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Être assistant de langue : ce job en or

Être assistant de langue

Aujourd’hui, on va parler travail en Angleterre, et pas n’importe lequel, mais celui que j’ai aujourd’hui : assistante de langue dans le cycle secondaire. Bien que j’aime énormément mon travail actuel, je n’en ai encore jamais vraiment parlé sur le blog (à part sur l’article « Erasmus ou assistanat : comparaison de deux programmes de mobilité ») et il est temps de rectifier ça  ! En préambule de ce billet, je tiens à préciser qu’il va être rédigé selon mon expérience personnelle, et que tout dépend d’un certain nombre de facteurs – notamment le facteur nommé chance, qui joue un très grand rôle dans tout ça. Et de la chance, j’en ai eu énormément.

En premier lieu, je suis tombée dans la ville la plus jolie qui soit. En deuxième lieu, l’école qui a choisi mon dossier de candidature s’est révélée être au-delà de mes attentes les plus folles. Et en dernier lieu, l’équipe professionnelle qui m’a accueillie est tout simplement la plus géniale qui soit. Cette chance que j’ai eu, je l’apprécie davantage à chaque fois que je vois un post sur le groupe des assistants français au Royaume-Uni, sur Facebook. Certains n’apprécient pas ce job, soit parce que leurs collègues sont incompétents, soit parce que le travail qu’on leur demande de faire n’est pas des plus intéressants, soit parce que la vie anglaise ne s’est pas révélée des plus intéressantes (oui, j’ai du mal à y croire moi aussi).

Je ne sais pas si le fait de travailler dans une independant school (une école privée), donc une école qui dispose de plus de moyens financiers qu’une école publique, change quelque chose à notre affaire. J’aurais donc dû nommer cet article « être assistant de langue dans une école privée : ce job en or. »

Pour ma part, mon emploi du temps hebdomadaire se scinde en deux parties :

➸ La moitié du temps, je suis en classe avec un professeur attitré, et mon rôle est principalement de corriger la prononciation de mes élèves. J’ai des classes de la cinquième à la seconde (Years 8 à Years 11 – on reparlera de ce système incongru dans un article dédié), et il s’agit uniquement de garçons. Pour ces cours-là, aucune préparation n’est requise : le professeur me donne le thème du jour, et je dois juste improviser des questions sur le sujet. Pas de quoi casser trois pattes à un canard. Il m’arrive parfois d’aider un professeur à corriger des copies, mais cela n’arrive que très rarement, et seulement à mon initiative. C’est un exercice qui peut se révéler très amusant, malgré ce qu’on peut penser.

➸ L’autre moitié du temps, je le passe en session « privée » avec mes élèves de premières et terminales (les « Sixth Forms », c’est-à-dire les Years 12 et Y13), qui eux, sont mixtes. Ces élèves-là ont choisi de continuer le français pour leur A-level, qui est l’équivalent du baccalauréat. Je les vois seuls ou à deux, pour de courtes sessions de 35 minutes, pendant lesquelles on discute (en français) d’un des thèmes de cours. Ces cours-là me demandent un peu de préparation, mais rien de bien méchant. En général, un article, une courte vidéo ou une chanson à thème permettent de lancer un débat très satisfaisant sur l’actualité.

Il y aussi les rares occasions où, un prof étant absent, je reste avec la classe et le cover teacher (qui vient jouer les remplaçants), et je les fais travailler, toute seule, comme une grande – bon en vrai, le travail est prémâché par les professeurs, donc j’aide mes élèves du mieux que je peux. Il faut savoir que tout ça n’excède pas les douze heures par semaine (les contrats d’assistants qui passent via le CIEP sont limités à ce niveau-là). Bien évidemment, les écoles peuvent toujours marchander avec leurs assistants pour qu’ils fassent plus d’heures que prévu – mais si les assistants refusent, on ne peut le leur reprocher.

Être assistant se révèle aussi incroyablement intéressant si l’on a pour projet de devenir professeur, vous vous en doutez bien.

Premièrement, le temps passé en classe avec un professeur permet d’observer la classe, de l’étudier et de l’analyser. Le fait d’avoir différents niveaux (de bonnes classes ou de mauvaises, des plus jeunes et des plus vieux, etc.) est hyper intéressant pour l’observation. La réaction des élèves ou au contraire leur indifférence, qu’elle soit partiale ou totale, permet de voir ce qui fonctionne mais surtout ce qui ne fonctionne pas. Un exemple tout bête mais j’ai remarqué qu’en classe, les garçons sont bien plus réactifs si on leur lance des défis ou des exercices qui les mettent en compétition les uns contre les autres. Ce qu’ils aiment par-dessus tout, c’est travailler le français, tout en s’amusant. Et je parle là des classes tous niveaux et âges confondus : un jeu qui a fonctionné avec des cinquièmes marchent souvent très bien avec des secondes, malgré les quelques années et la pseudo-maturité qui les séparent. Au contraire, les classes de fille (j’en ai eu l’année dernière) vont préférer des exercices où elles doivent travailler et réfléchir ensemble, et non les unes contre les autres. J’imagine qu’avec des classes mixtes, cette approche serait totalement différente.

Deuxièmement, les discussions avec les élèves les plus âgés se révèlent souvent très intéressantes, et j’en apprends toujours autant qu’eux. Malgré le niveau déplorable du GCSE, ce brevet à l’anglaise au fonctionnement un peu surréaliste pour nous les Français, ceux qui continuent le français sont bons, voire très bons. Et le fait de les voir en sessions privée leur est bénéfique, et leurs progrès sont rapides et remarquables. Je sais bien qu’en étant professeur, on perd l’avantage de ces cours en tête-à-tête, néanmoins, ils sont très importants lorsqu’on est assistant. Ce sont les cours que je préfère – ceux où les élèves savent pourquoi ils sont là et ont envie de travailler.

Outre l’aspect pédagogique de ce job, il y a un autre avantage, et pas des moindres. Nous autres, assistants, avons un statut un peu particulier (voire même incertain), de par notre âge et notre emploi. Pas tout à fait adulte ou professeur, sans être étudiant. Ça crée un lien particulier avec les étudiants, surtout les plus vieux. Ils n’hésitent pas à venir me parler lorsque quelque chose les tracasse et qu’ils voudraient en discuter avec moi, ou qu’ils ont eu une bonne note, que ce soit à l’école ou dans la rue, quand je me promène ou que je vais faire mes courses. Ils se confient aussi parfois, et j’ai un peu l’impression d’être une grande sœur (beaucoup ont l’âge de ma sœur, ça doit être pour ça). La dernière semaine avant les vacances (et avec autorisation de mon mentor teacher bien évidemment), on échange volontiers une salle de classe avec les fauteuils moelleux de Caffè Nero ou de Costa. Les plus jeunes aiment bien me harponner dans la rue, juste pour me dire bonjour. Quand j’avais leur âge, si je croisais un prof ou autre, je changeais de trottoir, mauvaise que j’étais. Je pense que l’école privée en Angleterre a cet avantage de beaucoup s’inquiéter du confort physique et psychologique des élèves ; cela crée une relation professeur-élève très forte, en général basée sur une confiance réciproque.

Comme précisé en début de l’article, je travaille dans une école privée. Cependant, j’aimerais beaucoup passer une année dans une école publique, pour voir si les différences sont flagrantes ou non.

Ce long pavé touche déjà à sa fin, et je sais que j’ai probablement oublié de mentionner deux ou trois idées. Qu’importe, les plus essentielles sont là, et c’est le plus important. Si jamais vous venait l’idée de tenter l’assistanat, je vous le conseille vivement. Car même si le facteur chance joue un grand rôle dans l’année à venir et l’épanouissement personnel, il y a de très fortes chances que tout se passe à merveille et que vous passiez une excellente année scolaire à l’étranger.

Être assistant de langue

Vous avez déjà tenté l’expérience de l’assistanat ?

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16 Commentaires

  • Reply Kenza

    J’ai eu la « chance » de travailler à la fois dans une école du top 10 (plus de 95% de A*-A aux GSCE toutes matières confondues et elles en passaient plus d’une dizaine) et une école où le taux de réussite à ces mêmes GCSE n’était que de 17%. Les différentes étaient flagrantes et omniprésentes, l’école, les équipements, le comportement des profs, la tenue des élèves, la qualité de l’uniforme, de l’enseignement… mais en même temps c’était une bonne piqûre de rappel, tous les élèves ne sont pas aussi favorisés. Mais mieux vaut que ça se passe bien que mal et je connais des gens qui ont demandé des écoles pourries pour leur assistanat, ça arrive aussi 😀

    21 janvier 2016 at 16:32
    • Reply Ophélie G.

      C’est pour ça que j’aimerais tenter l’expérience dans une école moins favorisée.. J’imagine quand même tout ce qui doit être différent ! Il en faut pour tous les goûts j’imagine ! 😉 xx

      22 janvier 2016 at 21:37
  • Reply Marion

    Et bien!!! je le savais déjà, et ça se confirme encore en te lisant : les experiences d’assistanat peuvent être vraiment différentes les unes des autres!
    Quand j’étais arrivée à Lowestoft, je me souviens m’être demandée au tout début ce que je foutais là : la ville est paumée, et surtout je bossais dans une école publique principalement avec des Year 10 et 11 qui préparaient le GCSE mais qui avaient vraiment un niveau deplorable et qui n’en avaient rien à foutre!!!
    Et finalement, contre toute attente, ce fut une année géniale!!! J’ai beaucoup aimé Lowestoft et j’avais de supers collègues, de supers copines et des colocs/proprios adorables!!! Mais surtout, j’ai adoré mon experience d’assistante : comme toi il m’arrivait de seconder les profs et de rester avec eux en classe. On m’a aussi demandé de faire des corrections de devoirs, et j’ai aussi fait des enregistrements audio utilisés par la suite pour des exos de compréhension orale. Mais on me demandait aussi régulièrement de préparer des activités culturelles avec des power point ou des jeux, et les élèves aimaient beaucoup ce genre de cours, alors que la plupart n’aimaient pas les cours de français avec les profs titulaires!!! Et aussi, je prenais souvent environ 8 élèves dans une autre salle de classe et je faisais exactement le même cours que le prof, ou alors on travaillait sur la prépa du GCSE, mais de mon coté, en petit groupe donc plus efficace que dans une salle bondée, et avec des élèves qui pour la plupart demandaient à travailler avec moi : j’avais littéralement mon petit fan club!!! alors que la plupart étaient vraiment nuls, mais avec moi ils faisaient des efforts, étaient motivés… Finalement, travailler dans une public school avec un niveau pas terrible fut un travail vraiment super gratifiant et j’en garde que des bons souvenirs!!! Le fait qu’on m’ait fait confiance et donné des responsabilités y est aussi pour beaucoup (j’avais rencontré d’autres assistants dont le boulot consistait à faire les photocopies et le café…)
    Désolé pour le pave, mais ton article m’a inspiré et m’a rappelé mes bons souvenirs d’assistante 😉
    Bonne continuation à toi en tout cas! 🙂

    22 janvier 2016 at 02:36
    • Reply Ophélie G.

      Merci pour ce partage d’expérience ! Contrairement à toi, avant même d’arriver à Stamford, je savais que j’y passerai des moments formidables et pourtant, je n’avais en mains que le nom de la ville et quelques photos sur Google Images.. Le petit fan club, je connais, j’en ai un aussi, parmi les plus jeunes.. Sachant que je ne travaille qu’avec les garçons, je te laisse imaginer le résultat ! J’avoue que certains assistants tombent vraiment mal (une nous racontait que depuis septembre, elle n’a pas ouvert la bouche en présence de ses élèves.. Incroyable !).

      Je suis contente d’avoir ravivé tes souvenirs et que tu ais choisi de me raconter tout ça ! xx

      22 janvier 2016 at 21:40
  • Reply Anaïs

    J’ai adoré lire ton histoire d’assistante de langue, et tu as réussi à me faire passer cette émotion que tu voulais peut-être transmettre (ou peut-être pas XD).
    En tout cas, je veux bien t’avoir comme prof, et venir dans cette école qui à l’air d’être vraiment sympa! 🙂

    Bisouuuus ♥♥

    28 janvier 2016 at 21:01
    • Reply Ophélie G.

      Je suis contente d’avoir réussi à transmettre (au moins) un peu de ce que je ressens en travaillant comme assistante de langue. Et je serais ravie d’être ta prof ! 😉 Bisous ! ♥

      29 janvier 2016 at 09:35
  • Reply Kantutita - Birds and Bicycles

    Cela doit être génial comme expérience 🙂 C’est sympa de nous parler de ton job et des coulisses… Je pense que j’aurais adoré faire ça si je n’étais pas partie m’expatrier en France – j’ai toujours rêvé de vivre quelques temps en Angleterre!
    Profite bien 😀

    3 février 2016 at 16:41
    • Reply Ophélie G.

      C’est absolument génial comme expérience ! 😉 M’expatrier en Angleterre a été la meilleure décision pour moi ! 😀 xx

      4 février 2016 at 08:55
  • Reply La maîtresse

    Bonjour! Je découvre ton blog grâce à la sélection Hellocoton. Ton expérience m’intéresse car je suis instit en France, mon copain à éte muté à Londres, alors je voudrais le rejoindre là bas en continuant à bosser avec des enfants, mais les mutations sont très compliquées à obtenir ey le système anglais, différent du nôtre, est assez obscur pour moi. Tu as été contactée par l’école même ou tu as postulé un peu partout?
    Inès, une maîtresse un peu perdue 🙂

    6 mars 2016 at 17:07
    • Reply Ophélie G.

      Je t’envoie un email de suite La maîtresse ! 😉 xx

      6 mars 2016 at 19:31
  • Reply Leandra

    Je viens de tomber sur ton blog. Je suis nostalgique en lisant ce billet. Je suis anglophone et j’ai eu l’opportunité d’être assistante de langue anglaise en Martinique grâce au programme CIEP. C’est vrai que chaque expérience d’assistanat est différente selon son affectation. J’ai enseigné dans le second degré : 4 heures au collège et 8 heures au lycée. Heureusement qu’on m’a donné seulement 4 heures au collège ! Sinon, ça aurait été 7 mois pénibles. Les profs avec qui je travaillais étaient vraiment sympas et ont organisé mon programme de sorte que je travaillais du mardi au vendredi et je finissais avant midi ! Dans l’ensemble, ça a été une très belle expérience. J’ai récemment écrit (en anglais) deux billets au sujet de mon expérience à l’étranger. It’s so nice to meet another former language assistant. 🙂 Bonne continuation !

    19 mars 2016 at 22:05
    • Reply Ophélie G.

      En Martinique ?! Ça a dû être une sacrée expérience ! Du coup, je vais aller lire tes articles sur le sujet, c’est toujours sympa de voir les différentes expériences des anciens (ou non) assistants ! 😀 xx

      24 mars 2016 at 10:06
  • Reply Marion

    J’ai adoré te lire ! Je suis moi aussi cette année assistante de langue mais en Espagne (au nord) et j’aime beaucoup cette expérience pro. Comme tu le dis, notre statut (indéfinissable) est super sympa pour la proximité avec les élèves.
    Je pourrais passer des heures à en parler, j’ai beaucoup analyser les choses depuis la rentrée et je grandis professionnellement parlant ! Je compte moi aussi écrire un article très prochainement sur le poste d’assistant de langue.

    A bientôt

    28 novembre 2016 at 18:32
    • Reply Ophélie G.

      Merci Marion ! J’irai lire ton blog dès que j’ai le temps (les journées ne sont pas assez longues !). J’ai hâte de lire ton article sur le sujet alors ! xx

      29 novembre 2016 at 16:03
  • Reply Miryam - Nuage Nomade

    Je pourrais me lancer dans une comparaison anglo-autrichienne.
    Du coup, je vais juste rebondir sur les établissements privés et publics. Pour le coup, moi j’ai été affectée sur deux « Gymnasium » un privé : un collège-lycée privé catholique avec prière le matin une fois par semaine (le jeudi) et un établissement public (c’était mon école de rattachement) le reste du temps. La différence entre les deux est tout simplement incroyable! En arrivant, je pensais que le niveau serait meilleur dans le lycée privé et bien non, c’est tout le contraire!
    Comme quoi …

    1 juillet 2017 at 23:44
    • Reply Ophélie G.

      J’imagine que ça dépend d’un tas de critères… Je ne peux pas pouvoir affirmer que les établissements privés soient meilleurs que les autres, ils ont juste plus de fonds financiers. Ca permet plus de choses. 😉 Mais c’est intéressant de lire ton point de vue ! xx

      3 juillet 2017 at 12:09

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