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Le Book Club

Parenthèse littéraire – Sélection d’hiver

Sélection d'hiver

Je sais, l’hiver n’est pas tout à fait terminé, mais on va faire comme si c’était le cas. Après mes dix coups de cœur de 2015, les choses sérieuses commencent aujourd’hui ! Cette nouvelle rubrique, ça fait des mois que j’y pense, sans jamais avoir vraiment pris le temps de m’y attarder pour de vrai. Au départ, j’avais dans l’idée de vous parler de toutes mes lectures mais, sans me vanter, je lis beaucoup trop pour avoir le temps d’écrire ne serait-ce quelques lignes sur chaque ouvrage. Je me suis donc décidée à vous parler de mes coups de cœur, de mes (re)découvertes ou même de mes déceptions. Je lis de plus en plus de chroniques de blogueuses, et à chaque fois, je rallonge ma Pile à Lire – comme si elle en avait besoin… Bref, aujourd’hui je vous parle de cinq livres que j’ai lu en ce début d’année : trois découvertes, et deux redécouvertes.

 Les découvertes

Outlander, Diana Gabaldon (1991)

C’est par la série éponyme que j’ai découvert la saga Outlander de l’auteure américaine Diana Gabaldon. Autant dire que j’ai tout de suite aimé cette série : l’histoire se déroule en Ecosse, dans les Highlands, pendant la révolte Jacobite dans les années 1740. Ajoutez à ça un peu de fantasy, avec l’héroïne qui traverse le temps, et vous avez un truc franchement chouette. Je dois avouer que le livre m’intimidait beaucoup : 900 pages écrites en anglais avec des dialogues anglo-écossais. Puis viennent les sept autres tomes, tous aussi épais. J’ai donc mis quelques mois pour me lancer, et j’ai regretté. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce merveilleux univers :

Après la Seconde Guerre Mondiale, Claire et Frank Randall se retrouvent à Inverness, en Ecosse, pour une seconde lune de miel. Le lieu n’est pas fortuit : Frank essaye de reconstituer son arbre généalogique et se penche sur son ancêtre, Jonathan Randall, capitaine de l’armée britannique alors posté en Ecosse. Alors que les deux époux observent en secret un rituel néo-druidique autour des pierres levées de Craigh na Dun, Claire se retrouve propulsée deux cents ans en arrière. Ses ennuis commencent lorsqu’elle rencontre Jonathan Randall et est sauvée par les hommes du clan MacKenzie, qui vont alors se demander ce que fait cette Sassenach si loin dans les Highlands.

Malgré la longueur de ce premier roman, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Les personnages sont décrits avec beaucoup de finesse et évoluent de manière très cohérente. La dimension historique est impressionnante, et je me suis retrouvée plongée dans une civilisation vraiment méconnue (à moins d’avoir étudié en université écossaise, comme ce fut mon cas, on échappe malheureusement à l’histoire écossaise). J’y ai découvert de nombreux aspects de la vie dans les Highlands au XVIIIe siècle, ainsi que le revers de cette guerre constante entre Ecossais et Anglais (dont les stigmates persistent encore de nos jours). Les aventures mouvementées se succèdent, sans être trop invasives, et les moments de vie quotidienne sont comme une bouffée d’air dans cette chronologie marqué par ce conflit anglo-écossais. La dimension linguistique est également très prenante : le récit est majoritairement en anglais, car Claire est britannique, mais les dialogues des Ecossais sont en gaélique écossais ou avec un accent bien éloigné de celui de la Reine. Et ça, j’ai adoré !

Bref, le premier tome de la série Outlander a été un réel coup de cœur en ce début d’année 2016 et il me tarde de découvrir le reste !


☞  Découvrir Outlander en anglais.

☞  Découvrir Outlander : Le Chardon et le Tartan (1) en français.


The Ice Dragon, George R. R. Martin (1980)

C’est sur le blog La Parenthèse Imaginaire que j’ai découvert ce livre de l’auteur de la saga Game of Thrones, et ce qu’elle en disait m’avait donné envie de découvrir ça à mon tour. Quand je l’ai déniché à Waterstone, je n’ai pas hésité une seule seconde pour l’acheter.

C’est l’histoire de la petite Adara, fillette de l’hiver, différente des autres enfants. Fascinée par l’hiver, ses flocons, ses vents glacés et ses petits lézards de glace. Et surtout, fascinée par le Dragon de Glace qui terrorise les villageois en sillonnant le ciel. Lorsque la guerre approche et que les grands dragons du nord brûlent tout sur leur passage, Adara a peur pour le Dragon.

Ce conte pour enfants est absolument incroyable. Je n’ai jamais lu les Game of Thrones – du moins, pas encore – et c’était pour moi l’occasion de découvrir la plume de G.R.R. Martin. Autant vous dire que je n’ai pas été déçue ! Ce petit récit d’une centaine de pages est si joliment écrit que la poésie se reflète sur chaque page. L’auteur nous invite à découvrir l’univers d’Adara avec beaucoup de douceur. L’univers est sombre, mais les thématiques abordées sont dignes d’un conte : la différence, le rejet, les relations familiales – des thèmes auxquels on peut aisément s’identifier. Bien que le texte se suffise à lui-même, les illustrations de Luis Royo viennent le sublimer d’une manière extrêmement délicate. Dans l’édition que je possède, ces croquis sont en noir et blanc, et sont parfaitement adaptés à l’hiver décrit entre les pages. Le coup de crayon est fin et délicat, tout en détails, et épouse très bien le texte, le complétant de la plus jolie des façons. Un joli conte à lire quand il fait froid.


☞  Découvrir The Ice Dragon en anglais.

☞  Découvrir Dragon de Glace en français.


Les Fiancés de l’Hiver, Christelle Dabos (2013)

Ce livre, c’est sur la blogosphère que je l’ai découvert, encore une fois via La Parenthèse Imaginaire qui en a fait la critique – critique qui m’a très fortement donné envie de découvrir cet univers. J’admets que le détail qui m’a le plus intriguée, c’est que le personnage principal porte le même prénom que moi, Ophélie, et que c’est bien la première fois que ça arrive. Ajoutez à ça un univers un peu fantasy, et vous avez tout pour m’attirer. Pour ceux qui seraient passés à côté, voici ce qu’en dit la quatrième de couverture :

« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. Une héroïne inoubliable, un univers riche et foisonnant, une intrigue implacable. »

La lecture de ce superbe livre m’a un peu fait penser à l’histoire d’Ewilan, du regretté Pierre Bottero, dont les trilogies m’avaient énormément plu quand je les avais découverts – à cause l’univers, mais aussi des personnages et du style d’écriture. Comme à chaque fois qu’un livre me plait vraiment, je l’ai quasiment lu d’une traite. Au début, ce n’était pas évident de lire l’histoire d’Ophélie, car son prénom faisait que je m’assimilais à elle. Il n’y a pas seulement le prénom qui nous rapproche : comme moi, elle porte de grosses lunettes et ne se sépare pas de sa grosse écharpe. Autant de petits détails qui, au final, m’ont permis de totalement m’immerger dans l’histoire, sans parvenir à m’en détacher. J’ai beaucoup aimé ce premier tome, car il soulève de nombreux questionnements, mais n’apporte que très peu de réponses. Très peu, mais suffisamment pour donner envie de lire le second tome, paru il y a quelques mois, avec impatience.

Il me tarde donc de lire le tome 2 de « La Passe-Miroir », intitulé Les Disparus du Clairdelune !


☞  Découvrir Les Fiancés de l’hiver en français.


Les relectures

Phèdre, Jean Racine (1677)

Cela faisait des années que je n’avais pas replongé le nez dans de la littérature classique. Cependant, là, j’en avais très fortement envie et j’ai relu Phèdre, Andromaque et Iphigénie. Et c’est le premier des trois que j’ai aimé par dessus-tout. La tragédie, c’est beau, c’est propre. On sait que quelqu’un va mourir, et il n’est donc pas question de se soucier de ça – aucune attente désagréable, on n’a pas à songer qu’il y a forcément une autre fin possible. D’ailleurs, Jean Anouilh, dans Antigone (1944), résume bien la situation : « C’est propre, la tragédie. C’est reposant, c’est sûr… (…) Dans la tragédie on est tranquille. D’abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce n’est pas parce qu’il y en a un qui tue et l’autre qui est tué. C’est une question de distribution. Et puis, surtout, c’est reposant, la tragédie, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir. »

L’histoire de Phèdre est tragique, du prologue au dénouement. Fille de Minos et Pasiphaé, Phèdre est l’épouse du célèbre Thésée, mais aime en secret son beau-fils, Hippolyte, qui est épris  d’une princesse d’un clan ennemi. Lorsque Thésée est annoncé mort, Phèdre s’empresse d’avouer son transport à Hippolyte, qui la rejette. Sauf que Thésée n’est pas vraiment mort, et qu’à son retour, on lui apprend que son propre fils a forcé sa belle-mère – Hippolyte est banni et finit par mourir en mer. Quant à Phèdre, elle finit par déclarer la vérité à Thésée, et meurt empoisonnée.

Un triangle amoureux (enfin, presque), des relations familiales tordues, de la trahison, du mensonge – la fin de cette pièce est inéluctable, Phèdre n’a pas d’autre choix que de mourir. Je ne sais pas pourquoi j’aime autant cette tragédie.. Peut-être est-ce à cause de Phèdre, que l’on prend facilement en pitié à cause de ses sentiments… Ou encore à cause d’Hippolyte, manipulé jusqu’à la mort à cause de son incapacité à aimer en retour ? Tout ça pour dire que j’ai aimé relire cette pièce, que j’ai apprécié de la redécouvrir avec un œil adulte, une dizaine d’années (MON DIEU) après l’avoir lu pour la première fois. Chose étonnante d’ailleurs, je me souviens encore par cœur de la tirade effrénée de Phèdre, dans laquelle elle avoue son amour pour son beau-fils à sa servante, Œnone.


☞  Découvrir Phèdre en français.


The Trick is to Keep Breathing, Janice Galloway (1989)

Un peu de littérature écossaise pour conclure ce premier article littéraire. Ce livre-là n’est pas vraiment connu en France (ni le livre, ni son auteur n’ont de page Wikipédia française, c’est vous dire) et c’est en cours de littérature écossaise, à l’Université de Glasgow, que je l’ai découvert et étudié pour la première fois. Je l’avais vraiment aimé, et j’avais hâte de replonger le nez dedans. Les livres d’occasion vendus sur Amazon m’ont permis de l’acquérir pour le relire.

L’histoire est un peu compliquée à résumer. Pour faire au plus simple, l’héroïne, Joy (dont le prénom est vraiment en décalage avec son histoire), 27 ans et profs de théâtre dans le secondaire, est dépressive, anorexique et alcoolique. Elle nous raconte des épisodes de sa vie, de manière bancale – jusqu’à sa décision de guérir. C’est vraiment tout ce que je peux en dire.

Dès le départ, on ne sait pas le pourquoi du comment, on est simplement spectateur de sa déchéance qui ne fait qu’empirer au fil des pages, jusqu’à à un certain point. L’histoire qu’elle nous raconte n’a pas vraiment de fil conducteur, et il est parfois difficile de suivre le cheminement de son récit – on comprend rapidement que la narratrice elle-même n’arrive pas à suivre. Elle se contente de survivre à sa descente aux enfers, sans sembler vouloir s’en sortir. Ce que j’aime le plus dans ce livre, c’est que la mise en forme est aussi importante que le récit lui-même et illustre parfaitement le bordel de sa tête/vie : certains numéros de pages manquent à l’appel, il y a quelques mots, quelques phrases éparses éparpillés dans les marges, certaines choses sont écrites en capitales, d’autres en minuscules caractères.

En le relisant pour la seconde fois, je me suis surprise à en être déçue – mon idée de ce livre s’est probablement idéalisée au fil des années. J’aime cette histoire, ça c’est sûr, mais un peu moins que la première fois. Le style d’écriture m’a parfois semblé insipide, parfois trop lourd pour être agréable. Bien évidemment, avec une héroïne comme Joy, dont la vie semble bien noire, difficile d’avoir un récit léger et insouciant – c’est bien là tout l’enjeu de ce dernier. J’imagine que, tout comme The Perks of Being the Wallflower de Stephen Chbosky, c’est le genre de livre à lire quand on se sent bien dans ses baskets, ou à un moment où tout va pour le mieux – sinon, c’est la dépression post-lecture assurée.. Un livre à lire au moins une fois dans sa vie !

Voilà qui conclut ce premier article consacré à la littérature. Ce ne sont pas vraiment des chroniques élaborées, juste un petit topo sur ces lectures qui m’ont touchée en ce début d’année 2016 et que j’avais envie de partager avec vous. 😉


☞  Découvrir The Trick is to Keep Breathing en anglais uniquement.


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8 Commentaires

  • Reply Frenchie au Canada

    Décidément, il va vraiment falloir que je me mette a Highlander. Tout le monde autour de moi en parle…. Je me suis replongée dans la série des Rougon Macquart de Zola et j’adore

    8 mars 2016 at 20:24
    • Reply Ophélie G.

      Outlander, tu veux dire :p ? Il faut vraiment que tu t’y mettes oui, c’est un chef d’oeuvre ! J’ai dû lire « Au Bonheur des Dames » de Zola pour le lycée, j’avais pas réussi à aller plus loin que le dixième chapitre.. x) xx

      8 mars 2016 at 21:08
  • Reply Alexandra

    Je ne savais pas que George R R Martin avait écrit un autre livre sur les « Songs of Ice and Fire » que j’ai dévoré !!! J’ai maintenant trooop envie de le lire. Je sens que dès ce soir, je vais le charger sur ma Kindle 🙂

    9 mars 2016 at 17:09
    • Reply Ophélie G.

      Il faudrait que tu déniches la version papier, car je pense que les dessins apportent beaucoup de charme à ce conte tout en douceur. Tu es bien courageuse d’avoir lu « Songs of Ice and Fire » ahah ! 😉 xx

      9 mars 2016 at 18:28
  • Reply Spoilers by MElo

    Les fiancés de l’hiver est dans ma liste, je pense le commencer prochainement, j’en entend tellement parler !
    Outlander, je n’ai pas du tout accroché à la série, du coup pas sûre que j’apprécierai le roman…
    Je suis actuellement en train de lire Miss Peregrine et les enfants particuliers, et j’aime beaucoup pour le moment !

    14 mars 2016 at 17:40
    • Reply Ophélie G.

      C’est franchement très sympa à lire, malgré un début un peu long. 😉 Miss Peregrine et les enfants particuliers, j’ai super envie de le lire (c’est la faute de Tim Burton ça !). 😀 xx

      15 mars 2016 at 08:26
  • Reply Anaïs

    Encore une fois, ma liste de livre s’allonge un peu plus :p!

    20 mars 2016 at 14:46
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