ai pensé : Ce livre est clairement destiné à un public adolescent. J’ai trouvé le style et l’histoire elle-même un peu enfantin. Malgré cela, j’ai apprécié ce roman pour la raison suivante : je suis d’accord avec Hannah, la vie est dans les détails. Le suicide chez les adolescents est beaucoup moins rare que ce que l’on pourrait imaginer et parce que je travaille avec des ados au quotidien, c’est un sujet qui me touche particulièrement.

On oublie vite ce que c’est d’être ado. A quel point cette si merveilleuse période du collège/lycée pour certains peut être un véritable enfer pour d’autres. Personnellement, j’ai détesté cette période et ne la regrette absolument pas. Pour en revenir à ce roman, j’ai apprécié le fait que Hannah n’ait pas été le vilain petit canard de l’école. Au contraire, c’était une fille plutôt populaire malgré elle, pour de mauvaises raisons. Du coup, 13 Reasons Why montre bien que malgré les apparences, tout le monde peut être affecté par le suicide/le harcèlement.

Après, cela reste de la fiction. Je trouve que cette adolescente a vécu un peu trop de choses d’un coup pour que ça soit crédible. En plus de ça, certaines des raisons pour lesquelles elle a mis fin à ses jours n’ont pas vraiment de sens. Et franchement, qui serait assez cruel pour s’enregistrer en prévision de sa propre mort ? C’est quand même super tordu comme histoire… Bref, j’ai aimé, sans vraiment aimer.

Note : 3/5

Lectures

Mon mois de décembre a été plutôt prolifique littéralement parlant. J’ai aussi lu plein de BDs (comme à chaque fois), sans oublier la première partie de Lambeaux de Charles Juliet, Arthur et les Minimoys et quelques tomes de L’Epouvanteur (dont je vous parlais dans les lectures de novembre).

Sur une autre note j’espère que vous avez apprécié cette série d’articles littéraires. Je compte continuer cette année, parce que lire reste mon refuge les jours où je n’ai envie de voir personne. Et j’ai de jolies lectures dont j’ai envie de parler pour janvier !

Vous avez lu quoi dernièrement ?

14 Commentaires

  • Maëva’s Mapa Mundi

    10 janvier 2018 at 15:05

    Je fais l’étranger en ce moment avec mes terminales/premières bilingues donc je l’ai redécouvert tout comme toi!
    Je me rappelle avoir lu sobibor également, il m’avait bouleversée.

    1. Ophélie G.

      12 janvier 2018 at 16:02

      Tu en penses quoi de L’Etranger ?
      C’est aussi l’effet que m’a fait Sobibor ! xx

  • Aurélie

    12 janvier 2018 at 10:04

    Cet article confirme ce que je pensais : nous avons des goûts littéraires proches ! Fan absolue de l’Antigone d’Anouilh, que je relis souvent, l’Etranger m’avait aussi beaucoup marqué… j’y repense parfois d’ailleurs dans les moments de chaleur accablante, chaleur que j’associe à ce roman. du coup, je note précieusement tes idées concernant Sobibor, Médée et le dernier jour d’un condamné… A lire en 2018 ! Merci !

    1. Ophélie G.

      12 janvier 2018 at 16:03

      Du coup, si tu as des suggestions, je suis toute ouïe ! Ma résolution 2018 concernant la lecture, c’est de réduire mes relectures pour découvrir de nouveaux romans/poèmes/pièces… ! Tout conseil est bon à prendre, surtout si tu as les mêmes goûts que moi ! xx

  • Mylia

    12 janvier 2018 at 12:23

    Moi qui suis complètement fan d’Antigone, je n’ai encore jamais lu Médée ! Ton article me fait penser à le rajouter dans ma PAL
    Je n’avais jamais entendu parler de Sobibor, mais ça me donne très envie de le lire!

    1. Ophélie G.

      12 janvier 2018 at 16:04

      Si tu aimes Antigone, tu aimeras forcément Médée ! N’hésite pas à me dire ce que tu penses de ce livre et aussi de Sobibor si tu prends le temps de les lire. 😀 xx

  • Aurélie

    28 janvier 2018 at 09:21

    Me revoilà 🙂 ça y est, j’ai acheté et lu Sobibor et… j’ai été déçue ! J’ai trouvé l’histoire trop « cousue de fil blanc », je connaissais la fin dès les premières pages de ma lecture. J’ai trouvé l’histoire intéressante, mais je pense que ce livre aurait gagné à être un peu plus long, avec un peu plus de développement de certains points, certains personnages, certains passages… Bref, pas un coup de cœur pour moi.

    1. Ophélie G.

      28 janvier 2018 at 10:04

      Arf, ça arrive même aux meilleurs ! :p
      Blague à part, peut-être est-ce le fait de l’avoir découvert quand j’étais ado qui a fait que j’ai adoré ce livre… J’imagine que si je l’avais lu adulte avec un regard neuf, ça n’aura pas été pareil. En tout cas, je suis quand même contente que tu l’aies lu ! xx

      1. Aurélie

        30 janvier 2018 at 21:03

        Je viens d’attaquer le Dernier jour d’un condamné, pour le coup j’accroche nettement plus 😉

        1. Ophélie G.

          31 janvier 2018 at 06:45

          Ahhh ! 😀 xx

          1. Aurélie

            3 février 2018 at 21:11

            Bon, je confirme que j’ai carrément accroché au Dernier jour d’un condamné… Et la préface de 1832 est très intéressante aussi. Tu me demandais il y a quelque temps si j’avais des conseils lecture à te donner ; j’ai fait mon top 10 lecture 2017, il est ici : https://smilingaroundtheworld.com/2018/02/03/mes-lectures-2017-le-top-10/ Cela te donnera peut-être des idées ! Bises 🙂

            1. Ophélie G.

              4 février 2018 at 08:47

              Ah, je suis contente ! 😀 L’édition que j’ai n’a pas la préface de 1832 il me semble, je vais aller y jeter un œil.
              Merci pour ta sélection, je vais aller voir ça de suite ! xx

  • Yelena

    30 janvier 2018 at 20:07

    J’ai eu du mal avec le Camus pour ma part ! Même si objectivement il a de grandes qualités littéraires, j’ai eu du mal à être totalement connectée (comme beaucoup de classiques). Et du coup tu as lu le Lambeaux, de Juliet ?

    1. Ophélie G.

      30 janvier 2018 at 20:11

      Comme quoi, tout n’est qu’une question de goût !
      J’ai lu Lambeaux pour le lycée, il y a de ça une dizaine d’années et je me souviens avoir adoré le style d’écriture ! Depuis, je le relis de temps en temps, mais seulement la partie déprimante, celle qui parle de la mère biologique de l’auteur (va savoir pourquoi…).Tu l’as lu toi ? xx

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