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Angleterre VS France

Une athée à la messe anglicane

St Mary's Church

L’année dernière, une amie et moi avons assisté à une messe anglicane en Angleterre. J’avais super envie de parler de cette expérience à part. Avant toute chose, je tiens à préciser que, bien que je sois athée, je respecte énormément les différentes croyances de notre monde. Ainsi, l’expérience de la messe en Angleterre n’était absolument pas à but moqueur. Mon amie, athée mais issue d’une famille très catholique, voulait voir ce à quoi ressemblait un service religieux en Angleterre. J’ai tout simplement décidé de l’accompagner. Donc, cet article n’est pas une critique de la religion, simplement la description d’une expérience qui a été, à mes yeux, plutôt singulière.

Une athée à la messe

J’ai été à la messe en Angleterre

Nous avions pour l’occasion choisi St. Mary’s Church, une très jolie petite église située à quelques pas de chez nous, dans une rue parallèle à High Street. Il s’agit d’une église de tradition anglo-catholique. Ce terme un peu étrange signifie que l’église est anglicane, mais d’une branche qui est restée très proche de la doctrine et des pratiques du catholicisme.

Pour le côté historique, cette église date du XIIe siècle (XIIIe pour la tour et XIVe pour la flèche) et a la particularité de présenter une jolie voûte décorée (il n’y en a que très peu dans la région). Les vitraux actuels sont assez tardifs puisqu’ils datent du XIXe siècle seulement, tout comme l’imposant orgue.

Sans trop savoir quand il allait, on s’est décidé au hasard pour le dimanche matin (ça nous paraissait approprié), à 11 heures. Sauf que, c’était une « high mass », autrement dit, un service interminablement long. Une « high-mass » (je n’ai pas trouvé de terme équivalent en français, si quelqu’un veut bien éclairer ma lanterne, je suis toute ouïe), c’est une tradition anglicane célébrée par un prêtre, qui est assisté par un diacre.

Le déroulement d’une « high mass »

Quand on est entrées, on nous a donné une Bible. Tout le monde avait l’air de savoir à quelle page il fallait l’ouvrir, mais on a juste fait semblant parce que c’était pas très important pour nous. On a commencé par être aspergé d’eau bénite (« holy water ») par le prêtre – pour se purger de quelque chose (mais de quoi ?). Le chœur s’est ensuite mis à chanter, pendant que le prêtre et le diacre préparaient l’autel : des bougies ont été bénies et distribuées, moyennant des échanges de baisemains.

A la suite de ça s’est enchaînée l’alternation entre chants religieux et lectures de quelques passages de la Bible. Les chants, c’était franchement chouette, même si on ne pouvait pas y prendre part, faute de ne pas connaître les paroles. Les passages de la Bible, j’ai beaucoup moins aimé. J’ai apprécié étudier la Bible pour mon mémoire de Master 2, d’un point de vue littéraire et traditionnel, mais mon engouement pour cette œuvre littéraire s’arrête là. Pendant le service, on nous a au moins dit cent-vingt fois que Jésus est le plus beau, le meilleur, le plus cool, etc., ce qui n’est pas forcément du goût de tout le monde (du moins, du mien).

Au beau milieu du service, le prêtre (qui n’était pas beaucoup plus âgé que moi) a arrêté de parler, et tous les fidèles se sont mis à se serrer la main et à balancer des « God bless you » (sois béni) à tout va. Mon amie et moi avons été prises de court, et nous avons participé à cet échange des plus singuliers sans trop savoir où se mettre (on pensait assister à la messe en mode furtif, assises au fond de l’église, presque cachées par une colonne de pierre).

Il y a eu le coup de l’encens aussi : au premier tiers du service, le prêtre et son diacre ont allumé des encensoirs et se sont mis à les secouer de manière vive un peu partout dans l’allée, puis vers l’autel. L’église n’étant pas très grande, on a très vite eu l’impression d’étouffer sous les épaisses vapeurs âpres que produisait l’encens (et c’était pas de l’encens senteur lavande, mais une odeur qui prenait à la gorge et piquait les yeux). Super fourbe je trouve, de vouloir nous faire pleurer.

Durant tout le service, on a passé notre temps à se lever, s’asseoir, s’agenouiller, sans trop comprendre pourquoi (vous l’aurez compris, on n’a pas capté grand-chose à ce qu’il se passait autour de nous).

Une athée à la messe

Ce que j’ai retenu de l’expérience

[genericon icon=rating-full] M’asseoir pendant plus de deux heures, ça ne m’avait pas manqué.

[genericon icon=rating-full] J’ai du mal à comprendre les gens qui assistent à la messe, dans le sens où je ne comprends pas l’intérêt de la chose. Je n’ai pas compris, par exemple, pourquoi les passages choisis ne faisaient que référence à la grandeur de Jésus.

[genericon icon=rating-full] C’est vraiment très long, plusieurs heures d’affilé, et quand on y connaît rien, on a l’impression que c’est encore pire.

[genericon icon=rating-full] J’aime beaucoup les chants religieux de base, mais chantés à l’unisson par des gens qui mettent du cœur dans leur croyance, c’est vachement sympa.

[genericon icon=rating-full] L’encens, ça pue et c’est dur de se débarrasser des odeurs (on a passé toutes nos fringues à la machine deux fois d’affilé, et c’était pas encore ça).

L’anecdote de fin de service

A la fin de la messe, quand tout le monde se rassemblait pour partager un thé ou un café, on a essayé de s’échapper subtilement de l’église. C’était sans compter le prêtre qui nous a saluées en nous sortant un joli « alors les filles, vous avez aimé cette nouvelle expérience » avec un très grand sourire aux lèvres (un sourire amical, légèrement moqueur). On a marmonné trois mots et on est parties, empestant l’encens à dix mètres. Il nous a grillé dès le début en fait – mais sachant que la moyenne d’âge était d’au-moins soixante ans, c’était vu d’avance.


Bref, une expérience inédite pour moi, que je ne réitérerai certes pas, mais que j’ai quand même su apprécier. J’avoue que j’aimerais beaucoup avoir un point de comparaison avec une messe catholique, mais l’idée de devoir de nouveau assister à un service ne m’enchante pas plus que ça..

Une messe anglicane, vous avez déjà testé ?

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6 Commentaires

  • Reply Tara B.

    Hello Ophélie, sauf erreur la « high mass » doit pouvoir se traduire par « grand messe » en français. Pour autant que je le sache il est rare d’avoir un service aussi long dans la tradition catholique, mais je ne suis pas non plus très assidue. Pour le reste, la description que tu en fais ressemble beaucoup à une messe catholique (l’encens mis à part, à part à Notre-Dame dans les grandes occasions je ne crois pas qu’on l’utilise encore beaucoup en France).
    Question dont tu ne parles pas : y a-t-il une communion dans une messe anglicane ? C’est quand même le point culminant du rite catholique…

    27 juin 2016 at 13:50
    • Reply Ophélie G.

      Merci Tara, je n’arrivais vraiment pas à comprendre la traduction de ce terme. Je te fais donc confiance quand tu dis que ça ressemble à une messe catholique ! 🙂 Quant à la communion, je t’avoue que je n’en ai pas la moindre idée.. xx

      27 juin 2016 at 21:44
  • Reply Cindy

    Jamais testé et j’avoue que je ne suis pas tentée plus que ça… Sauf peut-être pour Noel, là je pense que je pourrais m’asseoir 2h sans dire un mot…

    2 juillet 2016 at 19:24
    • Reply Ophélie G.

      Je t’avoue que j’étais un peu sceptique à l’idée d’aller à la messe.. mais au final, on s’est bien marrés !

      3 juillet 2016 at 11:00
  • Reply Anaïs

    Je suis moi même athée mais j’ai pu assisté à certaines messes, et je partage tout à fait ton point de vu :)!

    3 juillet 2016 at 20:44
    • Reply Ophélie G.

      Ravie de voir que je ne suis pas la seule à ressentir ça. 🙂 xx

      4 juillet 2016 at 12:29

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