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Chroniques du logement

Vivre dans une maison anglaise

Vivre dans une maison anglaise

S’expatrier, c’est vivre de nouvelles aventures, découvrir une nouvelle culture.. mais c’est aussi se familiariser avec un nouveau quotidien. Et le quotidien, dans une maison anglaise, peut s’avérer légèrement déroutant au début, notamment à cause de plein de petites choses différentes qu’il faut apprendre à apprivoiser.

Voici donc une petite liste non-exhaustive des trucs bizarres différents dans les maisons anglaises.

Vivre dans une maison anglaise

Commençons par la porte

Il y a deux choses majeures à savoir. La première, c’est qu’il n’y a pas de boîte aux lettres à l’extérieur de la maison, comme il est de coutume en France. En Angleterre (du moins dans les villes), il y a seulement une fente dans la porte d’entrée, par laquelle le facteur glisse les lettres (voir la première photo de cet article). Vous imaginez bien que quand c’est un colis, c’est un peu la galère si on n’entend pas le facteur frapper à la porte. Avant toute chose, il est utile de savoir que si notre porte d’entrée est au rez-de-chaussée, mes colocs et moi habitons en réalité au premier étage du bâtiment. Une fois cette fameuse porte passée, il faut donc monter une première volée de marches avant d’arriver à la seconde porte d’entrée. Donc si le facteur ne frappe pas suffisamment fort, malgré la petite note collée à la porte qui dit justement de frapper très fort, et bien on entend pas, ce qui nous oblige à aller chercher le colis au bureau de poste (ou chez les voisins quand le facteur est gentil).

 La seconde chose, c’est l’absence de verrou. Attention, je ne dis pas que notre porte n’est jamais fermée à clé, loin de là. Cependant, en France, on ne quitte pas sa maison sans avoir pris soin de donner un tour de clé dans la serrure. Et bien ici, le système des portes veut qu’il faille une clé pour entrer, mais que le verrouillage est automatique lorsqu’on ferme la porte derrière soi – une histoire de loquet dont j’ignore le nom. Mieux vaut vérifier deux fois qu’on a les clés de chez soi avant de sortir ! Ces systèmes-là ont un système de verrouillage interne, qui permet de « s’enfermer chez soi ». Sauf qu’en collocation, c’est pas possible d’utiliser ce système qui, une fois enclenché, ne permet à personne d’entrer. Vous me suivez ?

Enchaînons sur l’entrée

En réalité, ce qui suit concerne la quasi-totalité de l’appartement, mais c’est le premier truc gênant quand on entre. Je parle bien évidemment de la moquette. Elle est PAR-TOUT, et je n’exagère presque pas. A l’école, dans les salles de classe et les halls, chez le coiffeur, chez le tatoueur, etc. Une de mes amies en avait même dans sa salle-de-bain ! On va pas se mentir, la moquette, c’est franchement moche. Et en plus de ça, c’est une galère monstrueuse à nettoyer ! Par exemple, à l’appartement, l’entrée est tapissée de moquette. Bien évidemment, avec nos emplois du temps respectifs, mes colocs et moi ne faisons qu’entrer et sortir, ce qui n’arrange pas les choses. Et pour couronner le tout, en bas de chez nous, il y a des maisons en constructions. La poussière du chantier s’infiltre partout, et vient se coller dans la moquette, qui devient vite dégueulasse. Or, il n’y a pas de prise électrique sur ce palier-là. A chaque fois c’est la même galère : brancher des rallonges en haut, pour parvenir à nettoyer cette foutue moquette moche – souvent, l’aspirateur pendouille par son fil dans les escaliers, de manière fort peu engageante. Fort heureusement, ces escaliers-là font partie des espaces sans moquette, avec la cuisine et la salle-de-bain (mais pas l’autre volée de marche pour aller au second étage, par contre).

Moquette

Passons à l’appartement en lui-même

A l’intérieur, les fenêtres posent problèmes, à deux niveaux. Le plus emmerdant, c’est l’absence systématique de volets. Au pire, il y a des stores couleur crème, verticaux ou horizontaux, qui atténuent la luminosité le matin, sans toutefois la faire disparaître complètement. Pour celles et ceux comme moi qui ont l’habitude de dormir dans le noir complet, ça complique un peu l’affaire.

Pas de volets

Le second truc chiant, c’est l’absence de double-vitrage. Je sais pas si c’est une question de coût de production et/ou d’installation, mais il n’y en a pas. Chez nous, les constructeurs ont trouvé une alternative : place deux fenêtres l’une derrière l’autre. Non, vous n’avez pas mal lu : les dix fenêtres sont équipées de deux vitres différentes, placées l’une après l’autre. Outre le fait que ça double le lavage de carreaux, c’est vraiment naze car ça a été fait n’importe comment. Une de mes fenêtres de chambre, par exemple, est composée d’une fenêtre à guillotine en premier lieu (donc qu’on peut remonter jusqu’à mi-chemin), puis d’une seconde fenêtre qui cette fois.. s’ouvre par le haut ! A cause de la fenêtre à guillotine et des cinq centimètres qui séparent les deux vitres, impossible d’ouvrir la seconde. Je vous ai mis une photo pour que vous compreniez mon problème. Heureusement que l’autre fenêtre est plus normale, puisque les deux vitres s’ouvrent par coulissage. A part ce petit souci de montage, ce « double vitrage » improvisé est quand même sympa puisque il isole l’appartement, et réduit les bruits extérieurs.

Double-vitrage ?

Le chauffage est souvent électrique, ce qui peut générer des factures d’électricité assez monumentale quand on ne fait pas gaffe. On a en effet tendance à mettre plus de chauffage quand l’isolation n’est pas top et qu’il fait froid (à cause de l’absence de double-vitrage notamment). Tout se règle via un petit boîtier qu’il faut tripatouiller pour comprendre. Et si ce petit boîtier vient à tomber en rade, le chauffage ne marche plus, bien évidemment. Ça nous est arrivé deux fois depuis l’année dernière, mais ce n’était que les piles à changer.

Chauffage

Un autre point qui est étrange, mais que j’aime par-dessus tout, ce sont les interrupteurs placés directement sur les prises électriques. Il s’agit probablement, comme la ficelle-interrupteur de la salle-de-bain, d’une question de sécurité. Mais c’est tellement plus pratique que de devoir débrancher les appareils quand besoin est ! Mais ce n’est pas particulier aux prises électriques, non, puisque tout est équipé de ce petit interrupteur : le four, les plaques chauffantes, la hotte, le frigo, etc. Tout est placé à portée de main, sur le plan de travail, et c’est franchement cool. Par contre, c’est franchement rageant quand on met son téléphone à charger, et qu’on se rend compte trois heures après que la prise est hors-tension (ça sent le vécu, pas vrai ?).

Interrupteur 2Interrupteur 1

Et la salle-de-bain, alors ?

Un truc qui en amuse certains mais emmerde d’autres, c’est l’absence de mitigeur dans les salles-de-bain. Impossible d’avoir de l’eau tiède : soit on s’ébouillante, soit on se gèle. Aucune alternative possible ! Ce qui est étrange, c’est que dans la cuisine, on a un mitigeur tout à fait normal, donc c’est pas que ça n’existe pas en Angleterre. En plus d’être galère au niveau de la température de l’eau, les robinets sont minuscules et collés à la paroi du lavabo : impossible de toucher l’eau sans en mettre partout. Certains ont songé à améliorer ce système par différents bricolages, le plus connu étant une bouteille en plastique liée aux deux robinets, dans laquelle eau froide et eau chaude se mélangent pour créer un semblant d’eau tiède. (Note : à Stamford, l’eau est hypeeer calcaire, d’où l’état déplorable de nos robinets – même le vinaigre blanc n’en parvient pas à bout !).

Pas de mitigeur

Ce n’est pas la seule chose bizarre de la salle-de-bain, il y a aussi le coup de la « ficelle » pour allumer/éteindre la lumière – voire même une seconde ficelle pour la ventilation (nous sommes chanceuses ici, notre ficelle est à double usage). C’est peut-être pour éviter les coups à la Claude François, qui sait ?

Une dernière indication ?

Le dernier point que je voulais aborder dans cet article, ce sont les alarmes. Je ne parle bien sûr pas des radioréveils, mais de vraies alarmes. Je ne sais pas si c’est typique de l’Angleterre ou seulement de Stamford, mais ici, la quasi-totalité des maisons sont équipées d’une alarme. Même notre modeste appartement en possède une. Que ce soit pour alerter le voisinage en vue de cambrioleurs ou en cas d’incendie, il y en a partout. Il n’est donc pas rare de les entendre sonner, sans qu’on sache vraiment pourquoi. La notre n’aime pas le pain de mie un peu trop toasté par exemple, et le bruit de l’alarme réveillerait des morts. Cinq gros gyrophares qui clignotent en rouge, plus la sirène intérieur, plus la sirène extérieure.. Une véritable catastrophe. Et quand ça arrive, il faut descendre dans le hall d’entrée, et tripoter un boîtier qui règle tout ce bazar.  Un jour de décembre où le courant avait sauté dans toute la rue, toutes les alarmes des maisons se sont mis à sonner en même temps. Sans interruption. TOUT l’après-midi.

Alarme Alarme

Malgré tout, on s’habitue vite à tous ces petits changements. On apprend très vite à les assimiler à notre quotidien et on parvient même à ne plus y penser – sauf quand on rentre en France et que tout est différent. Et puis ça pourrait être pire. A Glasgow par exemple, je vivais au troisième (et dernier) étage d’un grand bâtiment industriel où les fenêtres n’avaient pas du tout de double vitrage, même du faux comme à Stamford : l’hiver, il faisait parfois plus froid dans ma chambre que dehors (on avait un propriétaire con et pas de chauffage) ; 9°C pour dormir, c’est difficile. Et on entendait les gens dans la rue, comme s’ils étaient devant nos fenêtres. Sans oublier la douche : déjà, il fallait penser à activer l’eau chaude par un interrupteur dans la cuisine (combien de fois on a dû sortir de la salle-de-bain à moitié nu pour aller s’occuper de ça), et l’eau de la douche passait dans un espèce de boîtier étrange qu’il fallait bidouiller pour changer la température de l’eau et la pression. Un véritable cauchemar ! Et ce système de fente à lettres sur la porte d’entrée : souvent, le facteur ne prenait pas la peine de monter jusqu’en haut… Et on s’était fait cambriolé à cause de l’absence de système de verrou – quelqu’un avait forcé la porte.. avec une carte de crédit. Bref, vous l’aurez compris, c’est rare, mais ces petits trucs peuvent vite devenir emmerdants. Ceci étant dit, nous n’avons jamais eu de souci à Stamford, alors tout va bien.

A ceux qui vivent en Angleterre : quelque chose à ajouter ? 😉

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20 Commentaires

  • Reply crayons et chiffons

    Quand j’encadrais les séjours linguistiques, c’est vrai que la moquette intégrale et les lavabos m’ont bien marquée. Les lavabos un peu plus: le soir ou je me suis retrouvée les cheveux pleins de shampoing au moment ou j’ai voulu basculer la tête dans le lavabo pour les rincer je me suis rendu compte que quelque chose clochait!!! Direction la baignoire!

    9 février 2016 at 09:53
    • Reply Ophélie G.

      Ça ne m’est encore jamais arrivé de devoir me laver les cheveux dans un lavabo anglais, dieu merci ! 😀 xx

      10 février 2016 at 18:55
  • Reply Virginie

    Ahah ! Je retrouve pas mal de choses de ton article ici à Glasgow ! Le coup du téléphone que l’on met en charge et qui ne se charge pas (et pour cause)… j’ai vécu aussi ! On se sent un peu stupide sur le moment ^^ ! Ta maison semble toute mignonne en tout cas !

    9 février 2016 at 11:31
    • Reply Ophélie G.

      Puis c’est toujours quand on a le plus besoin de charger quelque chose qu’on oublie d’allumer ce foutu interrupteur.. La maison sur la photo n’est pas la mienne. 😉 xx

      10 février 2016 at 18:56
  • Reply Charlotte

    Merci pour cet article, c’est amusant de voir les petits détails du quotidien dans d’autres cultures ! J’avoue que pour la moquette je serais bien embêtée, j’ai horreur de ça.

    9 février 2016 at 15:03
    • Reply Ophélie G.

      Le pire, c’est que les Anglais y tiennent à leur moquette.. x) xx

      10 février 2016 at 18:56
  • Reply Estelle - Curiosity Escapes

    Quand je vivais à Londres on avait une sorte de boîtier à l’extérieur de la salle de bain. Il fallait activer deux boutons pour prendre la douche. C’était pas dans la cuisine déjà mais combien de fois j’ai du rouvrir la porte avec une serviette autour de moi pour allumer ce boîtier. Je sais même pas à quoi il servait. Ils sont vraiment bizarres ces anglais, lol.

    9 février 2016 at 17:36
    • Reply Ophélie G.

      En général, ces boîtiers sont là pour activer l’eau chaude.. x) xx

      10 février 2016 at 18:56
  • Reply Marion

    AAAaaahhhh j’adore ca me rappelle pleins de souvenirs !!!! (l’Angleterre me manque…^^).
    Dans ma maison à Lowestoft, il y avait un petit bouton sur la porte d’entrée pour choisir le vérouillage automatique ou pas (pratique!). Et j’avais une douche électrique!!! Mais pas du tout de double vitrage, ça caillait sévère en hiver, surtout avec le vent marin (j’habitais juste à coté de la plage). Mais sinon j’avais aussi de la moquette partout, même dans la salle de bain, et la fameuse ficelle pour allumer la ventilation et la lumière!
    Tu m’as bien inspirée en tout cas, je me demande si je ne vais pas faire un article similaire sur l’Australie (mais pas juste les maisons, il faudrait aussi que je parle des voitures!)

    9 février 2016 at 23:27
    • Reply Ophélie G.

      Mon dieu, t’en avais dans la salle de bain ? Je pensais que chez ma pote, c’était un cas à part.. Ça devrait être interdit quand même ! Je te plains, t’a dû avoir méga froid chez toi en plein hiver avec ces histoires de double-vitrages absents..
      J’attends ton article avec impatience ! xx

      10 février 2016 at 18:58
  • Reply Sophy

    C’est marrant parce que la maison où j’ai grandi, c’est une boite aux lettres dans la porte justement, enfin c’est la petite fente, j’ai toujours trouvé ça normal :). Là avec Chérie on a une maison de ville, et c’est aussi une fente dans la porte comme boite aux lettres ^^

    10 février 2016 at 09:30
    • Reply Ophélie G.

      C’est typique des villes ça, je pense. J’ai grandi dans un petit village, j’avais une boîte aux lettres près du portail. Après, pour mes deux logements étudiants, c’était aussi une boîte. 😉 xx

      10 février 2016 at 18:59
  • Reply Aemilia

    Un article très sympa 😉
    Je suis jalouse des interrupteurs sur les prises électriques !
    Par contre, certaines « particularités » que tu évoques ne me semblent pas propres aux maisons anglaises, comme le boitier pour le chauffage par exemple, ou le chauffage électrique 😉

    10 février 2016 at 12:14
    • Reply Ophélie G.

      Tu peux être jalouse, c’est vachement pratique !
      Après, je sais que certains trucs se trouvent aussi en France, mais c’est juste l’accumulation d’un tas de détails qui est marrante ! 😉

      10 février 2016 at 19:00
  • Reply Cindy

    Hahaha, tout ça est tellement vrai… Au début, on ouvre des yeux ronds sur tout, avec le temps, on ne s’étonne plus de rien. Ou presque.

    18 février 2016 at 08:54
    • Reply Ophélie G.

      Ça devient notre quotidien.. 😉 xx

      18 février 2016 at 14:04
  • Reply MamzelDree

    Ahah je ne peux que valider pour avoir vécu 1 an dans le sud de l’Angleterre ! 🙂

    18 février 2016 at 10:49
    • Reply Ophélie G.

      Héhé 😀 ! Ça me rassure de voir que d’autres expats valident ! xx

      18 février 2016 at 14:05
  • Reply Anaïs

    Alalala les interrupteurs on/off mon dieu, que de souvenirs XD!

    28 février 2016 at 12:12
    • Reply Ophélie G.

      Je me suis encore faite avoir hier, et ça fait plus d’un an que j’habite en Angleterre, je devrais avoir l’habitude.. Résultat, mon portable faisait le mort ce matin, complètement déchargé.. 😉 xx

      28 février 2016 at 12:18

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