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Les joies de la vie d’assistant(e)

Les joies de l'assistant(e)

Le mois de mai est déjà fini, j’ai du mal à m’y faire ! Quand je repense à ces dernières semaines, qui sont passées à une vitesse démente, tout est un peu flou dans ma tête – entre les soirées d’au-revoir, les dîners de retrouvailles, les nouvelles qui donnent le sourire, difficile de se rendre compte de la rapidité du temps qui file. Mais surtout, le mois de mai, pour un assistant, c’est synonyme de fin d’année scolaire, de retour au bercail ou dans mon cas, d’au-revoir qui laissent un goût amer.

Pendant la dernière semaine de mon contrat, juste avant les vacances scolaires, j’ai bu encore plus de café que d’habitude, et pour cause, je suis beaucoup allée à Caffè Nero avec mes étudiants d’années 13, les terminales. Ces élèves qui terminent leurs études secondaires, et que je ne reverrai pas au mois de septembre, à mon plus grand regret (et au leur, visiblement).

On a beau dire, c’est très difficile de ne pas avoir d’élève préféré. Dans mon cas, c’est même toute une classe. Ces six élèves, je les connais depuis deux ans, et j’ai passé des heures en tête-à-tête avec eux, dans une salle de classe gigantesque ou dans le minuscule bureau des profs d’allemand, à parler problèmes socio-contemporains, pollution et politique, ou parfois même de sujets plus personnels. Des conversations passionnées qui m’ont même poussé à écrire des articles, comme celui sur les tatouages et l’éducation, ou encore celui sur la consommation et l’éthique. Nous sommes devenus très proches, et je les considère aujourd’hui bien plus que de simples élèves (d’ailleurs ça y est, on est tous amis sur Facebook ahah).

Ils m’ont offert des cadeaux de remerciement, et ça m’a émue aux larmes. Je ne m’attendais pas à tout ça, d’autant plus qu’ils ont fait fort : trois d’entre eux m’ont offert leur ouvrages littéraires préférés. J’ai hâte de les lire et d’échanger avec eux sur le sujet. Et que dire des petites notes inscrites sur la page d’ouverture ? Des petits mots plein de douceur, de joie et de rire ? Des petites blagues que personne ne peut comprendre à part nous ? Ce sont des livres dont je ne me séparerai jamais, car au-delà du plaisir qu’ils vont me procurer quand je vais les lire, ils seront un magnifique rappel de ce qu’on a partagé. Je sais d’ores et déjà que si j’ai un petit coup de blues, il me suffira de relire les petites notes de ces élèves pour retrouver le sourire, même si celui-ci sera emprunt de nostalgie.

Être assistante m’apporte énormément de choses au quotidien, je l’ai dit et redit. Ce n’est pas toujours drôle non plus, surtout quand tes élèves n’aiment pas les français et sont de toute façon trop nuls pour progresser (dixit ces mêmes garçons). On s’énerve, on râle, on s’engueule. Mais à la fin de l’année, quand tes élèves t’écrivent une petite carte avec ton nom mal orthographié, te font des cadeaux, ou te remercient simplement de vive voix, c’est difficile de se contenir et de ne pas fondre en larmes (pour eux aussi d’ailleurs). Mes terminales m’ont remerciée de les avoir aidés cette année, mais ils ne savent pas à quel point c’est moi qu’ils ont aidée. Ils m’ont fait réaliser que j’aimais ce contact avec les élèves, ils m’ont fait découvrir ce pour quoi j’étais faite dans la vie. Bref, je leur dois énormément de choses, bien plus qu’ils ne le sauront jamais.

Lorsque le rapport établi entre l’élève et l’assistant dépasse le simple rapport scolaire, les séparations sont plutôt difficiles. Le pire, c’est de savoir qu’en étant prof, chaque fin d’année va ressembler à ça : dire au-revoir avec douleur, exprimer sa gratitude d’avoir eu ces élèves.

Bon sang, ce qu’ils vont me manquer !

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8 Commentaires

  • Reply Laurie

    Je trouve ton témoignage très touchant!

    13 juin 2016 at 09:32
  • Reply Frenchie au Canada

    J’en ai presque une petite larme… Je pense qu’ils se souviendront de toi longtemps aussi

    13 juin 2016 at 17:16
  • Reply Anaïs

    Ton texte m’a fait sourire et mis les larmes aux yeux, parce que je me suis tout simplement revu au pot de départ qu’on a fait avec toute ma classe et mes profs, dont une de mes profs qui m’a suivie pendant 4 ans et qui au moment de partir te prends dans tes bras et nous nous mettons à pleurer. Un bon souvenir. Je sais qu’on se reverra elle et moi (je dois lui faire son tatouage haha :p), parce que nos liens sont très fort et je passerais à mon ancien bahut quand je serais dans le coins. Bref, désolé pour le roman x)!

    Un très bon article qui fait du bien au coeur, et je suis heureuse pour toi que ta relation avec tes élèves soit aussi bonnes <3.

    13 juin 2016 at 19:43
    • Reply Ophélie G.

      Ne t’excuses pas, j’adore les romans ! 😀 xx

      13 juin 2016 at 20:37
  • Reply Les Flâneuses

    Quel beau texte, c’est très touchant !
    Je n’avais jamais vraiment pensé à ce moment de séparation, pourtant j’ai des ami.e.s dans l’enseignement, il faut que je leur en parle pour que ces sentiments ne les travaillent pas trop ! Merci pour ce déclic 🙂

    Les Flâneuses ~Anaïs

    14 juin 2016 at 08:14
    • Reply Ophélie G.

      Merci Anaïs. ♥ Je ne pensais pas non plus que ça pouvait être si dur (l’année dernière, je n’ai pas eu ce problème-là). xx

      14 juin 2016 at 16:16

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