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Tu veux faire quoi quand tu seras plus grande ?

Tu veux faire quoi quand tu seras plus grande ?

Tu veux faire quoi quand tu seras grande ?

C’est probablement la question que l’on m’aura le plus posé en vingt-cinq (bon, presque vingt-six) ans d’existence. Aussi loin que je m’en souvienne, les gens que j’ai pu rencontrer, adultes ou non, n’ont cessé de me poser cette grande question qui tue. Tu veux faire quoi quand tu seras plus grande ?

A cinq ans, je voulais être bibliothécaire.

A dix ans, je voulais être professeur d’anglais.

A quinze ans, je voulais être médecin légiste.

A vingt ans, je ne savais plus.

A force d’entendre cette question répétée, ouvertement ou du bout des lèvres, j’ai fini par m’y perdre et ne plus savoir où j’en étais, ni ce que je voulais. A vingt ans pourtant, on est censé savoir ce qu’on veut faire de sa vie, voire avoir déjà commencé à étudier pour – histoire de mettre toutes les chances de son côté, un truc comme ça. C’était mal barré pour moi. A quinze ans, j’ai choisi la filière scientifique, moi qui abhorrait les mathématiques, la biologie et la physique-chimie par-dessus tout – mais c’était pour éviter la philo. J’ai quasiment loupé mon bac d’ailleurs, tellement tout ça m’ennuyait. A vingt ans, j’étais en deuxième année de Licence d’anglais, et je ne savais toujours pas où ça me mènerait. Prof ? Bosser dans le tourisme ? Faire un doctorat pour être enseignante-chercheuse ? No idea.

J’ai toujours vu cette question comme une accusation, un sous-entendu abominable qui te fait comprendre que les gens ne comprennent pas tes choix, ni ton absence de réflexion quant à ton avenir. Plus on me l’a posée cette question, moins je savais y répondre, moins je voulais y répondre. Mes envies de gamines étaient passées depuis longtemps, et l’assurance que j’avais en répondant s’était effacée elle-aussi. Continuer mes études inlassablement a été la solution la plus facile à mes yeux. Une licence, c’était trois ans de plus pour réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie. Un master, c’était deux ans supplémentaires pour me trouver. Au final, être étudiante m’a permis de ne pas rester inactive, tout en me donnant du répit. Je voyais la fac comme un élément important qui me permettait de repousser l’échéance au maximum, celle où je devrais faire un choix qui serait déterminant. D’ailleurs, si je n’étais pas partie en tant qu’assistante, je serais aujourd’hui probablement engluée dans un doctorat, que j’aurais prolongé au-delà des trois ans de rigueur.

Malgré tout, cette question ne m’a jamais perturbée plus que ça. Je crois que je suis une opportuniste, et je pense fermement que chaque question finit par trouver une réponse d’elle-même. Et je n’avais pas totalement tort sur le sujet. J’ai eu de la chance d’avoir une famille compréhensive qui ne m’a jamais poussée à faire quoi que ce soit, et qui m’a toujours laissée faire, et plus particulièrement, qui m’a toujours laissée assumer mes propres choix. Mes parents sont probablement les personnes les plus encourageantes que je connaisse. Ils ne m’ont jamais influencée pour prendre des décisions, tout en me donnant de précieux conseils, et je ne les remercierai jamais assez pour ça. Sans me faillir, ils ont supporté mes idées farfelues, mes changements de plan de dernière minute, mes choix parfois un peu bancals. Au final, ça m’a beaucoup aidée.

L’université, malgré les hauts et les bas, m’a globalement plu, je ne vais pas mentir. J’aime les études, surtout quand je choisis la filière de manière réfléchie : passer des heures à lire de gros traités de civilisation ou de langue, rédiger de longues dissertations, apprendre et découvrir. Tout ça c’est mon truc, et y renoncer en recevant mon diplôme de master a été comme un électrochoc. Ça m’a méchamment rappelé que l’heure était venue, que je ne pouvais pas continuer à repousser l’échéance continuellement.

Aujourd’hui, j’approche de mes vingt-six ans, et je sais enfin ce que je veux faire de ma vie. Il m’aura fallu passer la primaire, le collège, la filière S choisie pour éviter la philosophie, une licence d’anglais sélectionnée au hasard, un master recherche, deux ans d’assistanats pour arriver à résoudre cette équation qui semble si cruciale aux yeux de tous. La perspective de me replonger dans les études, même pour un an, m’enchante, et me motive à travailler dur pour parvenir à mes fins. Aujourd’hui, je veux enseigner le français dans un pays anglophone, probablement l’Angleterre. Ça va m’obliger à faire de nombreuses démarches pour parvenir à entrer dans une université anglaise afin de passer le diplôme nécessaire, mais l’idée me plait beaucoup. Je vais reprendre mes études, deux ans après l’obtention de mon master mais cette fois-ci, tout sera différent, et en bien. Parce que mes réflexions internes auront eu le temps de mûrir et que j’aurais choisi mon propre chemin.

Tu veux faire quoi quand tu seras grande ?

A presque 26 ans, je peux enfin répondre : je veux être heureuse et épanouie dans mes choix.

Prof de FLE : bilan d'une première expérience

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26 Commentaires

  • Reply Lorrie

    Une fois de plus, j’aime beaucoup ton article et je m’y retrouve beaucoup, sauf que moi je viens d’entrer dans la phase où je ne sais plus quoi faire justement et où j’ai juste envie de me trouver moi avant de faire des choix. Ton article me rassure donc beaucoup et je suis très contente que tu te sois trouvée 🙂
    Bisous ♡

    29 mai 2016 at 14:10
    • Reply Ophélie G.

      Très sincèrement, ne te prends pas la tête avec tout ça, ça ne sert strictement à rien. Tu trouveras bien vite ce que tu veux faire. 🙂 xx

      30 mai 2016 at 10:27
  • Reply Ernestine

    J’ai beaucoup aimé ton article qui m’a fait penser à l’un des miens ( https://cotidianebyernestine.com/2014/08/30/ce-que-le-blog-a-change-chez-moi/) … finalement à bientôt 26ans et avec un tournant dans ma vie, je crois que je n’ai pas fini d’établir mon projet. De professeur de français…je passerai bien professeur de français dans un pays arabe…ou professeur pour les non allophones (en France du coup)

    30 mai 2016 at 14:21
    • Reply Ophélie G.

      Je viens d’aller faire un tour sur ton blog pour aller lire l’article en question. 🙂 Je ne peux que te conseiller de suivre la voie qui te convient le plus, d’autant que tes projets ont l’air vraiment sympas. 🙂 xx

      30 mai 2016 at 21:31
  • Reply Lion Love Laugh

    Je me retrouve tellement dans tes mots. Cette question, on nous la pose souvent à tort et à travers. Et pourtant, je ne pense pas que ça soit la question la plus importante. Non, je ne sais pas encore ce que je veux faire plus tard, mais est-ce vraiment important ? Est-ce que je ne peux pas continuer à avancer dans la vie sans avoir tout prévu ?
    Merci pour ton article, tellement rassurant dans tout ça. L’heure des choix arrivera, c’est certain mais pour l’instant, je me laisse porter 🙂 Bisous ♥

    30 mai 2016 at 14:42
    • Reply Ophélie G.

      Je ne pense pas non plus qu’il soit essentiel de pouvoir répondre à cette question le plus tôt possible. A chacun son rythme, le plus important étant de faire quelque chose que l’on va aimer toute sa vie. Tu as bien raison, laisses-toi porter, l’heure des choix arrivera bien assez vite. xx ♥

      30 mai 2016 at 21:32
  • Reply Frenchie au Canada

    Si ca peut te rassurer a 31 ans je ne suis toujours pas sure de ce que je veux faire… Je vois ou je trouves des opportunites et je me laisse guider 🙂
    C’est super que tu ais trouve ta voix

    30 mai 2016 at 16:35
    • Reply Ophélie G.

      Ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule dans ce cas-là ! 🙂 Je pense très sincèrement que l’âge n’a aucune espèce d’importance quand il s’agit de ce genre de choses. L’important, c’est de trouver ce qu’on aime faire. La question du « quand » n’a aucune importance ! xx

      30 mai 2016 at 21:33
  • Reply Sophy

    Bravo ma belle pour ta une sur Hellocoton en section humeur, tu l’as amplement mérité ! Je suis fière de toi, des bisous 🙂

    30 mai 2016 at 18:32
    • Reply Ophélie G.

      Merci ma belle ! 😀 Plein de bisous. ♥ xx

      30 mai 2016 at 21:34
  • Reply Marketing&Caféine

    Félicitations pour avoir trouvé ta voie ! 🙂 il est vrai qu’aujourd’hui on a tellement le choix… que bien souvent on ne sait plus ! Tellement d’horizons qui s’ouvrent à nous à nos vingt ans, de quoi donner le vertige, même si on entend déjà les anciennes générations nous dire qu’on a bien de la chance. Oui, on le sait, d’où ce petit sentiment coupable que tu évoque, et que l’on a quand on est étudiant et qu’on se cherche, parfois même une fois entré dans la vie active.. Quoi qu’il en soit, bonne chance pour ton beau projet 😉

    30 mai 2016 at 21:34
    • Reply Ophélie G.

      Je suis entièrement d’accord, aujourd’hui l’âge n’est plus synonyme de limites mais au contraire, d’un choix incroyable de libertés ! Merci beaucoup 🙂 xx

      31 mai 2016 at 16:30
  • Reply prettylittletruth

    Je crois que c’est aussi une des questions qu’on m’a le plus posee, et a presque 30 ans, je ne suis toujours pas sure de pouvoir y repondre completement 🙂

    31 mai 2016 at 08:43
    • Reply Ophélie G.

      Je suis franchement ravie de voir que je ne suis pas la seule à avoir longtemps été perdue vis-à-vis de mon avenir ! xx

      31 mai 2016 at 16:30
  • Reply Anaïs

    Ton article ne pouvait pas tomber mieux! Il y à encore une semaine de ça j’étais dans la période « BORDEL? JE VAIS FAIRE QUOI? » #jesuisperdue. Le pire dans tout ça c’est que je sais où je veux atterrir, je ne connais pas le chemin. Enfin, c’était jusqu’à ce début de semaine. Aujourd’hui, je sais ce que je veux faire l’année prochaine et je connais le chemin pour arriver à mon but ultime maintenant. Et j’en suis bien contente! Et comme tu l’as dit à la fin de ton article « je veux être heureuse et épanouie dans mes choix ». Après tout c’est notre propre vie :)!
    En tout cas je suis très heureuse pour toi! Et je te souhaite de réussir ce que tu vas entreprendre petit chat! ♥

    1 juin 2016 at 14:47
    • Reply Ophélie G.

      Je suis heureuse que tu aies trouvé ce que tu veux faire l’année prochaine ! C’est quoi ton but ultime ? Je suis très curieuse. 😉
      Merci beaucoup Chaton ! ♥ xx

      2 juin 2016 at 15:23
      • Reply Anaïs

        J’ai pour projet, depuis bientôt 4 ans, de monter un concept store à l’étranger (maybe Dublin haha), où il y aurait une partie frip et une partie tattoo/piercing :)!
        Avec plaisir ♥♥

        2 juin 2016 at 15:48
        • Reply Ophélie G.

          Mais c’est un très joli projet ça ! 😮 Tu peux déjà me compter comme cliente ahah ! 😀 xx ♥

          2 juin 2016 at 15:53
  • Reply Laura

    wow, j’ai l’impression de me lire. Même si je n’ai pas suivi le même parcours mais j’ai l’impression de me voir: parcours économique dans le secondaire, 3 ans en marketing et maintenant un master en communication en option nouveau media avec un peu l’espoir que cette option nouveau media arrivera à m’amener un quelque chose de plus créatif que simplement journaliste ou de la RP. J’ai 22 ans et j’ai pas encore de vrai métier en tête disons que l’entonnoir se rétréci d’année en année j’espère un jour aspirer à trouver le job qui me convient vraiment comme toi un peu qui passe de science à anglais puis finalement fini à prof de français en Angleterre. J’ai l’impression que c’est aussi un peu une généralité à notre génération: tardivement savoir ce que l’on veut. Et galérer pour y arriver.
    Bref, un bel article inspirant et une belle découverte ce soir.
    Bisous.
    Laura – https://junethirty.wordpress.com/

    2 juin 2016 at 22:29
    • Reply Ophélie G.

      Comme tu le dis si bien, je pense que c’est caractéristique de notre époque, ce fait d’être un peu perdus. Un siècle en arrière, les gens de notre âge ne se posaient pas la question, ils marchaient dans les pas de leurs parents, étaient mariés, avaient des enfants.. Aujourd’hui, nos jouissons d’une incroyable liberté de mouvement, et le prix de cette liberté est un peu ce sentiment d’être paumés.. 🙂 xx

      3 juin 2016 at 20:45
  • Reply Andréa

    Waouw, c’est marrant je voulais écrire un article autour de ce même sujet et surtout de la fameuse question  » Que veux tu faire quand tu seras grand?  » Qui nous à plus souvent mit la pression qu’autre chose.
    Parfois notre chemin se dessine quand on lâche prise et qu’on laisse la chance au hasard:)
    Merci en tout cas pour ces mots qui font écho à mes pensées:)

    6 juin 2016 at 14:07
    • Reply Ophélie G.

      Je ne peux qu’être d’accord avec toi ! A force de trop se prendre la tête, on laisse passer d’incroyables propositions. Alors qu’en se laissant un peu vivre, on a plus de chance de trouver sa voie de manière naturelle. 🙂

      Si jamais tu écris ton article, je serais ravie de le lire ! xx

      7 juin 2016 at 22:03
  • Reply BBxMarmotte

    Comme je me reconnais dans ton article ! J’ai longtemps cherché ce que je voulais faire, seulement aujourd’hui je n’ai toujours pas de but précis.. J’ai étudié la compta, l’art, l’infographie et la petite enfance.. pour me retrouver IT Specialist en Pologne. Ce job me plaît bien, mais je ne sais sincèrement pas ce que sera mon avenir pro.. En tout cas, c’est cool que tu ais trouvé ta voie 🙂

    8 juin 2016 at 15:33
    • Reply Ophélie G.

      Comme quoi, on doit parfois passer par plusieurs chemins avant de trouver celui qui nous conviendra le plus ! xx

      9 juin 2016 at 15:25
  • Reply Apprederisse

    Médecin légiste? Comme quoi on change beaucoup avant de trouver sa voie 😉 Moi tu sais, j’ai voulu être archéologue (Merci Indy <3), styliste et instit'… Et aujourd'hui je ne sais toujours pas quel boulot serait fait pour moi… à 31 ans… Si! Dompteuse de licornes! 🙂

    28 juin 2016 at 14:23
    • Reply Ophélie G.

      C’est exactement ça ! J’ai bien changé depuis.. 😉 31 ans, 46 ans.. Peu importe l’âge ! Et je trouve que dompteuse de licorne, ça peut être très sympa ! xx

      28 juin 2016 at 18:21

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